Astérix et Obélix en Amérique - la Nouvelle Angleterre

Chose promise chose due, voici un récit de nos aventures en Nouvelle Angleterre, Nouvelle France et Nouvelle Amérique. Tout cela s'annonce déjà long, subjectif et d'une mauvaise foi à couper au couteau (Tintin, il est Belge, nous c'est Astérix et Obélix en Amérique), j'ai donc décidé de le découper en plusieurs billets.

Nous commençons, dans l'ordre, par la Nouvelle Angleterre.

Nous avons prix l'avion à CDG le 19 septembre dans la nouvelle aérogare, direction Boston. J'ai failli me faire étriper par un agent de sécurité pour avoir tenté de faire une photo de l'avion sur le tarmac. Une heure avant, un autre agent de sécurité n'avait pas réagi quand Philippe et moi avions mélangés nos passeports par inadvertance (l'étiquette bagage à mon nom était collée sur le sien). Je ne sais plus quoi penser de la sécurité aérienne depuis deux ans. Une fois en vol, après trois photos à travers le hublot, mon objectif Canon tout neuf est tombé en panne (merci Murphy, timing parfait !).

C'était mon troisième passage en Nouvelle Angleterre et le premier pour Philippe. Nous avons commencé par Wellesley, où habitent le frère de Philippe et sa femme, une ville que je serais tenté de qualifier de bourgade si elle n'était pas si étendue et si aisée. Je n'ai jamais vu une telle proportion de voitures européennes de haut de gamme(*) aux E.-U. ce qui, vu leur prix en comparaison des modèles japonais et américains, est un signe extérieur de richesse qui ne trompe pas. Sans parler de la taille des maisons et tout un tas de petits détails qui montrent qu'on est entre gens de bonne compagnie. Tout ça m'a rappelé mon premier voyage en Nouvelle-Angleterre à Wilton (New Hampshire) en 1995, où j'avais déjà lourdement ressenti la pression sociale qui s'impose à l'étranger débarquant dans la "communauté", notamment par le rituel "Voici ma maison, ma voiture, ma femme, mes enfants, mon chien et mon fusil. Et toi, tu es marié, tu as combien d'enfants, tu vas à la messe... ?" En bon français, à qui le puritanisme ambiant pompe l'air aussi sûrement que le Halon bouffe l'oxygène, j'avais répondu poliment et directement : "it's none of your fucking business" (je vous rassure, il y a des puritains qui ont le sens de l'humour).

Boston m'a refait exactement le même effet que les deux fois précédentes. Une ville très grande, très propre, très lisse et très affairée dont le seul écart du droit fil de la raison se trouve dans un mélange architectural démentiel, rappelant le chaos bruxellois, où de petites constructions historiques semblent presque gêner un amas de grattes-ciel plus ou moins réussis, encerclés par un amalgame hideux de ponts et de tunnels, les uns délabrés, les autres en construction dans un chantier apparemment permanent (sincèrement, j'ai eu l'impression que rien n'avait bougé dans ce foutoir depuis mon premier voyage). L'Hôtel de ville est une véritable horreur de béton qui ferait honte à n'importe quel parking de surface, voire même à pas mal de bunkers. Il y a un joli quartier de petites maisons en briques rouges qui incarne pour moi l'ambiance du cru : une apparente diversité tolérée dans la mesure où elle se fond parfaitement dans l'ensemble.

Ainsi, que ce soit en ville ou à la campagne, la Nouvelle-Angleterre c'est l'uniformité puritaine dans toute sa splendeur. Pour rester sur une note positive je dirais que c'est un peu comme la Côte d'Azur, c'est très joli mais c'est dommage que ce soit habité. Les homards sont excellents (à condition de les cuisiner soi-même) et on mange assez bien (à condition de payer le prix, le rapport qualité/prix y est sensiblement plus cher qu'à Paris). Philippe, lui, a beaucoup aimé (ai-je omis d'évoquer le côté bourgeois de Boston ? ;-).

Nous sommes allés faire un tour à Provincetown qui, selon un dicton populaire qui m'a bien fait rire après coup, est un village construit par des lesbiennes et décoré par des gays. La côte est, littoral préservé, est très jolie.

Le 22 à 17h30, nous avons pris le bus Greyhound de Boston à Montréal. 8h de route pour un peu moins de 600 km et 120$ pour deux. Pas trop mal quand on sait qu'Air France m'avait proposé Boston-Atlanta-Montréal (en deux jours) ou, au mieux, Boston-Cincinatti-Montréal (en 7h, hors enregistrement). Philippe n'a toujours pas compris pourquoi on n'a pas pris un TGV et avalé ça en 2h30 (il croit encore qu'ils connaissent le train aux E.-U.).

(*) voitures qu'ils conduisent n'importe comment. Je n'avais jamais eu l'occasion auparavant de faire attention à la circulation dans le Massachusetts, ils conduisent quasiment aussi vite et agressivement que des français.

P.S. : je publierai les photos plus tard, quand j'aurais fait le ménage et trouvé comment organiser cette nouvelle part de ma vie numérique (comme dirait Steve Jobs).

4 commentaires

Mais Wellesley, voyons, c'est de la banlieue très particulière — tout y est vraiment luxe, calme et volupté, payés cher. Boston, c'est mignon, ça fait une ville raisonnable, avec une petite succursale d'Hermès, un hôtel distingué (Le Ritz), quelques musées (je parle en tant qu'un New-Yorkais, bien sûr). Boston, c'est là où l'on envoie les enfants pour faire leurs études universitaires.
Tu as bien raison — les habitants de Mass conduisent vite et agressivement — mais ils ont plus de classe (et de talent) au volant que les conducteurs du New Jersey.
Comment avez-vous trouvé Provincetown?
J'ai hâte de lire la suite du voyage aux Amériques.

Une nuance sur les automobilistes du Mass, ils sont quand même comme tous les américains au volant : aucun sens de l'anticipation. Ca s'arrête continuellement à deux millimètres du pare-chocs de la voiture précédente et ça klaxonne trois heures après, le temps que l'information arrive au neurone.

Provincetown c'est mignon, mais je préfère Carmel dans le genre balnéaire. On y était à la morte saison (comprendre par là la saison où il n'y a que des hétéros), je me demande ce que ça doit être pendant les vacances.

Moi je ne klaxonne que pour faire peur aux piétons qui traversent la rue où et quand ils veulent. Ben, et quelques fois pour avertir le vieux derrière le volant d'à côté que c'est pas le moment de vouloir changer de voie.

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