Podcast et marketing

Le podcast est-il le renommage marketing du multimedia ? A voir la production actuelle, en particulier la transformation de Loic le Meur en Bloïc™ (marque déposée, on ne rigole pas dans le marketing) et son blog en linéaire de clips audiovisuels, on peut en effet se poser la question. Tout comme le blog a permis de découvrir qu'il est possible facilement de publier sur le web, le podcast vulgarise la publication de clips audio et vidéo en abaissant la barrière technologique. Au rayon des avantages, Pierre Méchentel relève que :

Le podcast a pour principal avantage actuellement de remuer le microcosme et de faire prendre conscience aux caciques de la télé et de la radio que des petits et tout petits acteurs pourraient se révéler intéressants et complémentaires.

(Un des autres avantages du podcast est que le blogueur a beaucoup moins d’effort à faire: pas de fautes d’orthographe à corriger ou sur lesquelles culpabiliser, moins d’organisation du discours à faire, les liens vers les notes sont moins puissants si il y a une bêtise ou une énormité de dite ..)

Je suis assez d'accord, hormis le fait que les caciques de la télévision et de la radio ont d'énormes avantages sur les podcasteurs amateurs : les moyens matériels, le professionnalisme et un savoir-faire audiovisuel qui ne datent pas d'hier. Alors que je pense qu'il sera beaucoup plus difficile aux professionnels de la communication et du marketing de s'approprier les blogs par l'écrit, je pressents qu'ils ne feront qu'une bouchée des podcasts parce qu'ils sont infiniment plus à l'aise sur le terrain du multimedia. Et pour preuve, les publicitaires de s'y mettre, très à l'aise, comme Lexus (chargez des pubs sur votre iPod pour les regarder dans le métro, ça vous changera des pubs dans le métro :-P) ou, tout simplement, comme Nicolas Sarkozy, André Santini, Christophe Girard (tous chez Bloic™ TV, et pas enregistrés en amateur avec un petit téléphone mobile du commerce).

J'ai déjà eu l'occasion de pointer les défauts de l'exercice dans ce manifeste de l'audioblogging ou dans touche pas à mon podcast. Je trouve qu'on n'a pas fait beaucoup de progrès depuis, par exemple au niveau des moteurs de recherche ou, plus facile, dans le chapitrage (qui m'aurait évité de me taper 46mn30s d'un podcast de Bloïc™ qui me cite dans les trente dernières secondes). Je suis conscient de mon peu d'affinité avec ce format, et je zappe systématiquement tous les podcasts qui tombent dans mon agrégateur. Seuls ceux qui me sont conseillés par des sources de confiance arrivent à mes oreilles, je laisse donc à d'autres la tache extrêmement chronophage de trouver et de filtrer le contenu audiovisuel intéressant. Je suis très dubitatif sur la façon dont tout cela va être récupéré par la pub et le marketing, qui sont déjà dans la place, alors que les outils pour le commun des mortels sont encore balbutiants et au niveau zéro de la publication audiovisuelle.

Il reste encore beaucoup de chemin à faire. Comme je l'ai écrit en introduction de Blogueur d'entreprise, la révolution en marche, du moins maintes fois annoncée, n'a pas encore balayé les dinosaures de la communication institutionnelle et du marketing, dans des lendemains qui chantent (et diffusés en podcasts). Au lendemain du coup médiatique de "Sarkozy @ Bloïc™ TV" mon éditeur m'a dit que cette phrase était prémonitoire. CQFD ?

P.S. j'ai failli titrer ce billet "Pour en finir avec le podcast", mais je crois que je vais attendre encore un peu :-P.

P.S. 2 : merci de ne pas encore une fois venir me dire que les moteurs de recherche audio et video sont là ou seront là la semaine prochaine, ce n'est pas vrai. Ni de me dire qu'on peut chapitrer les clips, ça c'est vrai mais personne ne le fait parce que c'est trop long et encore trop compliqué à faire avec les outils fournis au grand public (et même les professionnels ne s'embêtent pas à le faire).

P.S. 3 : et Pierre d'en remettre une couche avec Podcast ou renommage de la radio en différée ?

P.S. 4 : Thierry Klein trouve que la téléréalité est l'avenir du blog.

