Blogueur d'entreprise
François Nonnenmacher
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Sur le blog de l'auteur

Petite Anglaise vs Dixon Wilson — Epilogue

L'affaire Petite Anglaise vs Dixon Wilson touche à sa fin, Dixon Wilson n'ayant pas fait appel du jugement rendu par le Conseil de Prud'hommes de Paris et réglé à Catherine S. les sommes auxquelles le cabinet a été condamné. Maître Eolas récapitule l'affaire, en rappelant à juste titre que l'employeur a choisi de ne pas continuer à alimenter un feu, en termes d'image, qu'il a contribué lui-même à allumer :

A mon avis, Dixon Wilson a raison d'agir ainsi. Cette affaire risque fort de lui coûter cher en termes d'image (faites une recherche Google sur Dixon Wilson et vous comprendrez ce que je veux dire), alors qu'il s'agit d'un licenciement qui reposait sur un emballement de l'employeur et la susceptibilité froissée d'un associé et non sur une faute de la salariée. Faute d'avoir transigé dès le début, il aura fallu un rappel à l'ordre sérieux du Conseil de prud'hommes pour que la raison reprenne le pas sur la passion.

Je n'ai pas connaissance d'autre affaire équivalente en France ayant été jugée devant les Prud'Hommes.

Du blogueur d’entreprise au point de bascule

Du blogueur d’entreprise au point de bascule :

Je viens de terminer l’excellent ouvrage de François Nonnenmacher, intitulé “Blogueur d’entreprise”, aux éditions d’Organisations. La dynamique des blogs m’intéresse hautement, et sa vision du blogging est d’autant plus captivante qu’elle se place bien au-delà de la technique, pour aborder ses valeurs (ouverture, authenticité, interactivité, spontanéité). Fort de son expérience chez Cap Gemini, on y apprend notamment que François Nonnenmacher a joué un rôle notable dans la refonte du site, en confiant le design à Douglas Bowman, un designer de San Francisco au talent incroyable.

Voilà un avis sur Blogueur d'entreprise qui me fait bien plaisir, et qui prouve qu'il y a des gens qui arrivent encore à se le procurer (ça dort du côté du boulevard Saint Germain :p) et en faire leur miel un an et demi après sa sortie.

A juste titre, Franck Letrouvé pointe vers le Point de bascule de Malcolm Gladwell (The Tipping Point en anglais), ouvrage qui m'a beaucoup inspiré pendant l'écriture du mien.

Conférence Cri'Ouest à Nantes le 22 mars 2007

J'aurais le plaisir d'intervenir à Nantes ce jeudi 22 mars à l'invitation du Cri Ouest, sur le thème « Web 2.0, le "Social Computing", du grand public à l'Entreprise » (voir le programme). S'il y a des lecteurs de ce blog ou de Blogueur d'entreprise, faites-moi signe ;-).

Quand un blog se transforme en forum

Le blog de DSK, laissé à l'abandon, tourne au vinaigre et nous offre un bel exemple de l'importance de la modération.

L'une des caractéristiques qui, pour moi, distinguent un blog d'un forum, est le rôle d'éditeur que peut jouer l'auteur du blog, à la fois sur les sujets abordés et sur la conduite des discussions. Sur un forum, tous les contributeurs sont à égalité. Après quelques années d'observation côte-à-côte, il ne faut pas être grand clair pour constater des différences majeures entre ces deux formats : des discussions moins nombreuses, plus courtes et plus policées sur les blogs quand elles sont nombreuses, (très, trop) longues et parfois (souvent) proches du pugilat sur les forums.

Au fil du temps, tout comme l'apparition des agrégateurs et des flux RSS m'a fait presque totalement abandonner l'usage des listes de distribution par courriel, la multiplication des blogs m'a permis de déserter sans regret ces forums, où le troll pullule à loisir et où l'information disparaît aussi vite que le savoir-vivre. Pour parler geek, le rapport signal/bruit des blogs est globalement meilleur que celui des forums, même si leur volume est nettement plus faible.

Ce dernier constat, cependant, n'est valable que si l'auteur du blog joue son rôle. DSK nous a offert, involontairement, la démonstration qu'un blog à fort trafic laissé à l'abandon peut se transformer rapidement en élevage de têtes de noeud, aussi bien qu'un forum. Chassez le naturel...

Moralité, si vous prévoyez d'arrêter un blog mais de le laisser en ligne, fermez les commentaires.

Une seconde leçon, que nous offre ce dernier billet sur le blog de DSK (billet et commentaires), est l'importance de clarifier les règles du débat et d'appliquer la modération en continu, sans relâche. Si on laisse les choses traîner, il peut devenir impossible de corriger le tir autrement qu'en effaçant tous les commentaires.

Au revoir Nanoblog

Cyril Fiévet ferme le Nanoblog qu'il tenait depuis juillet 2004. Pour beaucoup cette nouvelle n'évoquera rien. Pour d'autres qui se sont intéressé à l'histoire des blogs en France, Cyril est le co-auteur de Blog Story, le créateur de Pointblog, et comme le fait justement remarquer Houssein dans son hommage, celui qui bien avant LLM parlait des blogs dans les medias français.

Pour moi c'est quelqu'un avec qui j'ai eu des discussions passionnantes, même si nous n'étions pas toujours d'accord, justement parce que nous n'étions pas toujours d'accord. C'est aussi celui qui a eu l'idée d'une suite "pro" à Blog Story et qui m'a présenté à son éditeur, Joël Seguin, qui est devenu le mien pour Blogueur d'entreprise.

Cyril tourne la dernière page d'un blog, qui ne sera peut-être pas, j'espère, son dernier. Et la vie continue.

Et pour satisfaire ma future nostalgie et parce qu'il va supprimer tout ça le bougre, je garde cette fin en mémoire ici-même, in extenso. (Et tu pourrais quand même me répondre quand je t'appelle :p)

Comme vous avez pu le constater, cela fait plusieurs mois que ce blog n'est plus mis à jour et vous êtes nombreux à vous en inquiéter. Rassurez-vous, tout va bien, merci ! Je crois juste qu'il est temps pour moi de tourner une page.

En fait, je me suis rendu compte qu'il est difficile, sur un blog, de reprendre là où l'on s'était arrêté. On commence par une petite pause estivale, et puis on se laisse déborder par la vie (des choses à gérer, des boulots prenants, de nouvelles passions, de petits ennuis de santé...). On fait d'autres choses, on s'éloigne peu à peu de l'univers des blogs. Les mois passent, et avec eux l'envie de bloguer.

Aujourd'hui, j'avoue ne plus avoir ni le temps, ni l'énergie, ni la motivation de bloguer. Bien sûr, de temps à autre, notamment quand resurgissent les fantômes du passé ou apparaissent des sujets importants qui méritent qu'on se batte pour eux, l'envie de bloguer me démange à nouveau. Mais pas au point de repartir "à fond". A mon sens, bloguer doit avant tout être un plaisir et mon blog ne m'en procure plus, ou plus autant qu'avant.

J'arrête ce (nano)blog, donc. Cela ne veut pas dire que je ne bloguerai plus jamais, mais si je le fais, ce sera ailleurs ou sous une autre forme.

