La Loi n° 2013-404 du 17 mai 2013(*) a été publiée aujourd'hui au Journal Officiel de la République française. La France devient ainsi le 14è pays au monde à cesser de discriminer ses citoyens, vis-à-vis du mariage, pour des raisons qui ne se résument qu'à une et une seule chose : l'homophobie.

Je ne m'ébaudirai pas cependant. Ce n'est pas comme s'il n'avait pas fallu des milliers de militants LGBT qui, depuis plus de vingt ans, on travaillé sans relâche pour que l'égalité progresse dans ce pays. Ce n'est pas non plus comme si la gauche avait toujours été claire sur le sujet. Il n'y a que les imbéciles qui ne lâchent rien changent pas d'avis, Christiane Taubira a soulevé des montagnes suffisantes à me convaincre qu'ils ont fini par comprendre. Ce n'est pas enfin comme si la France avait de l'avance ou encore la capacité à évoluer aussi dignement que les 13 pays qui l'ont précédée. Les propos de l'opposition, du même niveau de caniveau que les éructations des Frijides de la manif qui réunit la crème des homophobes conscients ou inconscients de ce pays, me confirment qu'on n'a pas le cul sorti des ronces de l'homophobie. Ce n'est pas encore aujourd'hui que je pourrais terminer ma rubrique citoyen de seconde zone, et après en avoir été un des acteurs à sa création j'ai renouvelé mon adhésion à SOS Homophobie.

En attendant que cette loi atteigne tous les territoires de la République, je me réjouis de cette étape et des perspectives qu'elle ouvre pour faire reculer l'obscurantisme et l'intolérance dans ce pays. C'est un jour à marquer d'une pierre blanche.

P.S. ce jour est même pour moi à marquer d'une double pierre blanche, mais ce sera l'objet d'une autre billet. :-)

(*) 404 Homophobia Not Found! (Je revendique la formule ;-)

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Mes amis sont formidables, ils savent qu'un GIF animé suffit à ma félicité(*). Et ils sont trop beaux pour que je les garde pour moi.

De mes amis de Paris-Web (qui couve en son sein une confraternité du GIF animé de la mort qui tue que je vous dit pas) :

Une bande de chat ayant indéniablement fait un peu trop la fête

Nounours souriant installé dans une basket rouge t'apportant un bouquet de ballons scintillants pour te souhaite un bon anniversaire

Et de l'ami Laurent :

Happy Birthday avec des ballons, le tout dans une orgie de couleurs scintillantes

Et avec ce temps neigeux, j'ai aussi eu droit à une tweetavalanche grâce à mon homme. <3 sur vous.

P.S. et un retardataire :

Un bien beau jeune homme

(*) Félicité déjà très largement comblée par le présent séjour à Tignes et une orgie de neige (scintillante elle aussi), chose encore fort rare en Nouvelle-Calédonie malgré nos efforts émérites pour bousiller le climat.

Un repas de fête

Un repas de réveillon improvisé et entièrement fait maison, à quatre mains :

En apéritif, des bretzels (graines de pavot, sésame et mélange de graines diverses) :

Pretzels

C'est la première fois que je fais des bretzels. Et du coup j'ai compris d'où venait ce goût particulier de la croute : la trempette au bicarbonate de sodium avant le passage au four (sinon ils ne dorent pas).

Entrée, wontons aux crevettes (crevettes, coriandre, 5 épices, sauce de poisson, pâte à wonton) et sauce aigre-douce (gingembre, ail, échalote, tomate, huile, vinaigre, sucre) :

Wontons aux crevettes, avant cuisson

Au dessus avant cuisson, ci-dessous après friture :

Wontons aux crevettes sauce aigre-douce

Plat, cubes de thon marinés au soyo et coriandre roulés dans des graines de sésame grillées, salade thaï (papaye, choux, carotte, échalote, oignon, haricots verts, tomates, cacahuètes concassées, sauce citron, nuoc mam, sucre roux), salade de crevettes au lait de coco (fait avec de la coco fraîche) et salade de crevettes au soyo.

