Je veux changer de boulot

En visite en Chine, le petit IznogoodNicolas s'est permis une nouvelle allusion à son ambition de devenir Calife à la place du Calife. Il a demandé au président Chinois quelle différence cela faisait d'être n°1 après avoir été n°2 pendant dix ans, lequel aurait répondu que ça changeait le poids des responsabilités sur les épaules.

Et là je comprends en voyant le sourire du ministre de l'intérieur qu'il rêve, en prenant la place de Jacques Chirac, d'alléger ce poids.

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Quel minable, tout de même ce Sarkozy (Oups ! Je crois que j'ai un manque flagrant de respect pour ceux qui président aux destinée de notre pays, je m'en excuse un peu, mais pas trop !).

Il a vraiment intérêt à passer président sinon ce sera encore une fois un looser (se rappeler 1995 quand il s'était rallié à Balladur contre Chirac). Il a du longtemps ramper pour regagner la confiance de l'actuel président.

Ah lala ! Ambition et Mégalomanie, quand vous nous tenez !

N.B : Cela dit, s'il ne réussissait, je serais loin d'être le premier à le plaindre, le petiot !

Loose, c'est vite dit. Je rappelle juste un fait qui a son importance : dans toutes les affaires politico-financières levées ces dernières années, Sarko a réussi à ne jamais avoir les mains sales. Apparemment, même le Canard a l'air de le considérer assez clean de ce point de vue-là. Je sais, c'est pas grand'chose, mais c'est déjà pas mal. Il est soit clean, soit plus prudent que les autres :-)
Ceci dit, il vient de dire une chose très juste : "Chirac ne me hait pas. C'est pire : il me craint". Et c'est vrai. Il craint la main-mise de Sarko sur le parti après son départ et l'éviction de tous ses lieutenants, ce con de Juppé en premier.

Daniel, comme il a aussi réussi, semble-t-il, à venir à bout de Pasqua, j'en déduis qu'il a de très grands placards et effectivement peu ou pas de cadavres dans ceux des autres ;-).

L'ambiguité la plus terrible avec ce personnage c'est qu'on ne peut dire de lui qu'il est vraiment mauvais. Quand on l'entend parler d'ouverture culturelle et religieuse ou bien de sévérité contre le racisme, il est très convaincant, le bougre ! Quand on constate les résultats positifs dûs à sa politique dans les transports, on ne peut que saluer !

Oui mais voilà, il a y toujours les expulsions des immigrés clandestins, les charters (avec violence parfois), et évidemment cette politique très libérale qu'il représente (m'enfin, ceci est mon point de vue politique parmi d'autres...)

Convaincant c'est le mot, mais si je trouve qu'il est toujours bien préparé, certaines de ses argumentations me font froid dans le dos (j'ai l'esprit d'escalier et il me fait l'effet de ces gens qui maîtrisent l'art de vous clouer le bec avec un air de "n'y revenez pas"). Ce qu'il faut surveiller de près, chez le personnage, c'est sa capacité à changer d'avis, ce qui peut contrebalancer positivement un côté manichéen (comme sur la double peine, où le fait de voir ce film dont le nom m'échappe l'a fait passer de pour à contre).

Recette de l'interview (pour une personne)

L'Express nouvelle formule est désormais en kiosque le lundi. Dans ce nouveau numéro, vous trouverez un dossier exclusif sur Nicolas Sarkozy qui vous dit tout tout tout, sur que vous rêviez de savoir sur le ministre de l'Intérieur, sans avoir jamais osé le demander.

Sur le fond, rien à dire. En matière de politique intérieure, les propos du ministre s'interrogeant sur la meilleure façon d'être "ferme et juste", trouve son pendant dans l'équilibre à rechercher entre "centralisme et souplesse".

Inutile de vous perdre dans les méandres de l'interprétation dialectique, c'est un peu comme le sel et le poivre. Pour assaisonner le propos sur l'état de la France, il faut des deux. Entendez par là, de la tradition et du modernisme, du centralisme et de la souplesse, de l'audace et de la patience, et surtout, vouloir vouloir.

Très important, le volontarisme.

Aussi, parce qu'il est joué "forte", tempérez l'immodestie du propos quand vous enfoncez le clou de l'adversité, par quelques formules convenues, mais toujours bien venues du genre : "Je me méfie de toutes les formes d'arrogance".

Pour la sortie, inutile de tenter le diable. Préparez la conclusion en ouvrant l'entonnoir, et versez délicatement un propos général ouvrant une perspective, tout surveillant la cohérence du propos avec le ton général de l'exercice, et vous bouclez en douceur, en regardant la ligne bleu horizon des présidentielles.

Surveillez les sondages à intervalle régulier et portez à ébullition jusqu'aux prochaines échéances.

Servir l'interview à point.

Ingrédients indipensables :

Authenticité

Je ne veux pas ruser. Je souhaite être le plus authentique possible. Mentir ou biaiser ne sert à rien, car les Français anticipent tout. Il m'arrive souvent de penser que la société politique a vingt ans de retard sur la société française. Dire ce que l'on fait, faire ce que l'on dit, c'est ma méthode. Je ne changerai pas.

Rapidité et audace

Un homme politique moderne a deux marges de manœuvre: la rapidité d'exécution et l'audace. Il ne faut pas hésiter à emprunter des chemins que les autres n'ont pas pris. Tant de réformes ont échoué que, si on ne fait pas preuve d'imagination et de rapidité, on est condamné à son tour à l'échec.

Lucidité

Nous sommes des locataires provisoires du succès. Mon tempérament n'est pas de m'installer en propriétaire du pouvoir. Tout cela est d'une grande fragilité. Ce que je ne veux pas, c'est être de ceux qui disent: «Si j'avais su, j'aurais fait.»

Liberté

Tant que j'ai la liberté d'agir, il ne peut y avoir de difficultés. J'ai écrit Libre. Je ne serai pas infidèle à ce titre.

Scepticisme

j'ai toujours été sceptique sur la capacité de la France à se reconnaître dans seulement deux grandes formations.

Vision

Est-ce que vous désespérez parfois de ce pays ?

"Jamais, parce que je le crois plus volontaire, plus jeune, plus moderne qu'on ne l'imagine. Je le crois prêt à se mobiliser pour que chacun ait sa chance, que l'échec ne soit pas vécu comme définitif, que l'on puisse changer de métier, voir ses enfants faire autre chose que ce que l'on fait soi-même, qu'il y ait plus de fluidité. Pour cela, il faudra passer d'un pays de traditions à un pays de projets".


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«Ce que je veux pour la France»
propos recueillis par Christophe Barbier, Eric Conan - L'Express du 19/01/2004

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