En tout cas, merci à toutes et tous de votre soutien et du temps que vous avez bien voulu accorder à mon modeste blog. Vous m'avez apporté beaucoup, vraiment beaucoup. Je conserve de cette expérience de nombreux souvenirs, bons et mauvais, marqués par de fréquents éclats de rire, beaucoup d'opinions et de débats passionnés, et quelques larmes. Via ou dans la blogosphère, j'ai rencontré d'innombrables talents, beaucoup de gens formidables, pas mal d'emmerdeurs et d'imbéciles, quelques amis, et un bel enfoiré. Tout cela fût assurément enrichissant ou, à tout le moins, instructif.

Merci encore. Ici s'achève ce blog. Et la vie continue ;-)

Blogueur d'entreprise, et après ?

Blogueur d'entreprise est sorti il y a maintenant un an, et au détour d'interviews récentes je me dis qu'il n'a pas trop mal vieilli. Evidemment les chiffres sont dépassés, et quelques exemples sont (heureusement pour certains) maintenant du domaine de l'histoire. Mais dans l'ensemble, les principes et les questions qui y sont posés restent d'actualité, et j'ai créé une catégorie blogueur d'entreprise sur ce blog pour compléter le livre après sa sortie. Je ne suis évidemment pas objectif et il faudrait que je le relise pour faire le tri.

J'ai donc envie de poser quelques questions à mes lecteurs, s'il en passe par ici :-). Vous avez lu Blogueur d'entreprise, et après ? En quoi vous a-t-il aidé et, a contrario, en quoi vous a-t-il laissé sur votre faim ? Voudriez-vous une suite et laquelle ? Et quel format vous conviendrait le mieux (livre, blog, PDF...) ?

Bien sûr j'ai quelques pistes, que je distille dans mes conférences*, mais ce ne serait pas du jeu de les dévoiler maintenant ;-).

(*) shameless plug, le padawan existe aussi en conférencier interactif (il répond même aux questions).

iPhone contre iPhone

Les blogs d'entreprises sont peut-être en passe de populariser une nouvelle tendance de la communication institutionnelle : le lavage de linge sale en public. La dernière histoire en date est le directeur juridique de Cisco, qui dénonce le détournement de la marque iPhone de Cisco par Apple.

En mettant de côté, pour l'instant, les mérites d'une telle action, la tactique de communication choisie par Cisco peut s'avérer être un bon choix, tant elle est aux antipodes des habitudes d'Apple et de Steve Jobs en particulier, dont la culture du secret et du contrôle absolu de la communication est bien connue. Il va être intéressant d'observer la suite, ne serait-ce qu'en matière de gestion de la communication institutionnelle. Mon seul pari pour le moment est qu'aucun dirigeant d'Apple ne répondra sur son propre blog ;-).

D'une certaine manière, cette histoire me rappelle les attaques de Jonathan Schwartz de Sun contre Hewlett Packard, comme celle-ci qui avait déclenché une réponse juridique par lettre de la part d'HP. A mon avis, Sun avait gagné la bataille et s'était permis de nouvelles piques (Roland Piquepaille s'est même demandé s'il ne s'agissait pas d'une nouvelle forme de guerre). En fait je ne sais pas s'il s'agit d'une nouvelle mode, mais il me semble que ces dirigeants sont en train de tester une nouvelle méthode.

En aparté, mon sentiment personnel est que ça ne va pas être du gâteau pour Cisco. Je ne suis pas juriste mais je flaire quelques cailloux dans leurs chaussures. Il n'est pas suffisant de déposer une marque pour la protéger, elle doit être exploitée commercialement dans les cinq ans et défendue activement contre sa dilution. Dans le premier cas, de ce que je lis chez Cisco, il semble que la marque n'ai pas été exploitée commercialement entre son acquisition en 2000 et 2006 (je ne sais pas si elle avait été exploitée commercialement par son précédent propriétaire avant 2000). Pour la seconde condition, le nom iPhone a été largement utilisé publiquement pour décrire le futur téléphone d'Apple, utilisation qui n'a à ma connaissance pas provoqué d'objection officielle de la part de Cisco, qui aura du mal à démontrer une défense active de sa marque contre sa dilution* au profit d'Apple dans l'esprit du public. Ajoutons à cela le domaine iphone.com enregistré en 1995 et détenu par la société The Internet Phone Company ainsi que iphone.org enregistré par Apple en 1999 et qui revoit depuis longtemps sur apple.com. Donc, au contraire de Cisco, il devrait être facile pour Apple de prouver la confusion de la marque en démontrant que cette dernière évoque communément le téléphone d'Apple dans l'esprit du public (là Cisco pourrait arguer du préjudice de cette confusion, Apple de sa dilution, etc. Un cas non évident, et j'attends avec impatience qu'un juriste spécialisé en propriété intellectuelle donne son interprétation). Sinon, sur le motif de l'action juridique, pour connaître un petit peu Cisco, société exclusivement piloté par objectifs de résultats financiers, ce n'est qu'une pure histoire d'argent.

(*) Cette obligation de la législation sur le droit des marques est fréquemment ignorée ou mal comprise des zélotes du libre, à chaque fois qu'une entreprise est forcée de prendre une telle mesure pour prouver qu'elle défend activement l'une de ses marques, à défaut de quoi elle pourrait la perdre plus tard devant un tribunal, l'inaction pouvant être considérée comme une faute.

Il faut faire blog !

Une petite dernière, pour la route :

Tout ce que les médias taisent ou négligent tombe dans l'escarcelle des blogs. Ils le prennent et en font de la liberté, ils vont dans les marges et ne se poussent pas du col. Ils ne remplacent pas les médias, ils les narguent. Ils évoquent des riens mais disent tout. Ils sont de minuscules aiguillons et gagnent de petites victoires.

Il faut faire blog !

Philippe Bilger, Il faut faire blog !

Blog à part

David Abiker m'a fait l'honneur de sa chronique "blogs à part" ce matin sur France Inter. Comme il n'y a pas de permalien par chronique et que ce texte va probablement disparaître dans les méandres des archives du site de France Inter, j'espère qu'il ne m'en voudra pas d'en garder une copie ici pour ma revue de presse.

La chronique peut s'écouter ici. J'y parle d'un blog dont on a peu parlé : life on the pea harvest et pourquoi il est intéressant (j'ai l'impression qu'il est en sommeil, dommage).

