Consolidation des acteurs télécoms

SFR s'apprête à intégrer Neuf Cegetel en faisant graduellement disparaître cette dernière marque pour vendre l'offre d'accès à internet sous sa propre marque au carré rouge. C'était couru d'avance, dans la mesure où l'enjeu est pour les grands acteurs télécoms de fournir une offre couvrant tous les accès de télécommunications grand public actuels : téléphonie (fixe et mobile), internet, télévision. C'est la course au triple play, voire quadruple play si l'on sépare téléphonie mobile et fixe. France Telecom - Orange a déjà cette capacité, SFR ne pouvait pas être en reste.

Je pense qu'il serait réellement bénéfique pour un développement un tant soit peu concurrentiel du secteur que le gouvernement permette à Free d'entrer sur le marché de la téléphonie mobile. Mais quand je lis entre les lignes des déclarations de François Copé, ils ont plutôt dans la tête de se servir du trublion Free comme d'une menace, sans réelle volonté de débloquer une situation d'oligopole qui se consolide un peu plus au détriment du consommateur et, par extension, des acteurs économiques qui éditent les contenus et les services qui transitent sur ces réseaux. C'est dommage, et encore une fois un signe assez désespérant du manque de vision et d'ambition du monde politique en France dans un secteur économique clé.

5 commentaires

Ce qui est incroyable (enfin, pas tant que ça, malheureusement), c'est que Copé puisse expliquer calmement qu'il est pour un maintien d'un oligopole qui arnaque les consommateurs sans que ça fasse réagir les médias et les gens, à part quelques blogueurs. C'est sûr qu'il est plus simple de faire des "contributions" en ce moment que de réagir à des phrases aussi énormes et anti-"vie chère"

Surtout, comble de l'hypocrisie, quand il brandit cette menace pour éviter que les opérateurs ne répercutent sur les consommateurs une taxe bricolée sur un coin de table. Comme s'ils n'allaient pas, ce qui est parfaitement logique, la répercuter d'une manière ou d'une autre. Les propos de Copé sont purement et simplement iniques.

On s'en contrecogne de l'intérêt des consommateurs.
Imaginons l'entrée de Free sur le marché : grignotage instantané de parts de marché aux deux autres en pratiquant entres autres des tarifs plus avantageux ou pour le même prix plus de services. Le même gâteau à se partager en quatre, ça fait des parts plus petites, et si les autres sont obligés de s'aligner sur les tarifs de Free, ça fait au total moins de rentrée fiscales par le biais de la TVA. Pas si con Copé. Et lui, son accès Internet, si ça se trouve il ne le paie pas...

Addenda : se souvenir qu'en 2007 Orange a été condamné à une amende de 215 M€ pour entente de prix avec SFR, alors n'allons surtout pas troubler la foire des larrons. On agite juste un peu l'épouvantail pour faire bien. En outre l'état français détient encore 27% du capital de FT. Vous croyez qu'à Bercy on a envie de voir plonger les résultats ?

La suite logique des grandes manœuvres est évidente : si Free se voit décidément refuser l'entrée dans le marché mobile (via l'UMTS), il ne lui restera plus qu'à s'intégrer à Bouygues Telecom.

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