17 commentaires

Alors ça ! Je suis réconforté de lire que je ne suis pas le seul que les podcasts n'intéressent pas…
Ceux de mes émissions de radios préférées, si (…vive la radio à la carte surtout quand j'ai le programme et/ou entendu des bribes entre deux coups de fil et/ou que cela traite d'un thème qui m'intéresse…)… Mais pour les podcasts sur le net, je craque avec l'aspect chronophage de l'écoute, il est difficile de charger un élément puis de zapper ou d'accélérer l'écoute… Du coup, je préfère utiliser mon énergie/mon temps à lire… Et la lecture, cela peut se faire en diagonale…

La révolution, me semble-t-il, n'est pas de voir des particuliers, produire des contenus audios ou vidéos, avec une installation sommaire au fond de leur cuisine. Ni même de voir un blogueur podcaster le ministre de l'intérieur, c'est neuf, c'est tout.

Au delà du succès d'estime de la nouveauté, l'auditeur arbitrera assez naturellement, entre la qualité et l'intérêt du contenu et l'adaptation du média à ce contenu. Je me souviens avec émotion des premiers podcasts ou des émissions de radio épellant des url.

La véritable nouveauté pour moi c'est l'abonnement à un podcast avec un agrégateur de contenu et l'automatisation apportée aux tâches, de téléchargement et de synchronisation avec le balladeur. La recherche ne m'est pas encore utile. Je compte sur les blogueurs pour m'informer des trucs intéressants et je dois avoir au moins une centaine d'heures en stock dans mon Ipod en attente d'écoute.

J'ai été séduit pas les pionniers et maintenant je me contente d'écouter en temps choisi les émissions de radio qui m'intéressent. Parfois, j'écoute des podcasts amateurs lorsque ce que l'on en dit dans les blogs parviens à m'accrocher, mais je dois avouer que j'ai renoncer, depuis quelques temps à, écouter pour voir.

J'ai hâte de voir arriver la mise en ligne des contenus de l'INA prévu en 2006 et encore bien d'autres pépites radiophoniques.

Plutôt d'accord. Au début, j'ai téléchargé un ou deux podcasts que je n'ai pas réussi à écouter jusqu'au bout. Si on ne subit pas des dizaines de minutes de transport pour aller travailler, je trouve difficile de trouver un moment pour les podcasts.
Je peux travailler en écoutant de la musique, mais je perds le fil des podcasts, même quand ils viennent de gens que je lis par ailleurs sur leurs blogs.

Par contre, j'ai trouvé deux usages du podcast : l'un pour apprendre une langue étrangère, http://japanese.libsyn.com, c'est vraiment très approprié.
L'autre, c'est la création des podcasts de radio france, pour écouter des émissions que j'ai ratées ou en découvrir de nouvelles, http://www.radiofrance.fr/services/rfmobiles/podcast/.

Une hypothèse: le podcast ca fait cracher de la bande passante. Tu crois qu'elles vivent de quoi les plateformes de blogs? elle vendent du Gigaoctet.
Avec du podcast ton forfait est cramé en 10 jours..
http://www.sixapart.com/typepad/compare

Jean-Christophe > tout à fait, et la différence de "bande passante" entre lecture et écoute est énorme.

Jean-Marc > donc des productions professionnelles.

Sophie > il y a d'excellents usages du podcast en effet, j'ai un ami qui perfectionne son anglais comme ça. Mais tu me fais penser que mon iPod, dans le métro, il mert à ECOUTER DE LA MUSIQUE ! Je n'ai pas envie de remplacer ces moments musicaux par des paroles.

Antony > exactement, ça c'est un piège que beaucoup n'ont pas encore expérimenté. Quand un billet devient populaire, on a de la marge. Il suffit d'un seul podcast pour dégommer son quota de bande passante. L'équivalent de se faire "slashdotter", pour un podcast, c'est de se retrouver indexé dans iTunes.

Là où je suis d'accord, c'est sur le fait que le marketing peut faire écran au podcasting. Et le faire mourir ensuite, en faisant tomber dans l’oubli toutes les promesses dont il était porteur à sa naissance... A moins que ce ne soit déjà fait. Le podcasting doit (aurait du ?) inventer son propre langage, comme le fait naturellement le « blog BD » par exemple, où le fond et la forme ne font qu’un. Où le moyen d’expression s’impose de lui-même par nécessité. Ce qui est bloguable ne doit pas être podcaster, et lycée de Versailles.

Le blog et le podcast sont aussi comparables qu’un chien et un babyfoot. Le podcasting est un nouveau mode de diffusion, et il doit de ce fait se singulariser dans son expression, dans ses outils. Il est un mode d’expression à part entière, il doit inventer sa manière d’exister, inventer son vocabulaire. Est-il nécessaire qu’un podcast soit aussi un site web par exemple ? Faut-il forcément copier le style radiophonique ? Doit-il être préparé, construit, où «spontané » ? Etc. Il y a peu de réflexion, de SENS donné au podcasting aujourd’hui. A vouloir trop vite lui trouver une fonction utile, en le faisant ressembler à des modèles déjà connus et reconnus (les radios), on a tué dans l’œuf les promesses qu’il aurait pu tenir… Des promesses d’exploration, d’invention, de créativité.
Pas de tentatives, d’expérimentation donc… Mais des résultats, vite !