Patrons, mettez vous au blog ! Ce matin David un bloggueur spécialisé dans les blogs d’entreprises… Non seulement François est spécialisé mais il trouve qu’il n’y a pas assez de blogs d’entreprise. Pourtant nous dit-il, le blog d’entreprise est un autre moyen de communication. Plus simple et plus authentique. En fait, François aimerait bien que les patrons se mettent au blog. Il y a quelques semaines il écrivait : « On demande un blog d’entreprise cotée au CAC 40, allo, il y a quelqu’un ? ». Et cette revendication a fait l’objet d’un débat très intéressant sur son blog visité par de nombreux internautes. « Si les patrons arrivent à trouver le ton juste, tant mieux mais si c’est pour le faire écrire par leur assistant non merci ! lance un visiteur dans le fil de discussion ». Et il y a Laurent qui ajoute « si c’est comme les hommes politiques, il faudra attendre la nouvelle génération ». Si les patrons hésitent à créer leur blog c’est qu’ils n’ont pas le temps ajoute un autre. Mais c’est aussi le cas des salariés qui eux n’ont pas le cran ou n’osent pas le faire à visage découvert. Ils ont leur raison : « Les blogs de salariés peuvent perturber l’autorité hiérarchique écrit François », c’est pour ça qu’il y en a peu. Pourtant poursuit-il, un employé qui bloggue ça peut mettre l’entreprise en valeur : « un employé respecté connu, ajoute au crédit de son employeur ». Au final en France on a assez peu de patrons qui blogguent. On consultera avec intérêt le Blog d’un patron de gauche, telle qu’il se présente lui-même. On ira aussi visiter le blog du directeur de l’assistance publique de Marseille avec ses 18 000 employés et puis on visitera le blog d’un maître tailleur, lui il est à son compte, et il raconte comment on fabrique un costume : « un savoir-faire particulier et rare de coupe, nécessitant au bas mot une quinzaine d’années de pratique ; un délai de réalisation important (d’un mois à 45 jours), trois essayages pour régler certains détails ». Ca c’est un patron qui doit tailler des costards à d’autres patrons, je pense qu’on reviendra sur ce blog dans blog à part, c’est sûr.

liens
Blogueur d'entreprise
Blog d'un patron de gauche autoproclamé
Le blog du DG
Le blog d'un maître tailleur (on en reparlera !)

Leçons de blog d'entreprise : bloguer à froid

Dans un précédent billet sur la spontanéité j'écrivais que :
- certaines personnes, à trop être spontanées, sont bien promptes à tirer dans le tas
- les blogueurs ont la capacité à mettre à jour leurs écrits et à s'amender (ce qui me semble relever de l'honnêteté intellectuelle)
- les blogeois ont l'habitude de donner des leçons aux autres (sans toujours aimer en recevoir)

De même dans mon billet sur la viralité du net et le droit à l'oubli je soulignais que :
- publier puis supprimer un billet est considéré comme un sacrilège par certains blogueurs (ici on l'appliquera également à un commentaire)
- le droit à l'oubli n'existe pas sur internet
- tenter de supprimer quelque chose de déjà publié peut souvent empirer une situation de damage control
- il suffit de patienter un peu pour que quelqu'un écrive ce que vous vouliez dire à votre place

Le feedback de la blogosphère sur la conférence Le Web 3 illustre admirablement bien ces points et nous offre quelques enseignements sur les mérites de bloguer à froid plutôt que dans la tempête.

Une précision tout d'abord, je n'ai pas assisté à la dite conférence, c'est justement en espérant trouver des comptes-rendus intéressants sur le web que j'ai assisté à ce véritable feuilleton bloguesque. Je voulais en tenter un petit décryptage (il suffit de tirer un tout petit peu la pelote et ça vient tout seul !) mais le feuilleton n'est pas encore terminé et devient un peu lassant. En réduction, j'ai observé ceci :

  • les avis négatifs sont pratiquement tous concentrés en tir groupé, les premiers, démarrant avant même la fin de la conférence, certains des plus virulents émanant même de gens n'ayant pas assisté à la conférence mais rebondissant et amplifiant ceux des autres (on notera, évidemment, champion dans la catégorie "mets-toi un doigt", l'inénarrable Ben Metcalfe, déjà primé dans la catégorie "ça craint" l'an dernier et futur candidat à la catégorie "je hurle avec les loups")
  • il aura fallu attendre 48 heures (soit une éternité en temps blogosphérique) que la poussière se dépose avant de commencer à y voir un peu plus clair avec les premiers billets positifs ou offrant des critiques constructives. Je fais le pari que, dans l'ensemble, les avis positifs sont plus nombreux mais dans la blogosphère, pas plus qu'ailleurs, on ne parle des trains qui arrivent à l'heure
  • Loïc Le Meur ne blogue pas pendant cinq jours (un laps de temps inconcevable pour ses lecteurs, ce qui déclenche une batterie de blagues sur son enlèvement ou sa mort supposés) mais met de l'huile sur le feu avec un commentaire impulsif et injurieux envers un blogueur de TechCrunch UK, déclenchant une cascade d'événements collatéraux dont un licenciement, une démission, et une impressionnante batterie d'attaques ad hominem (ça s'engueule jusque chez La Fraise, c'est dire l'ampleur du séisme)
  • outre le licenciement de Sam Sethi par le patron de TechCrunch, une polémique naît du changement d'agenda pour faire la place à trois hommes politiques (Shimon Peres, François Bayrou et Nicolas Sarkozy). Ces deux polémiques suffisent à occulter le reste du feedback sur la conférence (on parle de 1h30 sur 18h de programmes)
  • Le même LLM, après avoir sans aucun doute absorbé plus d'informations de toute part que jamais (blogs, emails, SMS, téléphone, oreilles qui sifflent...) s'est finalement fendu de deux notes fois deux langues (français, anglais), séparant (à raison à mon avis) les explications sur l'affaire Sam Sethi et la conférence

Cette histoire est une digne candidate pour un outil qu'il me semble avoir vu à l'Up Fing 06 qui cartographie la propagation par internet de ce genre d'événement (il me semble que c'était dans la plénière sur les frontières public/privé, le cas d'école était l'histoire de la femme aux crottes de chien — si une bonne âme s'en rappelle, je la remercie).

Ce que j'en retiens :

  • la retransmission en vidéo et les comptes-rendus sur le web, c'est génial, ça permet de suivre à distance et à son rythme, gratuitement. Rares sont les organisateurs de conférences payantes qui font cet effort, et encore moins en direct live, et il faut le saluer
  • a contrario, les couvertures de la presse 1.0 sont nulles (ne ratez pas les commentaires du journaliste de LCI sur l'AFP, c'est gratiné)
  • c'est l'une des plus grosses conférences de ce type organisées en France, et si je trouve qu'il serait déprimant de penser que LLM soit le seul à pouvoir organiser ça en France, il est indéniablement capable de le faire car... il le fait ! C'était sa troisième, il a fait des progrès à chaque fois, je pense que sa prochaine sera meilleure (avec de nouvelles erreurs, et c'est très bien comme ça !)
  • c'est effectivement la fin des conférences purement centrées sur les blogs et, surtout, sur les blogueurs. Bienvenue au web et à la diversité des gens qui s'y intéressent
  • rien de nouveau dans le marketing 1.0 : la présence de sponsors sur les panels, venant uniquement délivrer leur message commercial sans interactivité avec l'auditoire, gonfle toujours autant tout le monde (et pas que les blogueurs)
  • Orange se fait laminer sur l'accès à internet (il y a de quoi méditer sur le web 2.0 et l'incapacité, fin 2006 et pour un acteur dominant, à fournir un accès internet potable dans un lieu de conférences)
  • bien rares sont ceux qui avaient déjà une opinion de LLM et en ont changé par la suite. Je ne parle même pas de ceux qui n'ont que des préjugés à son égard, et qui sont souvent les plus virulents. Je dis ça, mais j'observe de loin le Loïc que je connais et rien de tout ça ne m'a ni étonné ni fait changer d'avis non plus ;-)
  • d'ailleurs pendant que j'y suis : Loïc, il faut que tu arrêtes de n'inviter que tes copains, je sais que tu en as beaucoup mais il faut élargir le cercle de tes amis ;-)
  • l'an dernier l'auditoire était trop hétérogène (deux camps : les geeks, les non-geeks et des panels pour les uns à l'exclusion des autres, la moitié de la salle étant toujours larguée). Avec 1000 personnes et le même problème, c'est pire. Un programme hétérogène et une audience hétérogène, ce n'est pas une bonne combinaison (ou alors il faut couper tout ça en sous-groupes)
  • que des politiques se soient déplacés devant ce type d'auditoire, c'est très bien, et c'est exceptionnel. Ca permet de les voir en situation dans un contexte qui nous est proche et de sentir ce qu'ils en comprennent (de pas grand chose à rien du tout pour les français, semble-t-il). On ne peut pas sans cesse leur casser du sucre sur le dos en prétendant qu'ils sont loin de nous, et hurler au complot quand ils viennent se présenter en personne ! J'ai vu plus d'autisme chez certains blogueurs que celui reproché, au hasard :p, à Nicolas Sarkozy. On en aura plus appris sur les politiques actuels et le web, qu'en écoutant un blogueur américain parler des élections états-uniennes et le web

