La France n'est pas en déclin, et la dernière chose dont elle a besoin est d'une « réforme »

Tel est le titre d'un intéressant papier de John Evans et Jérôme Guillet.

Une phrase m'a particulièrement choquée dans la prose de la profession de foi de Nicolas Sarkozy : « La France est devenue le pays qui travaille le moins en Europe ». Outre que c'est du foutage de gueule complet, ceux qui s'échinent à vendre notre pays à l'étranger sur la base d'éléments plus objectifs, tel que le fait que notre productivité est l'une des plus élevées au monde, apprécieront.

9 commentaires

Merci pour le lien François.

J'ai lu aussi, mais je ne saurais le retrouver, un article analogue du Gardian mettant à bas cette litanie d'une France en déclin face à des îles Britanniques qu'on donne en exemple.

En vrac et de mémoire. En Grande Bretagne 17% de la population sous le seuil de la pauvreté (France 6%), 5% de chômage mais 2 millions d'“handicapés" inaptes au travail, 3,8% d'inflation (pas d'Euro), infrastructures vétustes et médiocres (rail, transports, etc.), système de santé médiocre, etc. Bref nous étions à envier. Je ne sais si après 10 ans de présidence Sarkozy nous y retrouverions notre compte.

Cela dit, nos infrastructures et nos services publics sont des richesses construites de nos impôts. J'ai bien peur que le but de M. Sarkozy et de ses amis est de vendre tout cela à la découpe pour le plus grand profit des grands financiers qui les soutiennent dans leur conquête du pouvoir.

Beurk.

Chomsky a une analyse très intéressante de ce que sont la plupart des "réformes". On réforme le plus souvent ce qu'on s'est soi-même employé à détruire. La droite dure que nous promet Sarkozy n'échappe pas à cet règle en faisant entrer de force l'idée d'une France "qui va vraiment très mal, il faut tout changer".

Il n'y a pas que cette contre-vérité là dans son programme, mais c'est vrai que celle-ci est particulièrement flagrante et nuisible économiquement (ça promet).
Ce qui me fait mal au coeur c'est le nombre de nos concitoyens qui gobent tout ça et le relaie à leur tour comme une réalité absolue. (Et qui s'offusquent quand on leur explique patiemment et de façon argumentée que c'est archi-faux ou que ça tient à une présentation abusive des choses).

PS : je me suis permis de reprendre le lien chez moi en te citant. J'espère que tu n'y verras pas d'inconvénient.

Deux autres articles sur le sujet par des anglo-saxons à partir de cette page :

http://questionscritiques.free.fr/index.htm

« L'EUROPE A-T-ELLE BESOIN DE RÉFORMES NÉOLIBÉRALES ? » par Micha Panic, ancien chef économiste de la Banque d'Angleterre.

et

« LA FRANCE A-T-ELLE BESOIN DE NAGER AVEC LES REQUINS ANGLO-SAXONS ? » par William Keegan

@gilda : quand le premier ressort du choix est la séduction, il ne faut pas s'étonner de ce que le populisme et la démagogie soient utilisés à plein, parce que très efficaces. La moralité, en politique, est une promesse qui n'engage que rarement ceux qui la font.

On pourrait ajouter aussi que dans ces chiffres (faussés) ne sont pas comptabilisés les heures de travail offertes par de nombreux français dans le milieu associatif, caritatif, sportif... Je vois autour de moi des gens dont le travail rémunéré plus le travail bénévole représentent 'deux vies', que les statistiques économiques à oeillères méprisent ouvertement.

La thématique du déclin et de la diminution est typique du discours populiste, et ce n'est pas un hasard : nous sommes pétris de la croyance en la notion de "progrès" (qui véhicule des idées comme "augmenter", "plus", plus haut"). Donc si on veut faire peur, il suffit d'évoquer la perspective de tout ce qui se situe "en bas" dans la cartographie argumentative.

Dans un autre ordre d'idée, c'est peut-être aussi pour ça que la notion de décroissance ne trouve que si peu d'oreilles, elle est marquée négativement dans la croyance collective. En revanche, dès que l'on dit "croissance", hop ça fait tilt --et pourtant, de nombreux exemples de "croissance" (en Chine par exemple) sont aussi les exemples type de la création de misère.

En disant ça, N S réussit à faire passer une contre vérité énorme avec une facilité déconcertante : c'est qu'il se situe dans la pensée linéaire et verticale qui structure les croyances polituqes collectives. Alors que si on veut vraiment essayer de penser l'état d'une société ou d'une économie, le modèle intellectuel à élaborer est certainement plus complexe...

la rhétorique de la réforme suit le modèle haut/bas : on ne dit pas "je vais défaire et réduire à rien tel dispositif" (ce qui reviendrait à se situer vers le bas de l'échelle agumentative), mais on pratique un euphémisme qui permet de mimer le "aller vers le haut".

enfin, en même temps, j'dis ça j'dis rien, mais juste ça me venait à l'idée.

Une analyse reprise par "alternatives économiques" montre que:
1. les français travaillent aussi longtemps que les anglais, un peu plus que la moyenne de EU15 et plus que les allemands et les irlandais.
2. Le PIB produit par salarié est derrière les Etats -Unis mais devant la GB, l'Allemagne, le Canada, la Corée et le Japon.
3. Le chômage plus important en France s'explique par cette plus grande productivité (à temps de travail équivalent) et non à une plus grande paraisse, des lois trop laxistes vis-à-vis des chômeurs.
4. le coût du travail par unité produite en France est celui qui à le moins évolué (hors japon et Allemagne)+14,5% en 10 ans contre 35% en GB et 48% aux USA.

Notre problème se situe plus les choix industriels que sur le coût du travail. Plus sur les chefs d'entreprise que sur les travailleurs.

Cette analyse montre que l'analyse de Nicolas Sarkozy est fausse, le remède risque donc d'être au mieux sans effet, voir négatif.

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