Salade thaï, crevettes soyo et lait de coco, thon mariné

Dessert, coco fraîche :

noix de coco

Trois noix de coco, ramassées le jour même sur le trottoir d'en face, contenant pas loin d'un litre de jus. Autant le parfum artificiel de noix de coco me donne des hauts-le-cœur (un vieux traumatisme d'enfance, merci la pâtisserie industrielle), autant j'aime la noix de coco fraîche.

Nous avons terminé sur un sorbet minute ananas-basilic (pas de photo).

Nous avions aussi préparé une seconde entrée, foie gras au curry et whisky et du pain brioché (maison, évidemment) :

Foie gas de canard au curry et whisky, pain brioché

Mais au milieu de toutes ces agapes, nous l'avons oublié. Partie remise au lendemain.

Les têtes de crevettes serviront pour une bisque ce soir.

L'indifférence est pire que la haine. En particulier l'indifférence de cette fameuse catin qu'on appelle « opinion publique ».

L'avantage des opinions anti-mariage pour tous est qu'elles sont pour la plupart véhiculées par une minorité d'allumés[1] fanatiques. On les connaît, elles sont les mêmes que contre le PaCS et avant ça contre toutes les avancées sociales (dépénalisation de l'homosexualité, contraception, droit de vote des femmes et j'en passe) et elles sont aussi bas du front que leurs auteurs. Il faut connaître ses ennemis, et en la matière j'ai l'impression que nous les connaissons mieux qu'ils ne nous connaissent ; ils sont tellement prévisibles avec leur prêt-à-penser.

Ce qui me fait grincer en ce moment, ce sont plutôt les indifférents. En particulier les indifférents vocaux. Ceux qui n'ont pas d'opinion ou, pire, qui ont peur d'être obligé d'en avoir une un jour[2] et tiennent absolument à intervenir dans le débat pour dire qu'ils ne sont ni pour ni contre[3]. Ce faisant, ils freinent ou polluent le débat, donc l'avancée des choses.
À ceux-là, j'ai juste envie de dire : fermez-là ! Quand on n'a pas d'opinion sur un sujet, on n'en discute pas et on passe à autre chose. Si vous n'êtes pas capable de connecter deux neurones pour décider si rendre une partie de la population un peu moins inégale que l'autre — une simple question d'égalité en somme — représente (ou non) une avancée pour la société et pas juste votre petite pomme, la société n'a pas besoin de votre indifférence. Vous êtes le lest dont tous les politiques sans courage se servent pour maintenir le status quo. Intervenir pour, effectivement, ralentir ou geler une réflexion sans l'enrichir en quoi que ce soit, c'est déjà exprimer une forme de dissonance cognitive sinon une opinion. Mieux vaut la fermer et passer pour un imbécile, que l'ouvrir et prouver qu'on en est un.

Alors si vous êtes pour le mariage pour tous, ou que vous n'avez rien contre, allez montrer votre nez dehors à l'une des manifestations de soutien. Certes ce sera moins rigolo que d'aller voir la Gay Pride en touriste, mais ce sera infiniment plus utile et ça ne vous prendra que quelques instants. Nous, nous avons dû battre le pavé pendant des décennies pour en arriver là. Et contre les haineux virulents et les indifférents poids-mort, je crains qu'on n'ait pas terminé de sitôt.

Et puis si vous ne le faites pas pour vos concitoyens qui n'ont pas ce droit, faites-le pour vous. Ceux qui m’aiment prendront la marche.


  1. Ce qui est fascinant chez les illuminés c'est qu'ils n'ont jamais la lumière dans toutes les pièces.
  2. Je me demande sérieusement s'il n'existe pas une fraction de mes congénères homos qui, plus ou moins consciemment, rejettent l'idée d'avoir un jour à être confronté à la question « veux-tu m'épouser ? » et que c'est la seule raison, parfaitement égoïste, qui les pousse à s'opposer au mariage pour tous. C'est tellement plus facile de ne pas avoir à se poser de question.
  3. Vous allez me dire que s'ils ont peur d'avoir à se prononcer ils devraient logiquement s'exprimer contre. Mais je pense qu'il existe des gens qui, par peur de se faire traiter d'homophobe (il y a matière à développer mais ce billet est déjà trop long), préfèrent esquiver en prétendant n'être ni pour ni contre.
Hier matin, un homme bien ne s’est pas réveillé.

