L'eau des baleines

Eric m'apprend que le lagon né-calédonien est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, ce qui est une très bonne nouvelle, vu sa richesse marine phénoménale. Attendons-nous maintenant à ce que les deux principaux acteurs locaux et antagonistes de l'eau des baleines utilisent cet argument sous deux lectures radicalement différentes. D'une part le comité Rheebu Nuu qui y verra un argument massue contre tout rejet d'effluent polluant dans le lagon. D'autre part la société Goro Nickel qui, en arguant que l'UNESCO a basé sa décision sur ses propres rapports scientifiques, y verra la validation de ses calculs théoriques (le procédé est une première) et continuera de plus belle la construction de son grand tuyau de rejet au beau milieu du lagon.


Plonger là-dedans c'est féérique. [Via Calédosphère]

Au passage, j'exclue le gouvernement de Nouvelle-Calédonie et celui de la Province Sud, qui sont juges et parties dans cette affaire. Les questions environnementales sont du ressort des provinces ; une hérésie écologique à l'échelle de l'archipel, qui mène à des différences de lois utilisées comme levier compétitif entre le Nord et le Sud. Et l'exploitation minière du nickel étant le seul pilier tangible d'une économie à construire avant que la France puisse terminer le processus de transfert de compétences, donc de transfert de charges, on sait déjà de quel côté le gouvernement se penchera quand il faudra trancher entre protéger le lagon et assurer son budget.

Un commentaire

D'accord avec toi, si l'effluent du tuyau pose effectivement un problème écologique, le lagon ne pèsera pas bien lourd face aux intérêts en jeu : rentrées fiscales, enjeux sociaux, emploi, etc... J'espère que le classement ne sera pas, paradoxalement, un bon pour polluer délivré à INCO.

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