L'euro et les râleurs

Il paraît que 15% des français pensent que le passage à l'euro était une mauvaise idée. En toute diplomatie, ça fait au moins 15% d'imbéciles dans ce pays avec qui on en serait encore à utiliser le sesterce ou, mieux, le statère.

Pensent-ils que si nous en étions encore à tenter de charmer le serpent monétaire européen, les problèmes de parité avec le dollar seraient moins importants ? Je n'ose imaginer la parité du franc, s'il existait encore, à la lumière de nos relations actuelles avec les Etats-Unis. Et je trouve que les râleurs ont la mémoire aussi courte qu'opportuniste, oubliant que la parité actuelle de l'euro face au dollar est sensiblement la même que lors de son introduction. Mais que voulez-vous, ils étaient occupés à se plaindre de l'effrondrement de l'euro à l'époque, qui était déjà une mauvaise idée pour une raison exactement inverse.

Pour une chose aussi irrationnelle que la monnaie, on n'en est pas à une contradiction près, n'est-ce pas ?

3 commentaires

C'est l'argument que j'ai donné à Jonas Sicking, un mozilien suédois. La Suède a refusé de rejoindre l'euro. Elle est donc à la merci de la spéculation, comme aurait effectivement pu l'être le franc. Vu l'opinion des ultra-conservateurs US quant à la France, on aurait vu sans aucun doute des raids massifs contre la monnaie dans le seul et unique but de faire chûter l'économie du pays. Les US ont depuis trouvé d'autres moyens de nous emmerder, mais celui-là, le + dangereux, a été bloqué à temps à mon humble avis...

qques commentaires :
- les conservateurs ne comprennent rien à l'économie (cf Pasqua et consorts), jamais à une connerie près.
- l'euro stabilise notre économie (échanges intra européen), soit. quoiqu'en dise JM Sylvestre.
- en revanche l'euro actuel (à 5.3 ff, 0.81 euro) pénalise nos exports, et toute boîte (comme la mienne, hum !) qui facture ses clients en $. pas la faute de l'euro, OK. ainsi vont les marchés.
- l'augmentation des prix, liée non à l'euro, mais à l'opacité des calculs de conversion a entraîné chez "ceux d'en bas" une perte de pouvoir d'achat de +/- 15 à 20 % sur 2 ans. l'effort d'épargne est d'autant plus dur, surtout quand l'accession à la propriété est elle aussi démesurément difficile (+ 15% en 1 an).
- à ce jour, nos gouvernants enquillent les augmentations d'envergure, masquées par le simple effet psychologique de la "petitesse" du montant. exemple, 3 centimes sur le diesel. après la suppression de la tipp flottante, ça fait mal.
enfin, ravi de te découvrir !

une dernière : l'euro a son introduction, était à 1.12 pour 1 $. aujourd'hui il est à 0.8. 30% de marge brute en moins pour qui facture en $... la parité est vraiment différente.
dans le même temps, les prestations de service de mon secteur ont augmenté d'environ 20%... facturées en euros, bien sur :)
total, marge brute = - 50%.
même si on ne peut pas parler de relation de cause à effet, l'euro, par son existence, a induit de sacrés effets pervers.

Laisser un commentaire

En laissant un commentaire, vous acceptez la politique des commentaires de ce blog.

Archives mensuelles

Notes récentes