Un hommage sans filtre à un François, par celui grâce à qui j'ai eu le plaisir de faire sa connaissance à ces Paris Carnet si plaisants.

Dans mon esprit, intacts, son sourire et sa voix. Des larmes de peine et une pensée un peu rageuse à cause du mot virtuel que je hais tant lorsqu'il utilisé à tort et à travers, avant même que je ne lise cette lettre à Paco. Un deuil de notre blogosphère, virtuels ni l'un ni l'autre.

Bises à Luce et Louise, il y a des gens partout sur la Toile qui pensent à vous.

Ce qu’il faut pour être heureux

Il faut penser ; sans quoi l’homme devient,
Malgré son âme, un vrai cheval de somme.
Il faut aimer ; c’est ce qui nous soutient ;
Sans rien aimer il est triste d’être homme.

Il faut avoir douce société,
Des gens savants, instruits, sans suffisance,
Et de plaisirs grande variété,
Sans quoi les jours sont plus longs qu’on ne pense.

Il faut avoir un ami, qu’en tout temps,
Pour son bonheur, on écoute, on consulte,
Qui puisse rendre à notre âme en tumulte,
Les maux moins vifs et les plaisirs plus grands.

Il faut le soir, un souper délectable,
Où l’on soit libre, où l’on goûte à propos,
Les mets exquis, les bons vins, les bons mots.
Et sans être ivre, il faut sortir de table.

Il faut, la nuit, tenir entre deux draps
Le tendre objet que notre coeur adore,
Le caresser, s’endormir dans ses bras,
Et le matin, recommencer encore.

Voltaire.

Voltaire dirait que je suis comblé.

(Piqué chez le jeune Matoo.)

À huit jours du second tour de l'élection présidentielle française 2012 (cuvée « Casse-toi pov’con ! »), je voudrais partager cet aperçu de la Nouvelle-Calédonie avec mes amis de métropole :

Et leur rappeler qu'être une république bananière n'est vivable que sous certaines latitudes ;-p.

(Hat tip à Annelise.)

Vendredi 21 avril au matin, heure de Nouméa, je lance l'application Radio France sur mon iPad pour écouter France Info, elle plante. Je la relance, tente de démarrer le direct, impossible. Un message d'erreur s'affiche pendant à peine une seconde, suggérant un problème réseau. Je n'y prête pas plus d'attention et vais consulter le reste des actualités en ligne.

Vers midi, dans la voiture, Eric me fait remarquer qu'il n'y a que de la musique sur France Inter et qu'on pourrait croire qu'ils sont en grève (il n'y a aucun message d'explication, du moins nous ne l'avons pas entendu). Une interview d'une huile de Radio France diffusée sur Calédonie 1ère vend la mèche : Radio France a décidé d'« expurger » ses contenus, pour reprendre le terme employé.

De fait, Radio France a bloqué tout accès à l'intégralité de ses contenus audiovisuels depuis l'Outre-mer, et ce dès jeudi en métropole. Soit techniquement 48h avant le scrutin en Nouvelle-Calédonie. Sur le web depuis l'outre-mer, l'accès à n'importe quelle ressource d'un site du groupe Radio France redirige vers http://horsligne.radiofrance.fr/franceinter/domtom.html avec le message suivant (copie d'écran pour mémoire) :

L'accès au site est momentanément suspendu.

En effet, en raison des décalages horaires entre la métropole et les territoires d'outre-mer et afin de respecter la liberté du suffrage et la sincérité du scrutin, le Conseil supérieur de l'audiovisuel recommande d'adapter la période de réserve (article L. 49 du code électoral) dans les territoires concernés et rappelle l'interdiction de la diffusion d'estimations ou de résultats avant 20 heures, heure de Paris (article L. 52-2 du code électoral).