Et la leçon la plus importante : parfois ça vaut vraiment le coup de tourner sa souris sept fois autour du bouton publier avant de cliquer dessus...

Je m'arrête là ou j'y passe une nouvelle nuit ! Une précision cependant pour ceux qui seraient tenté d'ajouter quelque chose : ce qui m'intéresse vraiment dans cette histoire c'est la dynamique du web dans ce genre de situation. Je trouve que la polémique qui entoure la conférence sus-citée en dit plus sur les aspects de chambre d'écho et de caisse de résonance de la blogosphère que sur la conférence ou son organisateur. J'apprécierais beaucoup que vous complétiez cette réflexion dans ce sens et n'utilisiez pas cet espace pour ajouter à la polémique ou, pire, aux attaques personnelles.

P.S. et une réaction amusante des collègues américains de LLM chez Six Apart, lue sur un article du Guardian :

Mena Trott: I don't think anyone thinks that as a company we're pushing a French political agenda. Loic's a very large personality, but we trust our team members and groups to act independently.

Andrew Anker: It's a bit like a case of “we don't mind what people say as long as they spell our names right”: we don't mind what people say, good or bad, as long as they're using our tools to do it.

Bloguez, il en restera toujours quelque chose :-)

P.S. 2 : au fait, à chaque fois que Nicolas Sarkozy va faire pipi, je reçois un document Word par courriel de Véronique Waché, son attaché de presse. Mais là, rien ! Bizarre...

De la viralité du net et du droit à l'oubli

Laurent Bazin, journaliste sur la chaîne iTélé, me donne l'occasion de revenir sur quelques particularismes du web en général et des blogs en particulier : la viralité et le droit à l'oubli.

Laurent Bazin a tout d'abord commis ce que d'aucuns considèrent comme un sacrilège sur un blog : publier puis supprimer un billet. Pour ma part je pense que chacun est libre de faire ce qu'il veut de ses écrits, et votre serviteur a déjà (rarement certes) caviardé un ou deux billets postés avant d'avoir tourné sept fois sa souris autour du bouton publier. Seulement voilà, mieux vaut être rapide, car ce que le web avale, le web recrache souvent, surtout quand il suspecte l'information censurée. J'ai vu l'histoire se développer, classiquement, dans mon agrégateur, et c'est finalement chez Pointblog que je retrouve le billet republié in extenso.

Etant allé vérifier les conditions de publication du blog de Laurent Bazin, j'ai failli faire remarquer à Gilles Klein de Pointblog que l'auteur publie ses contenus sans autorisation spéciale et qu'il a ainsi enfreint le droit d'auteur (copyright), en plus de ne pas avoir respecté la volonté de l'auteur. Mais Laurent Gloaguen dit la même chose, ce qui illustre au passage une autre règle méconnue des blogs pour les paresseux : patientez un peu et quelqu'un va écrire ce que vous vouliez dire à votre place ;-). Et la déontologie n'étouffe pas certains journalistes du Nouvel Obs, qui eux ne prennent même pas la peine, comme au moins Gilles Klein l'a fait, de rappeler le contexte (on est vraiment dans le copier-coller pressé, on se demande le rapport avec du journalisme). Blogonautes rapporte également cette histoire en publiant des extraits du billet supprimé.

La leçon de cette histoire est que la capacité virale du net se fait souvent au mépris total de règles basiques comme le droit ou la volonté des auteurs (ce dont, logiquement, profitent ceux qui s'en servent sciemment). Ceci vient renforcer un autre problème qui est que le droit à l'oubli n'existe pas sur internet. J'avais déjà évoqué ce problème en août 2004 à propos du mix des dimensions personnelles et professionnelles de mes publications ici même, et j'avais eu l'occasion d'en discuter avec David Weinberger en mars dernier. Quand on sait que plus aucun recruteur qui se respecte ne sélectionne sans chercher toute trace de publication concernant un candidat sur le web, il y a de quoi réfléchir à ce que seront les méthodes de recrutement lorsque les skyblogueurs viendront en masse remplacer les papy-boomers dans les cinq prochaines années.

On pourrait écrire des thèses sur l'intérêt du droit à l'oubli sur internet. Un indice de taille : il paraît qu'il existe déjà des sociétés spécialisées dans l'effacement de vos traces sur internet. D'ici à prétendre que ce moi numérique devient plus important que l'identité réelle, certains franchissent le pas.

Cette histoire aura au moins permis à Laurent Bazin de générer un joli buzz, et d'écrire sur les notions de censure (et plutôt deux fois qu'une) et du off journalistique. Nous, nous aurons eu une belle illustration de damage control lorsqu'on s'amuse imprudemment, les uns à publier, les autres à censurer a posteriori, sur la blogosphère.

(Et moi qui disait que dans la blogosphère, personne ne vous entend crier ;-).)

Ouvrez les portes du dialogue social sur l'intranet

A l'intérieur de l'entreprise, les internautes deviennent des intranautes. Cette transformation incroyable fait que nos dirigeants pensent qu'ils n'apportent rien à la communauté par ce biais, qu'ils communiquent de la même façon depuis 50 ans... L'entreprise se plaint des représentants du personnel mais n'aide pas à leur évolution, à la transformation du dialogue social dans l'entreprise et surtout à une redynamisation de la vie d'entreprise qui passe aussi par là.

Messieurs les DG et les DRH, vous avez tout à gagner en ouvrant les portes du Dialogue Social sur l'intranet. Si vous voulez des RP responsables, confrontez-les aux yeux des salariés qui vont auto réguler très rapidement ce nouveau champs politique.

Du web social à l'Intranet social ... Messieurs les DG et les DRH réagissez!!, un point de vue décapant de Xavier Aucompte (Responsable des Intranets - Groupe GROUPAMA) sur B-r-ent.

Ca me change des réactions paniquées ou horrifiées à chaque fois que je mentionnais les mots blogs et syndicats dans la même phrase. Ces réactions sont irrationnelles, elles empêchent une vraie réflexion sur ce sujet.

J'ajouterais cette hypothèse iconoclaste : l'expression libre des salariés dans les blogs d'entreprise, aussi bien de managers que de syndicats, pourrait être vus par ces derniers comme une façon de les contourner, donc comme une perte de leur pouvoir représentatif.

