Flexinsécurité

Dans une vie antérieure il m'est arrivé de travailler pour un patron qui lançait à ses clients "je ne suis pas là pour vous financer" et qui oubliait opportunément de payer ses salariés autant que ses fournisseurs quand la trésorerie ne suivait pas. Tout était bon pour gruger, par-ci par-là, du premier mois de salaire requalifié en "prime de déménagement" pour sucrer les cotisations sociales, au non-paiement de mes cotisations retraites (je vais rire jaune quand il s'agira de consolider cette période). Un hypocrite doublé d'un véritable escroc, grâce à qui j'ai la chance, si je puis dire, de connaître les couloirs du Conseil de Prud'Hommes de Paris comme ma poche. J'ai dû à de nombreuses reprises aller demander mon salaire en référé au 27 rue Louis Blanc, pour des arriérés dépassant parfois trois mois. La procédure est simple, relativement rapide et ne nécessite pas d'avocat, je m'y suis toujours présenté seul et j'ai toujours gagné. Un exercice particulièrement formateur qu'aller défendre son biftek dans une justice de classe (je n'ai pas eu à faire que du référé, il ne manque que la Cour de cassation sociale à ma pratique de cette institution).

Alors aujourd'hui, même si je trouve toute cette histoire particulièrement regrettable pour tous ceux qui s'y sont investis, l'on me pardonnera de souhaiter que le lavage de linge sale en public provoqué par Cyril Fievet permette aux salariés et pigistes de Pointblog de recouvrer leur dû rapidement et sans trop de difficultés.

P.S. en passsant, comme ça, pour ceux que ça intéresse... un dossier Prud'Hommes du Journal du Management.

P.S. 2 : Maître Eolas m'a rapporté l'indignation de certains de ses confrères dont la résidence secondaire au soleil dépend de leur présence à vos côtés au CPH (ce à quoi je lui ai fait remarquer que la seule fois où le résultat n'a pas été à la hauteur de mes attentes est aussi la seule où j'ai pris un avocat pour m'assister). Plus sérieusement, se défendre seul face au CPH n'est pas à la portée de tout le monde, et requiert au strict minimum une bonne connaissance de la procédure et la capacité à prendre la parole en public, sans s'emporter, dans un environnement à l'apparence froide, mécanique et intimidant. Je ne l'ai fait que dans le cadre de référés, qui sont des procédures assez binaires, où la partie adverse n'avait strictement aucune possibilité de contrer mes arguments. Pour le fond, le droit du travail est compliqué, même (j'ai testé pour vous) pour les conseillers Prud'Hommes.

2 commentaires

Voilà qui me parait plat, factuel et sain. Et défendre ses propres collègues et / ou collaborateurs me parait également justifier quelques entorses aux bonnes manières...

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