Il y a plusieurs choses qui me paraissent problématiques ici.

D'abord, le CSA s'est contenté d'une recommandation et Radio France a pris une initiative en cavalier seul. À ma connaissance, les autres médias français sont restés parfaitement accessibles. J'ai pu tranquillement consulter un dernier sondage publié par Le Monde au petit-déjeuner ce matin, et n'ai rencontré aucune difficulté liée à ma localisation.

Ensuite, la période de réserve démarre la veille du scrutin (cf. la loi didactiquement expliquée par mon avocat préféré). Couper tout accès 48 heures à l'avance me semble franchement relever de l'excès de zèle. La coupure a été exercée dès jeudi en soirée en métropole, visible dès le vendredi en Nouvelle-Calédonie (GMT+11), donc peut-être encore plus importante pour les territoires dont le fuseau horaire est « derrière » celui de la métropole (GMT+2). J'aimerais savoir si la coupure a été modulée en fonction des fuseaux horaires et si[P.S. 3] elle a été appliquée d'un coup pour tout le monde.

Enfin, nulle part la recommandation du CSA, et encore moins la loi, n'impose une censure sur les contenus déjà publiés avant la clôture de la campagne ou qui n'ont aucun rapport avec l'élection. Or la décision de Radio France consiste en la privation d'accès à l'intégralité de ses contenus sur tous les médias. On peut estimer que priver des centaines de milliers de personnes d'une pareille somme de contenus n'est pas juste d'une stupidité sans nom, c'est de la censure bête et méchante.

Par ailleurs je suis particulièrement curieux de savoir comment sont traités nos compatriotes résidant en métropole. Sont-ils, comme nous en Outre-mer et suivant les mêmes règles, privés de tout Radio France depuis vendredi minuit ? Si tel n'est pas le cas, alors je pourrai ajouter un autre motif de considérer qu'on nous prend pour des cons. À côté de ça, les débats sur l'obsolescence de la publication de sondages avant le scrutin paraissent ridicules.

Si je suis la bonne méthode du rasoir d'Ockham, cette décision de censure ressemble fort à une idée avortée un matin en se rasant par une huile de Radio France et exécutée, paresseusement et sans réfléchir, au niveau le plus bas : les tuyaux.

« — Faites quelque chose avec cette recommandation du CSA.

— Ça va être compliqué…
— Pas mon problème. Laissez tomber, je vais demander à la technique de tout couper, comme ça on est tranquilles. »

P.S. samedi 16h GMT+11, la radio est revenue, j'ai pu écouter le début du journal de 7h de France Inter, également accessible depuis l'application iOS. Mais les sites web sont toujours bloqués.

P.S. 2 :


  • On me souffle dans l'oreillette que ce n'est pas une recommandation mais qu'on (qui ?) l'a imposé à Radio France. Ce n'est donc pas de l'auto-censure.

  • Sauf erreur de ma part, un tel ban n'a pas eu lieu sur les sites de France Télévisions. Si l'obligation concerne tous les médias audiovisuels, pourquoi Radio France et pas France Télévisions ?

  • @Maitre_Eolas fait remarquer que le CSA réussit à imposer la violation de ses propres règles, puisque les candidats qui ont eu le malheur de passer à l'antenne vendredi soir n'ont pas pu être entendus par une partie de la population. Ils sont donc lésés (et nous aussi).

P.S. 3 : En fait c'est logique, puisque les DOM-TOM situés "après" le fuseau métropolitain votent ce samedi. J'avais oublié ce détail. Le grief du ban sans discernement pour les territoires qui eux votent dimanche (comme la NC) demeure.

Steve Jobs

Steve Jobs tribute

« Me rappeler que je serai mort bientôt a été l'instrument le plus important qu'il m'ait été donné pour m'aider à faire les choix clés dans ma vie. Parce que presque tout — les attentes des autres, toute fierté, toute peur de la gêne ou de l'échec — tout ça n'est rien face à la mort qui ne laisse que ce qui compte vraiment. Vous rappeler que vous allez mourir est le meilleur moyen d'éviter le piège de croire que vous avez quelque chose à perdre. Vous êtes déjà nus. Il n'y a aucune raison de ne pas suivre votre cœur. » — Steve Jobs

Steve Jobs était têtu, mais moins que les statistiques du cancer du pancréas. Il s'est éteint à 56 ans, au sommet d'une carrière extraordinaire et bien trop courte, après s'être battu jusqu'au dernier moment.

