Amazon Kindle, ou le nouveau prochain flop annoncé d'un e-book

Je ne sais pas comment le dire avec tact, mais dire que je ne partage pas du tout l'enthousiasme de Fred Cavazza pour l'Amazon Kindle est un euphémisme. Outre que le parallèle entre ce machin et l'iPod Touch me semble abusif — franchement si un de ces deux appareils a une expérience utilisateur intéressante ce n'est certainement pas celui qui embarque un clavier énorme et disgracieux quand l'iPhone montre comment un enfant de deux ans peut tourner une page sur un écran tactile — j'aurais aimé que Fred ne fasse pas l'impasse sur les conditions draconiennes de vente et le système de DRM qui accompagnent le Kindle. Pour ça, je vous recommande la lecture de deux billets un tantinet plus critiques sur le futur du livre vu par Amazon.

John Gruber, dans DUM, pense et espère que Kindle sera un flop, ce en quoi je le rejoins entièrement. Sa conclusion résume bien la proposition commerciale d'Amazon : « Vous payez pour des livres en téléchargement qui ne peuvent pas être imprimés, pas être partagés, et ne peuvent s'afficher sur aucun autre appareil qu'un lecteur Amazon Kindle à 400$ — et qu'ils soient encore lisibles dans le futur est à l'entière discrétion d'Amazon. Ce n'est pas une façon de se construire une bibliothèque. »

Mais c'est l'ineffable Mark Pilgrim qui enfonce le clou avec son futur de la lecture (une pièce en six actes), en exposant bien les contradictions du modèle d'Amazon vis-à-vis de la culture du livre et les retournements de veste de son patron, Jeff Bezos. A lire absolument avant de cautionner la ruine du livre, un truc qui mine de rien a une dimension à la fois historique, sociale et culturelle, au nom d'une course technologique à but purement mercantile.

(Et puis vous aurez l'air malin avec vos e-books et leurs piles quand l'électricité coûtera aussi cher que le pétrole aujourd'hui, et qu'il faudra en recycler des tonnes. Travailler plus pour se gaver plus de n'importe quoi, j'espère qu'ils vendront de bons e-books sur le développement durable chez Amazon. Oui, je me moque si je veux. ;-)

13 commentaires

D'accord avec toi sur l'ergonomie un peu vieillote du Kindle.
Les points complètement rédhibitoire pour moi sont le "lock-in" assez sévère ainsi que l'absence de support du PDF ! un comble...
Sinon je trouve intéressante l'idée d'utiliser le réseau de téléphonie mobile pour accéder au service. Le point positif que je vois est que le kindle va dynamiser le marché du e-book.

Il est clair que le kindle est un moyen pour Amazon de faire croitre son activité historique de vente de livres. En parallèle à cela, je trouve que Jeff Bezos anticipe bien le besoin d'une infrastructure e-commerce qui rapproche le soft et le réel avec la logistique. Mon avis de techos est qu'Amazon a surtout une avance énorme en terme d'architecture orientée service "massive". Jetez un oeil à leur stack de Web Service pour vous en convaincre...

François,

Nous sommes bien d'accord sur les points négatifs (DRM, ergonomie, etc.) du Kindle...

Quant à l'infrastructure web d'Amazon, mon propos était d'ouvrir le sujet sur la stratégie d'Amazon :
D'un côté des innovations, comme le kindle, sur le coeur de métier d'Amazon qui reste sa cash-cow. De l'autre des innovations sur l'infrastructure e-commerce, cette dernière étant clairement un relais à long terme. Je salue leur initiative, aussi perfectible soit elle, comme le montre le lien que vous avez indiqué.

C'est d'autant plus "marrant" qu'Amazon a lancé il y a deux mois la vente de mp3 sans drm...

Le Kindle est moche, il a des DRM (et c'est mal), mais ils l'ont écoulé en ... 5h30. La grande qualité de ce truc, c'est que comme tout ce qui exploite l'e-ink, ça a la même qualité que le papier : pas de rétro-éclairage et donc une lecture en plein soleil totalement impossible avec autre chose.
Le modèle trop propriétaire du Kindle est assez décevant, certes, mais derrière le Kindle, regardez-bien la montée en charge de l'e-paper. Les Echos, qui se diffuse sur un e-book gagne de l'argent avec, un step va être bientôt franchi avec la couleur et la vidéo et il y a déjà plein d'applications.
Alors la comparaison avec l'iPhone est surperflus, mais même si ça paraît tout sauf hype, c'est profitable et plein de ces petits avantages qui font que les gens s'en servent. Une réalité à méditer.

J'ai essayé le e-paper du kindle sur un autre modèle, ce n'est pas du tout convainquant. Le contraste entre les lettres et la page n'est pas suffisant. Le livre n'a rien à craindre.

La question de DRM est évidement centrale. Je n'achèterai jamais un livre que je ne peux pas prêter ni pour lequel je n'ai pas la garantie d'une longévité de format. Le livre est en cela remarquable.

Le Kindle est néanmoins intéressant par la fonction de connectivité qu'à inclus Amazon. On peut discuter du prix mais je note que le Kindle ajoute une fonction inaccessible au livre papier. Cela n'explique pas l'engouement pour l'objet, car Amazon a de très nombreux clients et que l'on ne connait pas le nombre d'exemplaires de la première série.

Analyse du Design du Kindle qui complète la rant de Scoble. Les termes du contrat sont un « non » définitif. c'est une horreur.


Je n'ai pas encore trouvé la société qui avait créé cet objet pour Amazon.

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