L'illusion du contrôle et de la sécurité

J'ai eu le plaisir d'intervenir hier lors d'un séminaire de responsables de communication interne d'un grand groupe industriel, pour présenter les outils, les usages et le jargon internet actuels, et parler de la communication en entreprise à l'ère de la publication personnelle. Deux des questions posées me donnent l'occasion d'un billet sur les peurs des directions générales par rapport aux nouveaux usages des TIC.

La première, est la peur d'une perte de contrôle de l'information. La formulation de la question était quelque chose comme "je n'aurais jamais le temps de tout contrôler". J'avais donné comme idée d'amélioration de l'annuaire classique d'entreprise, qui ne sert qu'à trouver des adresses et des numéros de téléphones, d'y ajouter les fonctionnalités d'un réseau social en permettant aux gens de compléter leur profil avec CV, compétences, liens, etc. Et mon interlocutrice d'exprimer sa crainte que tout le monde puisse raconter n'importe quoi, sans qu'elle puisse le vérifier.
Ma première réaction est que, effectivement, si l'on incite de plus en plus les collaborateurs à communiquer, le service communication n'aura pas les moyens de tout vérifier. Mais est-ce un problème, ou bien cette peur qui conduit à ne rien faire n'est pas en elle-même un plus grand problème, c'est-à-dire qu'elle paralyse tout le système ? Et malgré des canaux très balisés, j'ai eu droit à quelques exemples marquants de problèmes que rencontrent les communiquants : lavage de linge sale en public sur Boursorama, tracts disséminés aux salariés mais pas à la direction, montrant que tout système rigide se contourne, en général sous le manteau donc de manière encore plus difficile à contrôler. C'est un cercle vicieux.

Ce qui me donne la transition sur la seconde peur, la sécurité : "la direction de la sécurité n'autorisera jamais ces outils, trop dangereux, trop de risques de dissémination d'informations confidentielles", etc. Dans d'autres groupes où la sécurité est plus classiquement l'affaire de l'informatique, on pourra retrouver les mêmes arguments dans la bouche du DSI. Là j'ai une anecdote qui illustre très bien cette illusion, totale et néfaste, du contrôle absolu exercé par des gens qui sont en dehors du terrain.

Cette histoire se passe dans l'industrie du nucléaire, où l'on manipule des déchets radioactifs avec des procédures extrêmement lourdes pour des questions évidentes de sécurité des personnes. Les ouvriers chargés de transporter les "châteaux" de plomb remplis de matières fissiles doivent suivre une procédure très codifiée, qui fait que le simple déchargement d'un château du camion prend un temps considérable. Les ouvriers portent une tenue de protection et un badge dosimètre qui mesure la dose de rayonnements qu'ils ont reçue en service. La nature humaine étant ce qu'elle est, il est arrivé ce qui suit. Ne comprenant pas pourquoi les crânes d'œuf, qui leur expliquent en costard depuis leur bureau comment ils doivent décharger un camion, ont encore rajouté une énième étape à la longue liste de tâches, un gars dit aux autres "regardez, on saute ça et ça, hop, hop, on bascule le truc à la main en dix secondes et on a gagné une heure". Résultat, ils ont effectivement gagné un temps considérable mais leur dosimètre a pris une couleur qui déplait fortement au responsable sécurité, qui, n'ayant pas assisté à la scène, se dit "flûte, ma nouvelle procédure n'était pas assez fiable" et... en rajoute une couche ! C'est un cercle vicieux.

Ce schéma existe dans le monde des grandes entreprises aujourd'hui, c'est celui de la personne de terrain qui, excédée par le contraste entre ce qu'elle sait pouvoir faire chez elle avec internet et ce que son service informatique lui propose (ou lui interdit de faire !) sur son poste de travail, fini par "se débrouiller" toute seule en dehors du système d'information de l'entreprise.

Je pourrais en rajouter, comme le fait (ce cas est véridique) qu'un service informatique soit tout fier d'avoir imposé le cryptage et l'impossibilité d'imprimer des courriels, sans se rendre compte que tout le monde peut modifier un message sans que ça se voit avant de le retransmettre et qu'il suffit d'appuyer sur "ctrl-print screen" pour imprimer l'écran ! Ou qu'il est techniquement et psychologiquement plus facile de détourner une information circulant par courriel qu'une page web sécurisée sur l'intranet.

Je pourrais aussi rappeler qu'aux tous débuts du courrier électronique, certains trouvaient absolument impensable que n'importe qui puisse écrire à leur patron, en court-circuitant la hiérarchie ! Aujourd'hui on aurait plutôt tendance à se moquer de ces managers qui ne répondent jamais à leurs courriels.

Je pense que la clé est dans la compréhension d'un certain nombre de points essentiels :
- que la communication comme la sécurité ne sont pas le monopole de tel ou tel service, mais l'affaire de tous
- qu'il existe plusieurs types de communications et qu'il ne faut pas mélanger les genres, c'est-à-dire que la communication officielle, validée, en provenance du service communication (organisation formelle) a sa place et son utilité à côté de la communication de terrain (organisation informelle)1. Je soutiens même qu'il existe une véritable attente de la part du terrain pour une information officielle et validée, en particulier lors de périodes de changements ou de crises
- qu'il faut cesser de vivre dans l'illusion du contrôle total de l'information, ça n'existe pas
- qu'il faut bien analyser, dans les craintes, ce qui est valide de ce qui est irrationnel. Là chaque entreprise est différente, mais la peur irrationnelle est un paralysant très efficace pour tout le monde

Je pense qu'il y a beaucoup plus à gagner à favoriser une communication ouverte et visible de tous, avec une plus grande responsabilisation de chacun, que quelques canaux très balisés qui entrainent des détournements sous-terrains difficiles à repérer.

(1) Sur le sujet de l'organisation formelle vs l'organisation informelle, je vous renvoie à ma présentation : l'intranet social.

Recherche blog de patron

A peine entré, déjà sorti ? Le blog de Marc Simoncini, patron de Meetic, semble aux abonnés absents. Frilosité, prudence, regret, blog je t'aime moi non plus, indisponibilité, erreur de casting ou erreur technique ? Je ne sais pas.

On demande un blog de patron d'entreprise côtée en bourse en France... Allô ?

Blogs de patrons : Marc Simoncini

En parlant de cul :-p, me trompe-je ou le blog de Marc Simoncini est le premier blog d'un patron d'une société côtée en bourse en France ? Comme il l'écrit lui-même dans son premier billet :

Meetic étant une société publique il ne me sera pas possible sur ce blog de dévoiler une quelconque info sous embargo, d'apporter un commentaire quelconque sur notre cours de bourse ou notre stratégie...

Quand j'ai écrit la partie juridique de Blogueur d'entreprise, c'est Pierre Bilger qui avait attiré mon attention sur les contraintes de communication des sociétés côtées, une vraie contrainte que n'ont pas tous les autres patrons blogueurs. Et la contrainte peut-être plus subtile qu'il n'y paraît, car sur un blog ouvert aux commentaires, elle s'étend également aux commentaires de l'auteur, dont les silences pourraient être scrutés avec autant d'attention que les billets.

Marc Simoncini rejoint la clique des patrons blogueurs qui donnent des sueurs froides à leur service juridique, et c'est bien ! Sur ce sujet, Jonathan Schwartz, CEO de Sun, a même réussi à mettre son directeur juridique au blog (if you can't beat them, join them ;-)).

