Remerciements gradués

En réponse à HADOPI, Jamendo lance le « Remerciement Gradué ».

Il y a quelques années, j'ai eu une longue conversation très déprimante avec un ami musicien. Je cherchais à lui montrer tous les avantages qu'il pouvait retirer d'internet pour se faire connaître, toucher directement son auditoire et vendre ses œuvres. Lui me répondait qu'en dehors des majors, point de salut, puis râlait sur la difficulté de se faire éditer et se refermait comme une huître.

Je pense qu'HADOPI aura un autre effet inattendu (par les majors, du moins) : un développement sauvage d'offres innovantes, hors des circuits établis mais en plein dans la façon dont les natifs du numérique consomment la musique. Je pense que la loi HADOPI de M. Olivennes accélèrera la mort de la FNAC et de l'industrie de la musique, ce qui est une délicieuse ironie.

2 commentaires

Je ne doute pas que le web offre de bonnes occasions d'expérimenter de nouveaux modes de distribution. Reste que pour un indépendant, confier ses œuvres à Jamendo me semble tomber de Charybde en Scylla. Il peut très bien vendre sur iTunes qui reverse 80 % du tarif HT alors que Jamendo ne laisse que 50 % et s'il est auteur-compositeur la Sacem lui reversera 8 % du HT diminués des 15 % de frais de gestion. Il n'y a pas photo. Pire encore est l'offre auprès des lieux publics pour la sonorisation. La part de Jamendo est toujours de 50 % à comparer avec les 15 % de frais de gestion de la Sacem. De plus on doit être sous licence Creative Commons : un choix qui n'est pas problématique tant qu'on est pas confronté à une utilisation commerciale non autorisée… Car dans ce cas il faut poursuivre et il faut en avoir les moyens, on en est de sa poche alors que c'est la Sacem qui prend les choses en charge pour ses sociétaires.

C'est comme l'histoire de cette fille produite aux USA (cf. Numerama) par une association d'internautes qui en est de sa poche alors que tout ceux qui participent au projet sont rémunérés : coiffeurs, musiciens de studio, etc. Une bonne vieille méchante major bien de chez nous, archaïque, rétrograde, somme toute « le mal absolu », est tout simplement contrainte de respecter la législation du travail, de la salarier au tarif syndical et de lui payer ses frais de déplacements, etc.

D'accord pour innover mais j'ai l'impression que certains ont trouvé le filon et ont décidé de surfer sur une idéologie de rejet pour se faire de l'argent sur le dos des artistes et que ça ne vaut pas mieux. Je suis d'ailleurs surpris que certains qui taxent la Sacem de « racket » trouvent parfait que Jamendo encaisse 50 % sur la sonorisation des lieux publics. La profession est en crise, ça n'est pas une raison pour accepter n'importe quoi.

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