Pour le reste, tout ce qui est dit ou a été dit ici sur le podcasting me fait sourire : peu de choses tiennent réellement la route, et on découvre au final que le podcasting est l’objet d’une véritable fascination chez vous ! J’aurai peut-être l’occasion d’y revenir, qui sait ?

Ah j’oubliais : celui qui pense que le podcasteur a beaucoup moins d’effort à faire que le blogueur n’a jamais essayé de podcaster, à mon avis !
Le BDblogueur a-t-il moins d’effort à fournir que le blogueur ? La question ne tient pas debout !

Faire un bon podcast, c’est difficile, au moins aussi difficile que de faire un bon blog. Personnellement, je m’y essaie depuis plusieurs mois, et pour le moment je ne fais que découvrir avec ravissement que je tombe dans tous les pièges qu’il faudrait éviter. Mais je n’abandonne pas, car je suis convaincu que c’est mon mode d’expression à moi, et que je finirai bien par trouver ma voix.

Simple information. Je suis en train d'évaluer un petit logiciel de préparation de baladodiffusion : "Podcast maker". Je le trouve assez séduisant d'autant plus qu'il permet de réaliser facilement le chapitrage. J'aime aussi la prévisualisation de l'écran d'accueil iTunes.

http://www.potionfactory.com/

Voilà. C'était mon grain de sel…

--> Antony: La bande passante et d'autres choses sont limitées sur Typepad certes .. mais est-ce que quelqu'un connait UN utilisateur Typepad (en France) qui ait vu son compte fermé ou interrompu par une surutilisation de la bande passante ou de l'espace permis ?????

--> DBeladonne: Bcp de blogueurs sont des gens expansifs dans le sens où ils ont envie de dire des choses. Ensuite ça se manifeste soit par l'écrit soit par l'oral soit par rien du tout car ils ont de la retenue ou de la timidité. En général, un blogueur qui a une abondance d'écrits n'a pas de problèmes à en avoir à l'oral et bcp + facilement car il n'a pas à se relire et n'a pas le "risque" qu'on reprenne ses paroles aussi facilement que ses écrits. le viel adage "les paroles s'envolent les écrits restent" est bien valable; Voit on autant de liens entre les podcast ou les écrits VERs les podcats qu'entre les écrits ???

3 réactions expreesses (et demie):

. en effet le "chapîtrage" est quasiment inexistant, TSR.ch le fait sur tous ses clips, Dieu que c'est bien, un bel exemple malheureusement isolé

. à propos de moteurs de recherche multimédia ...

. absolument les pros de la pub et de la tv réalité ne feront qu'une bouchée des podcastrucs le moment venu ... finalement l'avenir des "pros" de l'ascii est bien moins menacé ...

(ps.: y a des trademarks qui sont parfois bien pathétiques ...)

Pierre : je suis d'accord avec ton histoire de liens, c'est un fait, mais je n'adhère pas au reste.

1) je peux trouver des tas d'exemples contraires aux généralités (clichés ?) que tu avances au sujet des blogueurs. De plus, un blogueur qui a choisi l'écrit pour s'exprimer n'est pas obligatoirement attiré par l'audio, aussi prolixe soit-il. Pour prendre la parole, on peut choisir le blog écrit, la danse, la peinture, la vidéo, le théâtre, la photo, le podcasting etc. Le podcasting est un langage à inventer. Il doit trouver sa singularité par rapport aux autres s'il veut survivre au buzz artificiel qu'on fait autour en ce moment. Et en cela, il n'est pas comparable aux autres moyens d'expressions.

"les paroles s'envolent les écrits restent" : il y a certains écrits qui mériteraient de ne pas "rester"... Je pense qu'on a davantage besoin de sens, de réflexion, que de "sagesse" populaire dans ce genre de discussions, aujourd'hui... De plus, les podcasts ne sont pas des paroles, mais des enregistrements, qui eux, restent. Potentiellement en tout cas.

2) Cela dit, pour aller plus loin dans mon propos, je veux ajouter que le podcast n'est évidemment pas une menace pour le texte, de même que la vidéo n'est pas une menace pour l'audio... C'est juste autre chose, c'est différent !
Le podcast audio n'est pas une "évolution" du blog écrit (encore moins une révolution), mais une forme qui lui est parallèle. La vidéo n'est pas non plus la suite logique de l'audio. La vidéo est une ECRITURE très différente de l'audio : le montage n'est pas le même, les compétences techniques n'ont rien à voir etc...

