Mettez (vous) un doigt

Où l'on apprend, via Bucheron.com, que Microsoft vient de présenter son lecteur d'empreintes digitales permettant l'identification d'un utilisateur pour le stockage et la récupération des mots de passe.

L'utilisateur lambda va sûrement aimer, si on lui fait la promesse d'en finir avec le cauchemar de la gestion de pléthore de mots de passe et une meilleure protection de ses fichiers (tiens, je peux protéger le répertoire "images Internet" des yeux indiscrets de ma meilleure moitié).

Ce que le geek averti peut entr'apercevoir, en repensant aux projets et licences Orwelliens de Microsoft (qui prennent toutefois un peu de retard) et de la RIAA (la SACEM américaine), c'est surtout un bon moyen de lier physiquement un contenu à une personne. Imaginez le scénario suivant : vous achetez un morceau de musique ou une vidéo sur internet, avant de le télécharger on vous demande de poser votre doigt sur le lecteur d'empreinte digitale, le site marque le fichier avec votre empreinte et encrypte le tout avec un système DRM (gestion des droits électronique), vous téléchargez le fichier qui ne pourra être lu que sur un lecteur propriétaire qui vous demandera de montrer patte blanche (si j'ose dire) avant que vous ne puissiez profiter de votre "acquisition". Avec la possibilité que toutes ces bonnes âmes se réservent de dicter ce que vous pouvez faire dans le futur de ces fichiers, nous sommes à deux doigts (non, un doigt en fait, le votre) du rêve ultime (et mouillé) de tous les pigopolistes du monde. Reste à lier ce lecteur d'empreinte à votre carte bancaire, et le "1-finger shopping" enverra l'infâme brevet 1-Click Shopping™ d'Amazon aux oubliettes.

Il est sûr en tout cas que si Microsoft avait présenté son dernier gadget de cette manière, je doute fort qu'il rencontrerait d'emblée un succès commercial.

En attendant, je reverrais volontiers Bienvenu à Gattaca.

1 Trackback

L'authentification biométrique depuis TICEblog - blog sur les TICE (b2i, c2i, tout ça quoi...) sur 14 septembre 2004 9h06

Le sujet est à la mode, et ça va durer. J'en ai déjà parlé une première fois. Transfert en avait déjà fait l'annonce il y a quelques temps, on apprend via padawan.info que Microsoft va commercialiser son lecteur d'empreinte digitale. C'est Lire la suite

13 commentaires

mon iPaq h5555 a la reconnaissance des empreintes pour authentification. Ce n'est rien de dire que c'est foireux. Extrêmement dur à mettre en oeuvre. Je crains que déployer cela largement dans toutes les machines Windaube n'aboutisse à une situation de CAUCHEMAR pour tous les sysadmins du monde...

La reconnaissance des empreintes c'est pour l'identification, l'authentification requiert de donner des informations complémentaires ... non? D'ou la faille possible avec des techniques de copie d'empreintes.

Contresens ! La SACEM et la RIAA n'ont rien à voir !

D'un côté il s'agit d'une association d'auteurs (Société des Auteurs...) de l'autre une association d'industriels (Recording Industries...).

À plus.

SACEM, Société des Auteurs Compositeurs et Editeurs de Musique. Il faut se rappeler que le droit moral sur les oeuvres de l'esprit est radicalement différent entre la France et les USA, l'auteur en France garde toujours la propriété intellectuelle de son oeuvre alors qu'aux USA l'intégralité des droits et de la propriété peuvent être vendus aux maisons de disque. Voilà pourquoi je fais un raccourci (je n'y vois pas de contresens) entre la SACEM et la RIAA parce qu'elle poursuivent les mêmes voies, souvent fâcheuses, et font les mêmes erreurs. Pour les puristes, en effet c'est le SNEP qui se rapproche techniquement plus de la RIAA (encore que la RIAA soit un tantinet plus omnipotente pour les raisons précitées).

franchement moi, je ne pense pas que ca fasse un succès, on va vite trouver la parade, ou le piratage à cet appareil. Les anti-microsoft s'en feront un plaisir!