À travers Apple, il aura marqué ma vie professionnelle plus que quiconque dans toute l'industrie technologique. Je ne suis pas juste un fanboy Apple depuis 1985, lorsque que j'ai enfin pu toucher puis acheter un Mac en France, j'ai eu la chance de connaître Apple de l'intérieur et de partager avec des gens extraordinaires une vision d'une informatique humaine, faite pour « le reste d'entre nous », qui est radicalement différente de celle qui s'est majoritairement imposée en entreprise.

Mon premier contact avec Apple précède mon coup de foudre pour le MacIntosh. Parmi nos voisins directs à Orsay, se trouvait Giancarlo Zanni, PDG d'Apple France à l'époque. Je jouais avec ses filles, mes frères eurent la chance de décrocher un stage d'été chez Apple. À 14 ans j'étais déjà accroc à l'informatique, mais j'étais trop jeune pour travailler.

Bien des années plus tard, en 1997, au détour d'une reconversion professionnelle qui m'a finalement permis de me concentrer sur mes premières amours technologiques, j'ai décroché un stage chez Apple Europe, puis Apple comme client lorsque je me suis mis à mon compte pour la première fois. Steve Jobs venait tout juste de revenir (de se faire payer pour racheter Apple, blaguait-on à moitié à l'époque) et Apple avait alors un catalogue produit comprenant 15000 références. Il est peu dire qu'il a réussi à remettre sur ses rails une entreprise au bord de la faillite et qui était la risée de toute l'industrie informatique à l'époque. Dire que ladite industrie et bien d'autres encore rigolent beaucoup moins d'Apple aujourd'hui est un doux euphémisme.

J'ai eu la chance de voir Steve Jobs en personne plusieurs fois sur scène, à Paris, à Cupertino, à San Francisco ; une expérience plus agréable que les diffusions vidéos de ses keynotes. D'aucuns se moquent de son usage des superlatifs et de son « champ de distorsion de la réalité », il avait une présence hors pair et de l'or entre les mains : une vision et les moyens de la réaliser. Pour un Steve Jobs, combien y a-t-il de patrons avec le charisme d'une moule, qui manipulent les superlatifs pour vendre du vent parce qu'ils savent ce que fait l'entreprise qu'ils dirigent aussi bien qu'une poule sait quoi faire d'un couteau ?

Le marketing d'Apple reste un rêve mouillé pour bien des marketeux, qui ont parfois du mal à réaliser (ou à admettre) que la recette tient à des gens talentueux qui créent des produits uniques qui se vendent pratiquement tout seuls. La recette qu'il a imposée à son retour en 1997 de n'annoncer un produit qu'au moment de sa mise en vente, et surtout de concevoir des produits qui font « juste ce qu'il faut, bien comme il faut », tranche absolument avec les vieilles méthodes de ses concurrents : annonces fumeuses non suivies d'action et produits obèses, malades de la course à qui aura le plus de fonctionnalités affichées sur leur packaging (l'équivalent exact du concours de bite chez les geeks).

Depuis maintenant 25 ans tous mes ordinateurs personnels ont été fabriqués par Apple, et je n'ai plus jamais eu à dépendre d'un IBM ni d'un Microsoft. Tout me porte à croire que cela va continuer encore longtemps, vus les derniers développements dans l'informatique personnelle et les choix que font les individus quand ils ont la liberté de choisir leur équipement. C'est la seconde fois qu'Apple roule sans Steve Jobs, définitivement cette fois, mais contrairement à l'ère Sculley-Amelio, l'entreprise a su s'y préparer et s'armer comme jamais elle ne l'a été.

