Comment utiliser OpenId (et une digression sur le logiciel libre)

Il y avait un très bon tutorial visuel en anglais par Simon Willison, Biologeek nous explique comment utiliser OpenID dans la langue de Molière.

Voilà typiquement un cas d'école des solutions open source de geeks vs propriétaires :
- Typekey, géré aux Etats-Unis de manière centralisée et propriétaire par Six Apart (avec tous les problèmes que ça pose, notamment en matière juridique et de protection des données personnelles, vu la législation en vigueur au pays de G. W. Bush), mais très très bien intégré aux produits de la firme, simple, ergonomique, sans avoir à apprendre quoi que ce soit de technique. Six Apart a même une page d'explication en français, c'est du marketing mais le blogueur non geek arrivera à comprendre de quoi il retourne.
- OpenID, libre et distribué, tout pour plaire en termes de liberté, de sécurité des données et de flexibilité, mais une courbe d'apprentissage non nulle et aucune implémentation simple et ergonomique qui soit accessible au quidam moyen. Le site OpenID est fait par des geeks, pour des geeks.

Dans le logiciel libre il manque presque toujours quelques compétences essentielles, comme l'ergonomie, le design, le marketing et la communication. Les développeurs de logiciels de blog l'ont bien compris, et d'autres feraient bien d'y réfléchir s'ils veulent décoller enfin (suivez mon regard).

8 commentaires

En effet la ressource proposée par Simon Willison reste la meilleure que j'aie trouvé.

Etant pour l'Open Source et tout et tout, j'en profite néanmoins pour ne opas diaboliser le propriétaire et le breveté, sans quoi Internet n'existerait pas en fait (bah oui). ;)

D'ailleurs, sans faire la pub à Six Apart (si je devais opter pour une plate forme de blogs je n'irais pas chez eux, plutôt Wordpress.com par ex.), mais VOX, un de leurs produits, intègre un serveur OpenId !.. (les petits malins)

Pour rebondir moi aussi - avec de l'élan - sur le logiciel libre, je pense que ce manque historique, cruel, de compétences en communication et en "marketing" (même s'il n'y a rien à vendre contre de l'argent) vient du peu d'intérêt personnel (reconnaissance, apprentissage, relations) qu'ont a en retirer des non développeurs. Grosso modo.

Ca se finit en général par une professionnalisation du projet (association, fondation, etc.) pour y parvenir.

A noter un article du 5 décembre sur Ecrans (Libé) :
http://www.ecrans.fr/spip.php?article531

A+

Oui, ils feraient bien d'y réfléchir, mais... Deux problèmes à mon sens: primo le fait que historiquement, comme tu le dis l'ergonomie, le design, le marketing et la communication sont des compétences franchement peu présentes dans le milieu du libre. Rien d'incontournable a priori, on peut prendre par exemple le petit milieu des geeks/développeurs mac qui ont toujours été très (trop) sensibilisés aux question d'ergonomie et design.

Second problème, peut-être plus gênant: le libre s'est pas mal construit ces 10 dernières années autour de la cristallisation de pas mal de grandes idées, d'évangélisme, après les années précédentes où l'on ne parlait que de code. Du coup, certaines explications initiales de "c'est quoi le libre" sont maintenant quasiment des mythes fondateurs. Le "scratch your itches", le "treating your users as co-developers", le "Given enough eyeballs, all bugs are shallow". Et ces principes là, j'ai beaucoup de doutes sur leur valeur dans le cadre du design, de l'ergonomie ou de la communication. En résumé: un vague impression que le problème est devenu culturel.

Il me semble qu'il y a deux problèmes, qui s'alimentent mutuellement, trop souvent dans une dynamique négative. Tout d'abord, en effet, il y a un manque de compétences extérieures aux métiers du développement (tu cites l'ergonomie, le design, le marketing et la communication, j'ajouterais la documentation, on pourrait sans doute en citer d'autres encore). Mais surtout, quand ces compétences approchent des équipes de développement, elles sont souvent considérées comme secondaires et comme ne pouvant pas participer au développement (au sens large) du logiciel. Leur travail étant assimilé à du barratin dans le pire des cas, à des couches superficielles dans le cas le plus courant, il est minoré. Non seulement ces compétences ne sont pas reconnues comme des compétences de développement du logiciel, ce qui entraine une démotivation rapide et, trop souvent, définitive. Mais, en plus, elles ne parviennent pas à influencer le logiciel. Or, nous n'avons jamais autant eu besoin de passeurs, de ces intermédiaires culturels qui assurent le passage entre les univers.