> Voilà pourquoi je fais un raccourci (je n'y vois pas de contresens) entre la SACEM et la RIAA parce qu'elle poursuivent les mêmes voies, souvent fâcheuses, et font les mêmes erreurs.

La SACEM n'a pas du tout les mêmes objectifs que le SNEP. Le SNEP est inquiet des baisses de revenus réalisables sur des bouts de plastique (le CD) et ceci même si il habille ses déclarations de prétextes comme la défense des artistes et de leur droits... on a bien vu avec les prises de position de la SPEDIDAM et de l'ADAMI que les dits artistes la trouvaient plutôt mauvaise et qu'ils n'étaient pas du même avis. C'est le SNEP qui a sorti la pub dite "du doigt" (ne nous éloignons pas du sujet :) et non la SACEM qui l'a publiquement dénoncée. C'est le SNEP qui se propose de poursuivre les adeptes du P2P pas la SACEM. La SACEM a négocié un taux de 8 % de droit d'auteur sur l'ensemble du catalogue de l'iTunes Music Store sans discuter de la présence de tel ou tel artiste alors que les producteurs y négocient la vente album par album, voir titre par titre. On peut trouver un tas d'exemples illustrant la différence...

Certes notre perception du droit d'auteur est polluée par les nouvelles qui nous parviennent d'outre Atlantique, il convient cependant d'éviter les amalgames si on veut bien comprendre la mutation de la diffusion des objets culturels induite par les nouvelles technologies.

En y allant de mon raccourci je dirai que la SACEM loue du papier (la partition) tandis que le SNEP vend du plastique (le CD) ; celui-ci se dématérialise, il disparaît petit à petit, d'où la panique. Le droit d'auteur ne se dématérialise pas puisqu'il s'applique quel que soit le support. Par exemple, les droits de reproduction mécaniques qui s'acquittent à la production d'un album existent depuis au moins une centaine d'années ; à l'époque le CD n'existait pas...

À plus.

Ce truc de lecture d'empreinte m'apparaît quand même comme hyper classe :)
C'est un peu le rêve d'un geek nourri aux James Bond et autres Alias. Après, le système d'attachement de fichiers à cette empreinte relève d'un système où on n'aurait plus vraiment de droits sur ses propres fichiers.
C'est quand même dur à avaler, même si le "contenu" du fichier appartient à un autre. Enfin, peut-être as-tu des pointeurs sur une telle législation du "droit de propriété" des fichiers eux-mêmes? (ok, je fais un peu bouffon à demander ça comme ça, mais ca m'intéresse) :)

Jeff, je ne suis pas sûr de comprendre la question. Je chercherais d'abord du côté de ce qui recouvre l'encryption et le chiffrement des données. Sur la notion de propriété des fichiers, l'autre mouvement inquiétant de Microsoft, rapporté par Tristan sur le Standblog, concerne le fait que MS s'arroge le droit de venir retirer après coup la possibilité de lire tel ou tel contenu au bon vouloir de quiconque prétend avoir un droit dessus. Avec la mention usuelle qu'on peut bien entendu revoir toutes ces conditions à n'importe quel moment et sans prévenir, ça rend des droits simples comme le droit de copie privée (encore valable en France), caduques. Ca vaudrait le coup de se pencher là-dessus d'un point de vue juridique.

Finissons en avec la comparaison inadéquate de la SACEM à la RIAA en admettant que l'on se trompe encore en en cherchant le pendant hexagonal dans le SNEP. Il s'agit en fait de la Société Civile des Producteurs Phonographiques http://www.scpp.fr/ ... et ils font bien la même chose que la RIAA puisqu' ils attaquent un (des) internaute(s) en justice pour contrefaçon ainsi qu'on peut le lire dans l'édition de Libération d'aujourd'hui:

http://www.liberation.fr/page.php?Article=241789

Absolument rien à voir avec la SACEM François ;-)

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