Marcher dans Paris

Je suis arrivé à Paris il y a une semaine, pour ma traditionnelle piqûre de béton et de gasoil. Il m'aura fallu ce temps pour m'adapter à la température glaciale du pôle Nord et passer plus d'une demi-heure dehors sans trembler comme une feuille. Avec presque 16°C aujourd'hui, et trois couches de vêtements, c'était tout à fait supportable (je suis un frileux tropicalisé et, depuis que j'ai déménagé à Nouméa, j'ai froid en dessous de 24°C).

J'aime marcher dans Paris. Ça me manque. Je n'ai pas ce plaisir dans les rues de Nouméa, qui sont délabrées et dont le centre ville est une honte absolue pour une capitale qui prétend recevoir des touristes (la nouvelle municipalité semble avoir pris la mesure du problème, mais elle revient de loin et tout est à (re)faire).

J'aime marcher le nez en l'air, sur les façades, comme le touriste que je suis maintenant dans ma propre ville. Observer les parisiens, comme si je n'en étais pas un. Découvrir les nouveautés, les magasins qui ont fermé, les nouveaux arrivants comme ce magasin mystérieux qui, alors qu'il n'est pas encore ouvert, a levé un store que j'ai connu fermé pendant 17 ans. Et noter tous ces commerces de quartier, que je connais depuis un quart de siècle, et qui tiennent malgré vents et marées. Ma ville et ses petits villages changent subtilement, et je perçois ces changements bien mieux depuis que je n'y viens qu'une ou deux fois par an.

Dans le Marais, l'enseigne Uniqlo attire mon regard. Ils sont là depuis quatre ans mais je ne l'avais jamais remarqué (j'ai découvert la marque récemment au Japon). J'entre pour comparer les prix (c'est moins cher à l'aéroport ou au Japon) et je découvre La Société des cendres au sous-sol du magasin. Le capitalisme moderne a parfois de bonnes idées.

Et là, au bout de la rue, un tatanier en fleurs !

Tatanier en fleurs, Paris le Marais

Je rigole in petto, en me disant que si cette espèce endémique en Nouvelle-Calédonie pousse ici, le réchauffement climatique est bien en marche. :p

Passage traditionnel au Palais des Thés. Je tique sur leur marketing du thé « For Him, For Her » avec Tour Eiffel et du bleu et du rouge pour bien renforcer les clichés. Je hais les théories marketing du genre.

Passage obligé au BHV qui semble en déménagement de rayons permanent et que, comme d'habitude, je ne reconnais pas. Leurs boutiques à façades noires de marques le long de la rue des Archives sont toujours aussi vides et toujours aussi peu aguichantes avec leurs videurs patibulaires déguisés en noir. La boutique Moncler est surréaliste, avec des vêtements en plastique style racaille, présentés comme des bijoux et vendus contre un bras et un rein par des mecs qui semblent tout droit sortis du Parrain.

À un moment j'ai versé une larme, de joie. J'étais juste content d'être là. Paris me manquait.

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