Blogs de patrons : pas pour tout le monde

Libération publiait aujourd'hui deux articles sur les patrons blogueurs : ces patrons qui sont regonflés à blog, et une interview de Michel Edouard Leclerc. Pointblog le note (sans liens), en passant un peu vite sur le routier du blog de patron qu'est MEL et en particulier ce passage :

C'est risqué de bloguer, pour un patron comme vous ?

Ce n'est pas sans risque. Tenir un blog, c'est rédiger, écrire, publier : il faut y mettre du sien. Ce qui expose à la critique. Normal : communiquer, c'est s'engager, c'est s'exposer. Sur le commerce équitable, par exemple, les gens d'Attac me sont tombés dessus, mais c'est leur problème.

Est-ce pour cette raison que les patrons français bloguent très peu ?

Beaucoup de patrons ne sont pas à l'aise avec l'écriture. C'est ce qui les bloque le plus. Ils sont également souvent d'une grande timidité et se refusent à prendre des positions publiques claires au nom de l'intérêt de leur entreprise. Moi, ça colle avec mon mode de fonctionnement.

MEL a le mérite de pointer une évidence, mais c'est un message qu'il n'est pas toujours évident de faire passer à tous les patrons qui se verraient bien en blogueur public :-P.

P.S. Libération et le monde vraiment caché des patrons blogueurs, où les teletubbies de Tubbydev enfoncent le clou et rappellent que le blog est aussi un outil.

Petite Anglaise vs Dixon Wilson

Catherine S., alias Petite Anglaise, veut poursuivre son ancien employeur, Dixon Wilson, devant le conseil de Prud'hommes. Dans un article publié sur le site du Guardian, et titré I was fired for blogging (j'ai été virée pour avoir blogué), elle explique qu'elle en fait une question de principe et qu'ainsi elle garde sa liberté d'expression sur cette affaire pour pouvoir aider à clarifier la situation légale en France :

En France les frontières ne sont pas clairement tracées en droit du travail. Où s'arrête la liberté d'expression et où commence la loyauté envers l'employeur (une clause de loyauté est incluse dans la plupart des contrats de travail français) ? En publiant des photos à l'occasion, ai-je renoncé à mon anonymat ? Le règlement intérieur de l'entreprise concernant l'usage personnel de l'email et d'internet est-il sans faille ?

Seul l'avenir le dira, mais j'espère que Petite contre Goliath aidera à clarifier certaines de ces questions et à créer une jurisprudence utile pour les blogueurs français qui pourrait être victimes du même sort dans le futur.

Je n'étais donc pas loin en écrivant mardi qu'elle pourrait bien être à l'origine d'un des premiers jugement prud'hommaux en matière de blogs de salariés. Sauf que depuis, je lis que les motifs invoqués par Dixon Wilson sont passés de la faute grave avec mise à pied à faute réelle et sérieuse avec préavis payé mais non effectué (une reconnaissance, de fait, du caractère exagéré de la réaction initiale de l'employeur). La bataille ne va pas être si simple, d'autant qu'une transaction paraît plus raisonnable et que la voie juridique sera longue et difficile.

Le Monde a aussi publié un article sur le sujet.

Via le commentaire de Yannick sur cet article de Pointblog, je découvre le point de vue contradictoire d'Olivier Davoust, qui n'achète pas l'histoire, qui "pourrait avoir des relents de Queen of sky" et "sent trop la com pour être honnête". Je pense également que la médiatisation de cette affaire est gérée, mais en homme de communication ça ne me choque pas, ça n'enlève ni n'ajoute rien au fond et c'est parfaitement dans l'intérêt du salarié. Je trouve également qu'Olivier se tire une balle dans le pied en affichant une prudence de bon aloi ("sur le fond du dossier je me garderai bien de tout jugement") pour tomber ensuite directement dans le parti-pris qu'il tente pourtant de dénoncer ("En fonction des élements dont je dispose, j'aurais pris la même décision de la licencier").

En relation avec le sujet, j'ai quelques billets en magasin qui pourraient vous intéresser (et dont je recommande vivement la lecture aux managers de Dixon Wilson) :
- Blogs de salariés, espaces de liberté
- Identité et marque personnelle vs professionnelle
- Blogueur de seconde zone (retour sur l'affaire Garfieldd)
- De la parole (un très beau texte de Philippe Bilger sur la liberté d'expression)

Et puis cette affaire va peut-être me permettre de tester la validité du chapitre juridique de Blogueur d'entreprise.

[Mise à jour] En parlant de juridique, Maître Eolas décortique la lettre de licenciement de Petit Anglaise, et taille à nouveau un costard à Dixon Wilson (ils sont habillés pour l'hiver). Je suis entièrement de son avis sur le fait que c'est le comportement de Dixon Wilson dans cette affaire qui nuit à sa propre image.

Dixon Wilson se ridiculise en virant une salariée à cause de son blog

Le cabinet comptable Dixon Wilson inaugure ce qui me semble être une première en France : le licenciement d'un salarié à cause de son blog personnel. En l'occurence, il s'agit de Petite Anglaise. Maître Eolas est en pétard, et taille un costume trois-pièces grandiose à cette vénérable société britanique qui, si les motifs sont ceux exposés, devrait rapidement en apprendre beaucoup sur les blogs.

Si j'en crois ce que Catherine, alias Petite Anglaise, écrit dans Things fall apart, son licenciement a été précédé d'une mise à pied, une mesure généralement associée à une faute grave. La mise à pied est une mesure exceptionnelle qui doit se justifier, et là j'ai beaucoup de mal à imaginer en quoi la présence d'une blogueuse dans ses bureaux met gravement en péril la société Dixon Wilson.

Je souhaite sincèrement à Petite Anglaise qu'elle obtienne une transaction satisfaisante, sinon elle pourrait bien être à l'origine d'un des premiers jugement prud'hommaux en matière de blogs de salariés.

Lire l'article du Daily Telegraph : Wrote blog and got the sack. V bad. Will sue.

[Ce billet a une suite]

Leçons de blog d'entreprise : de la spontanéité

Forte de ses quelques années d'existence, la blogosphère a développé une sorte de sagesse collective et de valeurs que d'aucuns (y compris votre serviteur) vous conseillent d'observer soigneusement et d'adopter s'il vous vient l'idée de lancer un blog professionnel. Parmi ces valeurs, on trouve l'authenticité, la transparence et... la spontanéité.

Il me semble que la spontanéité est une arme à double tranchant, comme le montrent les réactions au lancement du premier blog institutionnel de Dell baptisé "one2one, Direct Conversations with Dell. Les blogueurs de Dell ont à peine plongé dans l'eau et n'ont même pas encore refait surface pour respirer que Jeff Jarvis (monsieur Dell Hell lui-même) veut leur maintenir la tête sous l'eau, rapidement suivi par Steve Rubel. Tous les deux accusent Dell, entre autres "blogocrimes", de ne pas écouter ni de faire de liens vers leurs critiques. Pourtant, j'ai bien l'impression qu'ils écoutent et que certaines personnes, à trop être spontanées, sont bien promptes à tirer dans le tas.