J'irais même plus loin : le monde du libre a tendance à forger une mythologie totalement négative du marketing et de la communication, ceux-ci devenant des hydres épouvantables ou des chantres d'un libéralisme fantasmé... peut-être faut-il renoncer aux idées toutes faites et à la dformation systématique pour pouvoir intégrer ces concepts. Ainsi, si Paul ou Pierre est convaincu que le chocolat est ton ennemi et que ses molécules sont des émanations de l'enfer, il n'aura pas envie d'en manger, n'est-ce pas ? eh bien tant que l'on se forgera un concept-n'importe-quoi des métiers liés à la mise en marché et à la communication, on n'aura pas de chance de bien digérer. Il faut commencer par se faire une repésentation rationnelle d'une chose pour pouvoir l'estimer et pouvoir l'intégrer (ou pas).

Mais attention, quand je dis "le monde du libre", il me faut préciser que cette expression que j'emploie ici renvoie davantage à l'impression que j'ai pu avoir et non pas à une connaissance extensive de ce monde. Je ne prétends donc pas attribuer cette vision du "marketing" à chacun qui travaille dans cet univers ou s'en sent proche. Sans doute, nombreux sont ceux dans le "libre" qui ont suffisamment de bon sens pour ne pas adhérer à des représentations limitées et déformées. Et puis il faut bien dire aussi que des idées et des prismes déformants sur le libre existent aussi. La question est donc générale, et je ne veux pas sembler "attaquer", ni même préjuger de, qui que ce soit. De tous nos préjugés faisons table rase...

Mais les choses sont toujours plus fluides et changeantes qu'on ne le pense, et d'un "milieu" à l'autre il finit toujopurs, comme dans La Recherche, par se produire des échanges, mêmes les plus inattendus. Donc ça va viendre.

J'en profite pour te souhaiter, avec esprit d'escalier certes mais non moins sincèrement, une très jolie année 2007.

J'ai installé le plugin OpenID pour Wordpress. Intéressant, il permet aux personnes qui s'authentifient via openid (ou claimid, ou pip-verisign) de commenter.

Avec mes retards de lecture je loupe ce billet...

Le manque de marketing et de design est je pense d'abord un problème de compétences et de moyens.

Les logiciels libres avancent par petit pas avec les compétences disponibles au moment 't'. J'en sais quelque chose car XWiki à enormement souffert de ce manque de compétences et de moyens et nous en souffrons encore même si je pense que nous voyons le bout du tunnel de ce point de vue (grâce au travail de Laurent Lunati sur http://www.xwiki.org/).

En fait, dans le chemin de croix de l'auto-financement d'une société qui fait du libre, je crois qu'on a pas trop le choix de l'ordre des choses:

- développement avec les moyens du bord
- clients qui payent pour améliorer le travail pas fini qui ont trouvé le logiciel libre par un hasard certain et qui sont bien sympa d'accepter des prestations avec des propositions commerciales aussi succintes.
- re-developpement pour faire mieux
- re-clients qui vous trouvent plus facilement
- premiers investissement dans un commercial pour faire plus serieux au niveau des propositions commericales
- re-clients et ça fait plus de boulot de service ce qui fait qu'on manque de temps pour le logiciel lui-même
- investissement pour continuer a bosser sur le logiciel pendant qu'on s'occupe de client

etc.. etc... en fait le design et le marketing viennent après une fois que l'on arrive à dégager des marges sur les affaires.

Dans le logiciel propriétaire c'est différent car sans investissement c'est casiment impossible de trouver des clients. L'avantage c'est que cela plait mieux aux investisseurs aussi (mais cela change).

Bref je pense qu'il faut être patient et qu'il n'y a pas de miracles. Si des gens du marketing et du design faisaient plus souvent comme les developpeurs et contribuent à des logiciels libres ils seront meilleurs plus vite (cela arrive d'ailleurs).

Juqu'à hier je n'avais jamais entendu parler de openid, j'ai été lire sur le site français les explication du système http://openidfrance.fr/ et je remarque clairement qu'aucun site, du moins en France, n'utilise se protocole.
Je suis assez sceptique du développement car je doute que les grands sites marchands du type FNAC (je ne fais pas de pub lol) l'adoptent du fait de la décentralisation du système... mais l'idée est bonne mais je pense pas que l'adresse URL soit en plus très pratique, on est habitué à utiliser un identifiant alphanumérique... On verra...

Openid est un mauvais nom car il fait penser aux gens à identité alors qu'il s'agit d'identifiant. Ce n'est pas tout à fait la même chose. L'openid est juste une façon plus simple de s'enregistrer sur des sites distants, c'est tout. Cela ne résoud en rien les problèmes d'identité et de confiance liés aux transactions.

1. openid est plus pratique pour les utilisateurs.

Le revers de la médaille également, c'est l'interconnexion une fois de plus de données distantes. En effet, si on utilise un fournisseur d'openid, ce dernier obtient une connaissance de tous les sites où vous utilisez cet openid. Ainsi votre profil marketing est encore plus précis.

2. openid est plus intéressant (pour vos données personnelles) si vous installez votre propre serveur d'openid et du coup on perd la souplesse pour de nombreux utilisateurs.

chaque système possède un revers.

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