Je reprend mon exemple des BD-Blogs : on a jamais parlé de révolution à leur sujet, ils sont aussi loin d'être accessibles etc. Pourquoi n'en parle-ton pas autant ?

--> Désiré: j'ai bien précisé "en général" qui ne veut pas dire "pour tous". Pour étayer le "en général" il n y a qu'à voir le nombre de blogueurs prolixes qui se sont lancés dans cette extraordinaire avancée technico-fonctiono-révolutionnaire ;-) qu'est le podcast.
Mon idée était que le Podcast n'est qu'un truc tombé à point nommé pour 1) relancer l'intérêt sur les blogs (tiens ! personne ne s'intéresse aux blogs abandonnés ou qui s'essouflent) 2) pour différencier certaines plateformes d'autres plateformes 3) pour s'intégrer au monde qui facine la "blogosphère": les medias..
Le podcast s'adapte aussi parfaitement aux 2 piliers psychologiques des blogs: ego et voyeurisme.
""les paroles s'envolent les écrits restent" : il y a certains écrits qui mériteraient de ne pas "rester"... Je pense qu'on a davantage besoin de sens, de réflexion, que de "sagesse" populaire dans ce genre de discussions, aujourd'hui... De plus, les podcasts ne sont pas des paroles, mais des enregistrements, qui eux, restent. Potentiellement en tout cas.":
- si il y avait du sens dans un outil, ça se saurait depuis longtemps ;-))
- la "sagesse" populaire n'est pas à l'opposée de la "sagesse" sérieuse, surtout quand on parle de "trucs" dont l'objet est soi-disant de permettre à tout le monde (peuple) de s'exprimer ;-)
- les enregistrements restent certes mais écoute t on + les messages téléphoniques que regarde t on les anciens mails ?; étudie-t-on Hitler + par Mein Kampf que par ses discours ?
en général ;-) non car les écrits sont, de par l'éducation qui (depuis les inventions de Gutenberg) est bcp ECRITE qu'Orale, beaucoup plus structurés et pensés que l'Oral qui est souvent destiné à parler d'un évènement concret qui vient de se passer, donc qui est souvent en réaction ou en narration qu'en analyse (ne serait ce que parce que l'analyse réclame des allers-retours dans le discours, faciles à suivre en lecture, mais difficiles en paroles)
En ce qui concerne les BD-blogs, le pb est qu'aucun bi (blogueur influent) ne s'y intéresse. Est-ce que parce que ça n'aide pas l ego ou le voyeurisme ;-) A toi de juger. Offre un BD-blog à une personnalité (le politique en ce mooment est une valeur sure) et ça peut marcher peut être ;-)))

Bonjour,
Voici le dessus de l'iceberg.
Parlons du dessous.
Le dessous est qu'avec la numérisation et la nouvelle norme IPV6 installée il y a quelques mois sur le web, nous sommes bridés et controlés.
Bridés car impossible de copier une chanson si nous n'arrivons pas à retrouver les codes autorisant la copie (c'est du vécu sur plusieurs de mes CD achetés), et controlés car l'ipv6 laisse les traces d'ip et mac de la carte réseau.
Mais la pratique est encore pire, puisque nous voila pris en otage entre trois grands qui veulent imposer leurs marques et imposent que ce qui était gratuit devient payant ?
Vous les reconnaitrez aisément chacun présente son type de fichier et fait des partenaria avec les chaines TV.
Et comme si celà ne sufisait gare au spy et autres qui sont largement associés aux vidéo.
Cordialement

J'ai deux heures de transport par jour et j'écoute l'Ipod environ 1 heure par jour, parfois dans le train, parfois à la maison devant l'ordinateur.

C'est bien dans ce temps là, que je suis disponible pour entendre des podcasts. Pour l'instant, je télécharge beaucoup plus que je ne parviens à en écouter, je stocke. Mais je sais bien qu'un jour je devrais faire des choix. En plus, j'ai le même dilemme que François, les podcasts m'empêchent d'écouter de la musique.

Et pendant ce temps les podcasteurs, mélangeant allègrement téléchargement et écoute, prétendent que le podcast marche à fond ;-))

@Pierre> oui, c'est du même niveau que ceux qui mélangeaient hits et pages vues, parce que le premier chiffre était plus "valorisant". A moins de faire du streaming pur et dur et de suivre le nombre de minutes streamées, on ne peut avoir aucune mesure fiable de la durée d'écoute réelle.

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