Geoportail, portes fermées

Votre serviteur a réussi hier à passer une étape importante sur Geoportail, le "Google Earth / Google Maps killer" de l'IGN (pouf pouf). En effet, au lieu de rien à la première tentative, un message d'indisponibilité à la seconde, hier j'ai vu mon navigateur suivre deux redirections web, charger laborieusement je ne sais combien d'images et de scripts pour finalement se figer complètement au bout de plusieurs minutes d'agonie.

Louis Naugés a publié deux billets intéressants : GeoPortail vs Google Earth, deux visions des Systèmes d’Information, ainsi qu'une suite, cinq jours après le lancement.

Daniel Glazman, quant à lui, enfonce le clou sur Geoportail.fr, une histoire française... J'aime beaucoup le commentaire d'Erwan chez Daniel : "Hé hé ... il faut voir la solution qui va être proposée pour désengorger le site : un tableau d'affluence. Si si ! Comme à la poste et à la sécu. Nous, en France on a tout compris à la répartition de charge."

Puisqu'on (l'IGN apparemment) nous parle beaucoup d'argent public pour justifier le fait qu'il ne fallait pas surdimensionner les serveurs pour le lancement j'aimerais savoir s'il est possible d'avoir un audit technique sur l'architecture de ce machin, histoire de voir comment le dimensionnement tout court et la montée en charge ont été pensés. J'aimerais aussi qu'on m'explique la logique qui voudrait qu'on sous-dimensionne un lancement fortement médiatisé d'un service qui, en toute logique, devrait attirer de plus en plus de monde après sa sortie (moi j'aurais tendance à penser que si c'est aussi bien qu'on le dit, ça devrait attirer encore plus de monde en utilisation courante d'ici un an, donc qu'est-ce qui est prévu pour accompagner une montée en charge ?).

Tout ceci fait évidemment bien rigoler nos amis américains, comme Arstechnica : Vive La Différence! French mapping service presented, but underpowered et qui conclue par un trait d'humour noir : "If the French are trying to tell us that America can lay off its cultural imperialism now, they're certainly doing it with a certain je ne sais quoi."

Décidemment, après l'INA et ses archives, et le Ministère des finances et la télédéclaration, on n'apprend pas vite les leçons des expériences passées dans ce pays.

4 commentaires

François, j'ai essayé une dizaine de fois avec un égal taux d'échec. Pour une fois, voilà un ensemble foireux de prises de décisions qu'il sera impossible de masquer et de passer à la trappe. Mais, rassurez-vous, sur d'autres projets, c'est le même souk sauf que cela ne se verra pas…!

Ce n'est pas que je suis têtu, mais j'ai fait à l'ouverture un billet qui malheureusement se vérifie, sur le marketing désastreux de ce site et sa communication surprometteuse. C'est dispo ici : http://www.nauconsultants.com/blog/index.php?2006/06/25/214-site-d-etat

Faire tant de tapage autour de ce service avec un système sous-équipé... Pas futé, l'IGN. Au moins, avec la déclaration en ligne, la DGI a appris, dans la douleur... Cette année, les choses se sont passées plutôt bien, même.

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