MUDDA

Wired News indique que Peter Gabriel et Brian Eno viennent d'annoncer à Cannes la création d'une alliance baptisée MUDDA, pour "Magnificent Union of Digitally Downloading Artists". L'un des objectif ne va pas plaire à Pascal Nègre, il est tout simplement de virer les majors de la chaîne alimentaire. Je cite :

A moins que les artistes ne saisissent rapidement les possibilités qui s'offrent à eux, les règles seront écrites sans qu'ils aient eu leur mot à dire. En supprimant les labels de l'équation, les artistes peuvent fixer leurs propres prix et déterminer leur propres objectifs.

Les deux artistes sont conscients que c'est la diversité des modèles qui a le plus de chance de l'emporter et qu'il faut donner aux artistes plus de choix. Peter Gabriel fournira la technologie grâce à sa plateforme de téléchargement Européenne, On Demand Distribution.

Comme quoi, il suffit d'être patient.

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C'est un texte sur padawan.info/fr qui m'a mené au texte de Wired qui commente le dernier projet de Peter Gabriel... Lire la suite

6 commentaires

"MUDDA", je me trompe ou ça veut dire "tout ce qui ne produit pas de valeur ajoutée mais au contraire en fait perdre" dans la théorie du management d'un japonais dont le nom m'échappe... je cherche ... deux minutes ... ah, non, je me trompais, c'est pas "mudda" mais "muda", le japonais en question c'est Mazaaki, la théorie c'est le Kaizen ou Gemba Kaizen. C'est quand même uen drôle de coïncidence, non ?

Sinon, (ça n'a rien à voir mais bon...) il semblerait que toute l'île Maurice s'y mette, au "Muda-Free". C'est un véritable projet de société. Impressionnant. A voir sur ... ah, ben non, le lien est cassé. Tommache !

Un énorme bémol à cette profession de foi libertaire : il s'agit de se libérer du diable Universal pour "confier" la vente et surtout le contrôle de ses oeuvres aux formats propriétaires de distribution et de gestion des droits numériques de chez Microsoft : tomber de Charybde en Sylla...

Un peu couillon le Gabriel... non ?

A plus.

Jean, je crois qu'il y a tout de même une différence entre une major et une technologie de distribution de contenus.

Une major fait la pluie et le beau temps vis-à-vis des artistes qu'elle produit ou... refuse de produire. Ceux-ci sont finalement ses employés (cf. Johnny Halliday qui attaque sa maison de disques aux Prud'hommes !).

Microsoft, dans ce schéma, est un fournisseur, et ce n'est pas le seul (en l'occurence, c'est le couple Apple/AAC qui détient la plus grande part de marché). Tant qu'il y aura le choix des technologies DRM/lecteur multimédia (et le choix passe par la diversité contrairement à ce que prétend Microsoft), je pense que les artistes ont intérêt à explorer cette piste pour se placer au dessus de la chaîne alimentaire. De plus, le propos de Gabriel et Eno est spécifiquement de proposer plus de choix aux artistes, pas juste de remplacer les maisons de disques par Microsoft (aujourd'hui c'est encore Apple qui pourrait jouer ce rôle). Enfin, je ne vois pas le disque disparaître du jour au lendemain.

Donc, de Charybde en Scylla, je ne crois pas. Mais c'est une route qui n'est certes pas sans dangers, ni pour les artistes, ni pour leurs publics ! Je le vois en tout cas comme un nouveau coup de pied dans la fourmillière.

Le format Microsoft n'appartient qu'à Microsoft. Il n'en est pas de même avec AAC, puisque tu en parles, qui, pour parler grosso modo, n'appartient pas à Apple mais à un consortium d'entreprises dont France Télecom. Dans un cas c'est verrouillé et on connaît les inconvénients du tout Windows, de la monoculture, je ne m'étendrai pas... dans l'autre on peut se fâcher et travailler avec un autre partenaire qui dispose lui aussi de la technologie: ça reste ouvert. Peter Gabriel veut travailler avec OD2, format Windows Media, interdit aux Mac et à Linux. En matière d'ouverture et d'universalité on fait mieux... C'est en ce sens que je dis qu'il est bien couillon et que c'est tomber de Charybde en Sylla... changer de maître n'est pas abolir l'esclavage...

Je ne suis pas le seul à évoquer le danger, l'ADAMI en parle clairement dans son dernier communiqué:

«... D’autre part, ce n’est pas sans arguments que le magazine grand public SVM (Science et Vie Micro) intitulait son numéro de janvier 2004 consacré à la Musique : " Microsoft verrouille votre PC ". On peut en effet craindre que l’avance technologique de Microsoft dans le domaine des DRM n’aboutisse à une certaine emprise internationale dans le domaine de la culture et ne restreigne de manière drastique des habitudes légitimes d’accès aux œuvres. »

Enfin la musique n'est pas qu'un affaire de major: ce serait voir les choses par le petit bout de la lorgnette. Quant aux aventures de Johnny le salarié, ça me fait doucement rigoler...

A plus.

L'industrie du disque fait pression aussi bien sur Apple que sur Microsoft pour qu'il ne reste plus qu'un format de DRM ou, du moins, qu'on puisse passer de l'un à l'autre. Je ne sais pas si c'est un bien, mais la dite industrie n'a pas plus envie que quiconque d'un monopole de Microsoft sur la question. On voit, en effet, ce que ça donne ailleurs (et le fait que Bill Gates achète les droits de reproduction d'oeuvres d'art et dépose des brevets sur leur diffusion sous forme électronique n'est pas pour me rassurer sur ce point, il veut devenir un Louvre virtuel à lui tout seul).

Si les choix technologiques de PG sont contestables, il a au moins le mérite d'explorer une autre voie (la critique est facile mais l'art est difficile...) et il est le premier à dire que tout est une question de choix. Je pense que les majors vont survivre mais que leur position va devenir nettement moins confortable parce que plus concurrentielle.

> Quant aux aventures de Johnny le salarié, ça me fait doucement rigoler...

Moi aussi en fait, c'était juste pour illustrer le statut juridique dans lequel les artistes évoluent (même s'ils n'ont pas tous le même cachet).

Je ne dis pas que le choix de Gabriel est contestable en soi mais qu'il n'est vraiment pas très malin de se jeter ainsi dans la gueule du loup alors que des solutions standard* existent, aussi bien pour le format de fichier (AAC multiplateforme) que pour le format de DRM : http://www.mpegla.com/

L'industrie n'a pas à faire pression, un format de gestion DRM standard donc ouvert existe. Pourquoi préfèrer la solution ultra propriétaire d'une entreprise qui a depuis longtemps fait ses preuves ?... dans le mauvais sens... mystère ?

Peut-être est-il plus facile pour P.G. de s'abandonner au système de vente clés en mains d'OD2 ? en tout cas voilà qui relativise beaucoup une tonitruante déclaration libertaire... d'autant que la plupart de ses CD sont déjà en vente sur l'ITMS ! Pour moi cette prise de position n'est qu'un coup de pub en direction de "kids" un peu naïfs adeptes du P2P ; sans plus. Car ça fait bien de taper sur les majors. C'est à la mode.

Pourquoi si le but est de se "libérer" des majors ne se charge-t-il pas lui-même de la vente des ses titres au format numérique ? Ça serait autrement plus sérieux et cohérent que ce coup uniquement médiatique.

A part ça, il vend sa musique en ligne, il n'est pas le seul et il n'y pas de quoi en faire un plat...

* Et n'oublions pas que standard veut aussi dire quelque part liberté de choix pour le consommateur que nous sommes...

A plus.

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