Quand le titreur de Libé déconne

Sida, la discrimination des malades reste une urgence.

C'est l'effet vacances, ils sous-traitent le titrage à la même bande de zozos qui gardent le zoo LePost.fr pendant l'été ou quoi ?

Et ça aussi c'est de saison ou ça devient une maladie endémique à la presse ? Du coup la petite chronique « on trouve n'importe quoi sur internet » entendue ce matin sur France Info prend une autre tournure. Paille, poutre, toussa...

[Merci à Franck pour le lien.]

15 commentaires

C'est un peu tordu et forcé de trouver une quelconque ambiguïté dans ce titre. S'il s'était agi d'un article du type "Afrique, la famine reste une urgence", y aurait-il eu matière à confusion ? Le fait qu'il existe un consensus sur l'extrême négativité du mot "SIDA" ne laisse aucun doute sur ce que l'on peut penser de ce titre, comme dans les formules (plus) maladroites du type "recueillir des fonds pour le Cancer".

Je suis du même avis que Maxime, même si je trouve que l'on abuse beaucoup trop du sous entendu "la lutte contre".
Pour moi la lutte contre le SIDA, le Cancer, la discrimination, la famine, ne devrait laisser aucune place à une ambiguïté tant elle est intolérable.

Mais si c'est le même français, enfin je crois bien parce que dans le mien les "e" ne sont jamais muets et les "r" roulent allègrement ;-) Mais une langue ça n'est pas que des chaînes de mots, c'est aussi et surtout un contexte d'énonciation fait, pour partie, d'un ensemble de connaissances partagées par tous ses locuteurs. Sinon, par exemple, à chaque fois que quelqu'un demande "Avez-vous l'heure ?" , on lui répondrait "Oui" ou bien on lui tendrait sa montre. Dans le cas qui nous intéresse, il n'est pas possible, sauf à trahir volontairement les présupposés culturels qui entoure le sida, de faire dire au texte qu'il est urgent de discriminer les malades.
Enfin, si, comme le laisse entendre le TLFi, l'urgence est caractérisé comme "ce qui requiert une action, une décision immédiate", on ne saurait dire que la discrimination des malades ne nécessite ni ne mérite cette réaction rapide.

Je ne m'étendrais pas sur la notion de "bon usage" si ce n'est pour dire qu'à mon sens, le bon usage est celui qui permet d'être compris de tous. Au final, le plus important est peut-être de s'intéresser plutôt au contenu de l'article qu'à son titre, parce que ça doit leur faire une belle jambe aux malades. Sinon, je comprends tout à fait qu'on puisse trouver la formule maladroite, mais de là à ne commenter que cela (sur le site de Libé), ça me paraît un peu triste et stérile, comme les sempiternelles joutes sur "au temps pour moi" etc.

Oulah, je me rends compte que mon propos est assez convenu voire un peu cucul. On ne m'y reprendra plus ;-)

Encore heureux, je n'aurais pas l'idée de m'en plaindre puisque ça m'a permis de réagir à ce sujet, alors que ça m'aurait déranger d'embrayer sur le sujet sur Libé. C'est toujours intéressant, pour ma part du moins, d'avoir des avis divergents sur ce genre de "débats linguistique". Ça enrichit mon expérience.

Salut Padawan,

Sur ce qu'il faut faire de tous ces malades coûteux dans une société qui à autre chose à foutre que de se priver de vacances pour eux, Le Point fait clairement dans l'abject assumé, là où l'on ne reproche à Libé qu'une mauvaise formule :

http://novovision.free.fr/?Le-droit-de-repondre-de-Pierre-Le

D'accord avec François, le titre est plutôt mal choisi et donne à penser qu'il faut lutter contre les malades et non contre la maladie. Les figures de rhétorique peuvent être tentantes, mais comment pensez-vous Maxime, que celle-ci puisse être reçue par un séropositif ? Je ne ferai pas de procès d'intention au journaliste de Libé car il est clair à la lecture de l'article que ce n'est pas ce qu'il a voulu exprimer, mais ce titre n'en reste pas moins une connerie. En français dans le texte.

le titre est plutôt mal choisi et donne à penser qu'il faut lutter contre les malades et non contre la maladie
A quoi ça sert que je déploie des brouettes d'arguments si personne ne les lit ? ;-)
Les figures de rhétorique peuvent être tentantes
Si c'en est une, je serais ravi que vous la nommiez car je ne la connais pas. La boulette, la bourde ?
mais comment pensez-vous Maxime, que celle-ci puisse être reçue par un séropositif ?
Comme je le disais plus haut, je crois sincèrement qu'il s'en ficherait pas mal, parce qu'il a sûrement d'autres soucis. Je pense qu'il aurait plutôt l'habitude de relativiser l'importance des choses. Mais après tout, je n'oserais pas me prononcer au nom de quiconque.
En français dans le texte.
Mais c'est quoi le problème avec le/mon français ?

Notez que je ne tiens pas à passer pour l'emmerdeur de service. Je suis juste curieux, notamment des faits linguistiques, pas de la polémique par principe.

j'ai pas tout de suite percuté... pourtant c'est effectivement totalement absurde ! mais je ne crois pas que ce soit le fruit du travail d'un stagiaire ou d'un remplaçant saisonnier. Des inepties de ce genre, si on cherche bien, y en a des caisses tous les jours et sur tous les sujets... c'est désolant. mais le plus désolant ne serait-il pas de ne plus les voir ? Gloups...

@ Maxime : je ne faisais pas référence à vos figures de rhétorique ni à votre français, mais à l'usage qui en est fait dans ce titre mal venu. Il est accrocheur, mais à le lire tel qu'il est, en faisant abstraction du contenu de l'article, la conscience d'autrui ne semble pas avoir effleuré celui qui l'a pondu. Tout réside dans l'ambiguïté de la formulation, car chaque mot compte, surtout ceux qui sont absents.
Et vous avez raison : n'essayez pas de vous mettre dans la tête d'un séropositif si vous ne l'êtes pas. Et si vous l'êtes, l'expérience et le vécu des uns ne sont pas nécessairement ceux des autres.

moi ça m'a frappé, je suis de suite allée lire l'article pour être sûre qu'il s'agissait de la lutte contre la discrimination. D'accord, ce n'est pas un drame, etc, mais force est de reconnaître qu'il a déconné le titreur et puis c'est tout. Après, bien sûr qu'on est tous assez intelligents pour comprendre qu'il a formulation erronée, mais ça n'empêche qu'il est choquant de voir ce type d'erreur se glisser dans des journaux de cette envergure...

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