Grâce au dernier billet de Dell, j'ai trouvé les avis de Shel Holtz et Robert Scoble, qui sont plus constructifs. Le billet de Niall Cook démontre une facette des blogs que j'apprécie : la capacité à mettre à jour et à s'amender (ce qui me semble relever de l'honnêteté intellectuelle), chose que je ne vois pas (encore) sur les billets de Jarvis et Rubel.

Nous, les blogeois, aimons donner des leçons aux autres (bien que, parfois, nous n'aimons pas en recevoir). Il me semble que, en ce qui concerne les usages professionnels des blogs, nous sommes toujours dans une phase d'apprentissage collectif et que des leçons vous être dispensées en retour au fur et à mesure que les entreprises entrent dans la danse. Jarvis et Rubel ne font qu'alimenter les peurs et apporter de l'eau au moulin des détracteurs du blog en entreprise (ce qui permet à l'un d'entre eux, Nicholas Carr, d'en faire un CQFD de sa théorie qui veut que les blogs n'en valent pas la peine pour la plupart des entreprises).

Beaucoup de bruit pour rien, donnez leur du temps, suis-je tenté de dire. Mais comme beaucoup de gens qui croient au potentiel des blogs pour les entreprises (et qui a les mains dans le cambouis), la meilleure citation que je puisse faire est la suivante :

A lot of folks who are blogging "experts" talk about blogs in a way that scares the hell out of normal business people. [Un grand nombre de gens qui sont des "experts" du blogging parlent des blogs d'une façon qui effraye les majorité des professionnels.]

Cette citation est extraite du premier billet d'une série (en anglais) publiée par Six Apart, et que je vous encourage à lire si vous étudiez le blogging professionnel :

Et, bien sûr, il est bon d'être spontané sur votre blog. N'oubliez tout simplement pas que le sens commun fait également partie du jeu.

Utilisation originale d'un blog dans l'administration publique

Maître Eolas me signale une utilisation intéressante du blog sur celui de professeur Frédéric Rolin. Ce dernier, qui apparemment fait partie du jury de l'agrégation de droit public, a utilisé un billet de son blog pour proposer les affectations1 des nouveaux professeurs de droit.

A la demande de Guillaume Tusseau, et pour faciliter la coordination des affectations des nouveaux agrégés, je crée cette note. Il vous expliquera ensuite en commentaires comment il entend procéder. [...]
Extrait du mail adressé par G. Tusseau aux agrégés dont il a l'adresse mail. j'ai supprimé toutes les coordonnées par mail ou téléphone, elles figurent dans le mail original que je peux forwarder aux personnes qui le souhaitent

Chers amis,

Je vous informe que le blog du professeur Rolin va servir pendant ces quelques jours de relai aux multiples échanges qui vont progresivement aboutir, par affinages sucessifs, à la répartition des postes. Je souhaiterais que celle-ci soit prête et définitive le plus tôt possible, de sorte qu'il ne faille pas se livrer à des tractations interminables de dernière minute lundi.

D'ores et déjà Rouen et Toulouse sont pris.

Si certaines de vos connaissances ne sont pas dans la liste d'adresses
ci-dessus, transmettez-les informations.

Suivent des informations transmises par les différentes universités sur les profils recherchés et les personnes à contacter. [...]

Bien que le billet soit éphémère, la discussion y est sérieuse puisque des commentaires découlera la proposition d'affectations faite au ministère. Selon Eolas, il s'agit d'une première.

Frédéric Rolin a également publié les résultats du concours sur son blog, ce qui a provoqué le commentaire suivant de Diane Roman :

plus rapide que le ministère pour la mise en ligne des résultats; plus efficace qu'une vieille coutume pour le choix des affectations

Par sa réactivité et son interactivité, le blog de F Rolin devient incontournable... Mais comment faisait on avant?

Les points notables de cette utilisation professionnelle d'un blog, à mon humble avis, sont :

  • la réactivité : nul besoin d'intermédiaires pour publier, F. Rolin seul peut dégainer un billet plus vite que quiconque (sans oublier, ni minimiser, le rôle de validation et de communication officielle au public du ministère)
  • la transparence : je m'avance peut-être un peu, n'ayant aucune idée de la façon dont ce genre de chose se fait couramment, mais il est bon de voir un tel processus s'effectuer au grand jour (à la nuance près que, comme l'indique F. Rolin, il aurait pu réserver l'accès aux personnes concernées, ce que la plupart des outils de blog permettent également de faire, la transparence s'entendant alors vis-à-vis des participants)
  • une collaboration plus efficace et plus rapide : on imagine aisément le cauchemar qu'un tel processus est lorsqu'il est géré par email. Ici, la publication d'un billet sur un blog, donc ayant une adresse unique, facilement partageable et accessible, permet de rassembler tous les participants à la discussion en un point focal. Au lieu d'une partie de ping-pong par email (j'envoie à tous, les uns et les autres me répondent, je synthétise, je renvoie à tous et on recommence pour un tour...), il suffit de donner l'URL du billet et ensuite chacun commente aux yeux de tous sans plus de formalités (une nuance : de l'importance des outils RSS et agrégateurs pour permettre aux participants de retrouver le "confort" de l'email, à savoir un programme qui suit automatiquement les mises à jour, de l'importance également d'améliorer le suivi des discussions sur un blog)

Si vous voyez d'autres points, n'hésitez pas à les ajouter en commentaire !

Note :
(1) F. Rolin indique que "Pour éviter que ces discussions ne restent en ligne trop longtemps, je supprimerai cette note après la réunion au ministère.", donc ce lien risque de ne plus fonctionner dans un futur proche.

Jean Nouvel met le feu au lac chez Nestlé

Qu'est-ce qui relâche autant de gaz carbonique dans l'athmosphère qu'une Smart qui parcourt quatre kilomètres ? Réponse : une plaquette de chocolat Cailler de Nestlé. Tapez emballage cailler dans Google, pour voir (comme ici, ici, et ici) ce qui provoque la révolte en Helvétie : le nouveau design de l'emballage des chocolats Cailler par Jean Nouvel. C'est vrai que 50 g de PET à brûler pour 100 g de chocolat à croquer, le consommateur Suisse a raison de râler.

Où l'on commence peut-être à comprendre que le dinosaure liquide, qui se raréfie, ne sert pas qu'à fournir de l'énergie et ne pollue pas uniquement via l'automobile, et qu'il faudrait un peu se préoccuper de notre usage quotidien des plastiques (vous vous êtes préoccupé du volume de déchets ménagers que vous jetez chaque semaine, maintenant que le tri sélectif est à peu près rentré dans les moeurs ?).

J'ai trouvé l'info sur Nestlé Suisse Real News, un blog de salariés contestataires (et anonymes) de Nestlé, via Pointblog. Comme quoi, les blogs de salariés peuvent faire partie du paysage d'une entreprise, qu'elle le veuille ou non !

L'intranet social

Voici la présentation que je m'en vais donner cet après-midi à la rencontre annuelle des responsables communication interne. Je l'ai baptisée l'intranet social, en référence à l'utilisation des logiciels sociaux (social software, l'entrée est plus complète sur Wikipedia en anglais) en matière de communication interne en entreprise.

Voir la présentation (Flash)
Télécharger la présentation (PDF).

Sans les notes ce sera un peu aride, mais vous devriez vous y retrouver, le thème de la dualité organisation formelle et informelle est celui que j'ai abordé à UpFing 06 : Sous l'organigramme, l'"organisation informelle".

