Ici vous êtes chez moi

Bénédicte Desforges a quelques trucs à expliquer à ceux qui confondent blogs et forums :

Quel genre de "règle" ou de "convivialité" m’obligerait donc, sous couvert d’une supposée liberté d’expression due à chacun, à publier ici n’importe quelle remarque imbécile sans y répondre comme je l’entends ? La net-étiquette, les fâcheux peuvent se la carrer où je pense. Et leurs petits cris de protestation et autres diffamations peuvent prendre profondément le même chemin. Le registre agressif dans les réponses que je leur formule leur sied parfaitement, et je ne m’en priverai pas si je leur laisse la parole. La dictature de l’expression des opinions débiles ou bêtifiantes qui veulent exister au même rang que les authentiques argumentations, je m’en tape. Ici, la dictature dominante est celle du choix de ma non-indulgence. Ou intolérance, si vous préférez. Je n’ai pas envie - ici - de tolérer ce qui m’insupporte. Même si la tendance veut que les cons bruyants aient le même temps de parole que les discrets cérébraux, dans un espace phagocyté par des abrutis vaniteux. Internet est une illusion de débat. Il ne s’y passe pas grand-chose de conséquent hormis une hallucinante dépense d’énergie et de temps, à la manière d’un grand jeu de société. Pendant ce temps, le monde tourne…

J'ai toujours professé qu'un blog n'est pas un forum, c'est une propriété privée. Votre blog, c'est chez vous. Ce n'est pas parce que vous laissez la porte ouverte volontairement pour que des inconnus puisse venir regarder, que ça leur donne le droit de vomir sur la moquette. Mon conseil aux blogueurs a toujours été du simple bon sens, quand on ne nettoie pas les tâches sur une moquette rapidement, elles restent et souvent même elles s'étendent.

Après, si vous voulez cultiver le troll, libre à vous. Mais ça demande un vivarium et du talent ;-).

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A propos depuis François Nonnenmacher (FR) sur 28 septembre 2009 21h13

13 commentaires

Bah, un forum comme n'importe quel site web est _aussi_ un espace privé. Son propriétaire y fait absolument ce qu'il veut. En général il prend beaucoup de recul et laisse une grande liberté à l'intérieur d'un règlement qui s'applique à tous (en clair les cons peuvent parler si ils sont polis) mais ce n'est qu'en général, pas une règle absolue.

Continuons dans la sémantique du « Ici, c'est chez moi » : lorsqu'on est vraiment chez soi, dans sa maison ou dans son appartement, comment fait-on pour ne pas être importuné par des gens mal intentionnés ? Oui, on met une porte et parfois même, on la ferme à clef. Et on ouvre pas à un inconnus avoir discuté un minimum au préalable.

À l'inverse, un cafetier ne travaille pas chez lui et il sait qu'il aura quotidiennement son client bourré, son lourdeau qui va blablater pendant 2 heures, son mauvais payeur, son agressif du jour, son chipoteur de service. Il a toujours la possibilité de fermer à clé la porte de son café (comme il le fait lorsqu'il est chez lui), mais en général, ça ne l'arrange pas.

Un blog ne peut pas être « chez soi ». Benedicte s'est trompée d'outil de publication.
(Et puis pour petre franc, ce côté « ici c'est chez moi », outre le fait de me rappeler quelques slogans qui couteraient le point Godwin, m'a toujours agacé sur les blogs.)

Le blog est certes un espace encore plus privé que le forum.
Ceci dit le forum a un propriétaire, que nul ne pourra attaquer s'il supprime un message. De même, il a des modérateurs.
Et même pire, dans un cas comme dans l'autre, ils peuvent être menacés, voir menés en justice s'il laissent s'imprimer des propos que certains trouveraient offensant.
La ou la comparaison avec le café peut être faite est que s'il censure trop, ou ferme la porte, le propriétaire peut voir le trafic (et peut être le revenu qui va avec) de son forum diminuer, les visiteurs passant leur chemin.

Du Bénédicte pur sucre. Un régal.
Espace de publication peut-être mais pas public pour autant. Nous n'entretenons pas de rapport commercial avec les gens qui nous lisent ou pas, nous n'avons pas réellement besoin les uns des autres, juste l'envie d'échanger et pas de vocation à implémenter la liberté d'expression de tout-un-chacun, liberté d'expression dont l'éditeur du blog est d'ailleurs responsable aux yeux de la loi.
Alors oui, espace privé, et même si j'ai envie d'inviter chez moi 50 personnes tous les jours, je n'ai pas pour autant envie qu'on vomisse sur ma moquette.

« Alors oui, espace privé, et même si j'ai envie d'inviter chez moi 50 personnes tous les jours, je n'ai pas pour autant envie qu'on vomisse sur ma moquette. » (Eric)

Certes, mais c'est un peu le risque à prendre lorsqu'on souhaite inviter 50 personnes tous les jours. À mon avis, le côté « je veux 100 % de commentaires 'constructifs' » est un peu illusoire lorsqu'on décide publier sur un blog. Bénédicte pourra toujours perdre du temps et de l'énergie à supprimer ou à s'enrager sur des messages de trolls que ça ne changera pas grand chose à son affaire — ça risque même d'empirer sérieusement. Des outils et des plateformes existent, qui permettent de sélectionner dès le départ les gens auprès desquels ont souhaite publier.

Merci François :) et merci d'avoir compris le sens de ce coup de gueule.
En fait, je dégage très peu de commentaires. Mais ayant - par exemple - donné un point de vue perso sur la burqa, j'ai vu rappliquer tout un tas de féministes totalitaires sans autres arguments que l'injure, des racistes de tout crin, etc, et j'ai du faire un brin de ménage malgré de grands cris comme quoi je n'étais qu'une immonde dictatrice portant atteinte à la liberté d'expression du peuple libre d'internet. Tu penses bien que je n'ai aucune raison de publier des insultes dirigées vers moi ou des propos violemment islamophobes.. faut pas que déconner, hein.
Chez toi, les gens ont de la tenue et une répartie intelligente. Pas toujours chez moi. Sur une histoire (de flic) racontant un fait de pédophilie, au bout de qlq commentaires, le mec était déjà pendu par les couilles et la peine de mort rétablie. Tu parles d'une discussion constructive... Du coup, les histoires de flics sont sans commentaires, parce que si j'évite moi-même, y compris à chaud, de porter des jugements de valeur et d'énoncer des condamnations, je ne vois pas au nom de quoi des haineux anonymes viendraient s'épancher sur ce qui est de l'ordre du récit, et un exercice d'écriture pour moi. Qu'ils fassent comme nous, un blog, et qu'ils développent leur pensée avec des vraies phrases et pas des onomatopées ou des vagissements.
Ma liberté sur mon blog, c'est aussi d'ouvrir les commentaires où et quand je veux, puisque l'option existe.
Bizoux chez toi :)

Pour moi un blogue c'est comme un restaurant : un lieu ouvert au public, mais géré par une personne privée.

Qui doit donc recevoir tout le monde*, mais peut virer sans état d'âme tout convive qui insulte les autres, pi.se dans la soupière ou crache sur le patron.

* Sauf si ce blogue est à accès privé.

Si j'avais un blogue, je pratiquerais la modération a priori.

Je n'aurais pas beaucoup de commentateurs ? Pas grave, il vaut mieux sortir seul que mal accompagné.

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