J'ai lu ici ou là l'étonnement de certains face aux réactions qui ont eu lieu de par le monde à l'annonce du décès de Steve Jobs. Ne pas comprendre que ces manifestations publiques individuelles sont le signe évident qu'il a marqué son époque indique pour moi leur incompréhension ou leur ignorance.

J'ai beau être confiant professionnellement en ce qu'Apple prépare pour la suite, je suis personnellement triste de la mort de Steve Jobs, triste pour sa famille et sûrement un peu nostalgique d'une époque qui s'achève, d'une page tournée trop tôt et trop brutalement. Je ne vous demande pas de comprendre, juste de respecter cette tristesse.

Parmi ceux qui se sont exprimés, j'ai particulièrement aimé ce qu'ont écrit :

Aujourd'hui je me suis vu retirer mon passeport par la mairie de Nouméa pour une durée indéterminée (potentiellement plus d'un mois) le temps qu'on m'en délivre un nouveau. Je voulais juste un changement d'adresse, mais apparemment c'est trop compliqué d'apposer la nouvelle dans la case prévue à cet effet.

La raison invoquée est que trop de personnes « perdent » leur passeport entre le moment où elles en demandent un nouveau et celui où elles vont le retirer. Inutile de dire que je n'ai pas aimé le procédé, d'une part parce que punir tout le monde à cause du comportement de quelques uns est une mauvaise chose(*) mais surtout parce que je trouve insupportable ce genre de décision arbitraire prise par l'administration au mépris des libertés, ici celle d'aller et venir.

Je reproduis ci-dessous mon premier courriel au Haut-Commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie.

Monsieur le Haut-Commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie,

le 28 juillet 2011 à la mairie de Nouméa, lors d'une demande de changement d'adresse sur mon passeport, j'ai eu la surprise de me voir retirer celui-ci par l'agent municipal, le temps que le nouveau passeport soit confectionné (potentiellement plus d'un mois selon les délais locaux). L'agent a justifié ce retrait par un ordre de votre part, à cause d'un certain nombre de personnes ayant déclaré la perte de leur ancien passeport avant de retirer le nouveau.

L'agent m'a demandé pour quelle raison je souhaitais conserver mon passeport. Je lui ai indiqué que je pouvais être amené à voyager pour des raisons professionnelles (je suis chef d'entreprise et tous mes clients sont hors de la Nouvelle-Calédonie) mais plus simplement pour pouvoir jouir d'une liberté fondamentale de valeur constitutionnelle : celle d'aller et venir. L'agent a refusé ces arguments et m'a indiqué que je devrais présenter un billet d'avion en mairie pour pouvoir récupérer mon passeport.

Supposons un instant que je doive impérativement quitter le territoire en urgence alors que la mairie est fermée — par exemple l'on m'annonce la mort d'un proche un vendredi après-midi et je dois prendre le premier vol en partance — comment puis-je récupérer mon passeport pour partir dans les 24 heures ? Outre que je trouve inadmissible d'avoir à justifier mon droit à voyager, dans les faits, cette pratique limite ma liberté d'aller et venir.

Je vous prie donc, M. le Haut-Commissaire, de me permettre de récupérer mon passeport ou de bien vouloir m'expliquer pour quelles raisons de sécurité nationale ou d'atteinte à l'ordre public il est nécessaire que j'en sois privé.

Dans l'attente de votre réponse, je vous prie d'agréer, M. le Haut-Commissaire, l'expression de mes respectueuses salutations.

François Nonnenmacher.

Note :
(*) Ça n'a aucune valeur pédagogique. Et au contraire, un ami qui vient de lire ce billet me dit que si c'est comme ça, il fera « comme tout le monde » une déclaration de perte pour conserver son ancien passeport. Vous avez dit contre-productif ?

P.S. [2 août 2011] J'ai rencontré hier une nouvelle personne qui était au courant de la pratique et m'a dit déclarer systématiquement son passeport volé quand elle en a besoin d'un nouveau, précisément pour garder l'ancien et pouvoir voyager sans avoir à s'emmerder avec cette procédure stupide. Preuve de son caractère contre-productif.

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