Mise à jour — voici les points clés que j'ai voulu faire passer :

- il existe un véritable arsenal d'outils de communication qu'il faut associer car ils sont complémentaires et non exclusifs les uns des autres. Ces outils existent pour la plupart depuis plus de 10 ans (donc cessez de parler de NTIC, ce sont les usages qui sont nouveaux, pas les technologies)
- blogs, wikis, tags, réseaux sociaux... sont à la fois des outils et un phénomène (je suis assez content de l'illustration que j'ai trouvée pour ça) : c-à-d que les outils sont devenus tellement simples et accessibles qu'ils ont conduit à l'ère de la publication personnelle où tout un chacun peut publier ce qu'il veut (textes, images, sons, vidéos) instantanément sur internet, sans barrière technique ou financière insurmontable. Et les chiffres qu'on relève sur Wikipedia, Technorati, les sites de podcasts ou de video le montrent. Le web vivant, ce sont les publications personnelles
- ces outils favorisent déjà une communication informelle foisonnante, mais ces outils, leurs usages, leur culture ne sont pas familiers pour l'entreprise
- le jeune de la génération Skyblog va bientôt entrer dans l'entreprise et demander en même temps que son adresse email "où est-ce que j'ouvre mon blog ?"
- la blogosphère s'attaque à certains bastions. On a beaucoup parlé des media de masse, mais quid de la communication institutionnelle ? (J'ai repris un dessin bien connu, où l'on peut remplacer "Mainstream Media" par "Corporate Communications".) En tant que communicant, je me pose beaucoup de questions sur l'avenir de mon métier !
- les structures d'une certaine taille ont une organisation formelle et une organisation informelle qui sont à première vue opposées, cette dernière est la plus à même de profiter directement et immédiatement (quand elle ne l'a pas déjà fait !) des outils de communication en ligne
- Le service communication n'a aucun avenir en tant que simple "outil", ni en tant que gardien de l'histoire officielle (il ne fait que contenir les peurs et les illusions du modèle "control-command" si prisé en France)
- Dans la dualité organisation formelle / informelle, et de par la nature des outils de communication en ligne tels que forums, blogs, wikis, réseaux sociaux... il existe une véritable opportunité pour le service communication de les faire cohabiter le plus efficacement possible (qui d'autre est mieux placé ?)
- Conseils pour démarrer : bien comprendre chacun des outils (forces, faiblesses, complémentarité), commencer petit, sous le radar (dans ROI, garder le I très petit et personne ne vous embêtera sur le R), plantez là où ça a des chances de pousser (simple conseil de jardinier), faites-vous aider par les pionniers dans l'organisation informelle et des sponsors utilisateurs dans l'organisation formelle. Et puis achetez Blogueur d'entreprise, ça ne peut pas faire de mal ;-).

P.S. c'est ma première présentation avec Keynote d'Apple, j'essaye de voir si j'y suis moins allergique qu'à PowerPoint !

P.S. 2 : j'espérais un peu plus de réactions des participants, un peu frustrant j'avoue (mais c'était le créneau avant la pause café, toujours dur).

Scoble quitte Microsoft et emporte son blog avec lui

Robert Scoble, jusqu'ici blogueur vedette de Microsoft part pour travailler dans une start-up. Pointblog s'interroge sur la capacité de Scoble à maintenir sa position élevée dans le moteur de recherche Technorati. Jeff Clavier, en commentaire, répond non parce que "c'est l'homme qui s'exprimait au travers de son blog, pas l'employe Microsoft".

En l'occurence je partage l'avis de Jeff Clavier, le travail qu'a investi Scoble dans son blog personnel lui appartient. Même s'il occupait une fonction de représentation, il bloguait sur scobleizer.wordpress.com et non sur un domaine web de Microsoft. Scoble rappelle qu'il existe 3000 blogueurs chez Microsoft, lequel perd toutefois son porte-parole le plus charismatique (sur le web, du moins). Il va être intéressant d'observer ce que l'entreprise va faire à la suite de ce départ. Un grand gagnant au moins dans l'opération, la start-up PodTech Network qui récupère un blogueur avec une audience très confortable.

Je profite de cet exemple de changement professionnel pour rappeler l'importance capitale d'avoir son propre nom de domaine pour son blog ou son site web personnel, afin de se prémunir contre les désagréments de divers changements (emploi, plateforme de blog, hébergeur, etc.). Construire une audience prend du temps, et changer son nom de domaine c'est se tirer une balle dans le pied. Le jeu n'en vaut pas la chandelle. A ce sujet, méfiez-vous des hébergeurs ou FAH qui vendent des noms au rabais, vérifiez bien que vous pouvez facilement et à tout moment changer de crèmerie en emportant le nom si l'hébergement ou l'application ne vous convient plus.

Mieux vaut avoir le cuir épais

Toujours à propos de Blogueur d'entreprise, Karine Salmon de l'UJJEF me rappelle cette interview, publiée sous le titre mieux vaut avoir le cuir épais, et où je conclue par ce que je pense du service communication "à la papa" (je reconnais, et assume, le côté "tarte à la crème" de l'affirmation) :

Avec les blogs, il est grand temps de sortir de l'idée que la communication au sein d'une entreprise est le monopole du service communication. Le débat de demain pose la question de l'utilité de ce service. Ce dernier devra, en plus de son rôle d'orchestration de la communication, trouver une autre mission, à plus forte valeur ajoutée. Le blog est, en effet, un outil économique performant qui, dans ce rôle, risque de les remplacer vite fait.

J'avais posé la question à Pierre Bilger, ancien PDG d'Alstom. Alors qu'il a une maîtrise du verbe qui est superbe, il reconnaissait le bénéfice de confronter son message aux avis de professionnels de la communication. Mais il pestait contre son service communication lorsque celui-ci publiait les communiqués de presse sur le site de l'entreprise bien après toutes les agences de RP. "Alors que moi j'aurais pu publier un message sur mon blog depuis une chambre d'hôtel en Chine !", m'a-t-il donné comme exemple pour appuyer son incompréhension, avant de conclure qu'un service communication qui ne sert que d'outil va rapidement devenir obsolète.

En résumé : les communicants qui aident les autres à communiquer ont moins de soucis à se faire que ceux qui ne servent que d'outils de communication. Et je ne parle pas de ceux qui se croient les gardiens du temple...

Interview d'un blogueur d'entreprise

Christelle Alexandre vient de publier une interview de votre serviteur, à propos de Blogueur d'entreprise.

P.S. Hussein trouve ce passage délicieux, pur buzz :

Web 2.0 est un pur buzz word marketing pour ceux qui redécouvrent internet après l'avoir oublié (ou condamné) quand la première bulle internet a éclatée. Certains découvrent simplement aujourd'hui ce qu'internet permettait de faire dès son origine, à savoir lire ET écrire. Web 2.0 c'est pour ceux qui pensent "user-generated content" au lieu de publication personnelle.

Il y en d'autres à extraire, je vous laisse chercher ;-).

Enregistrement audio du petit-déjeuner débat Entrecom - Press Club du 11 mai 2006 : bienvenue dans la blogosphère

Pour la sortie de Blogueur d'entreprise, Xavier Cazard de l'agence Entrecom m'avait invité à intervenir lors d'un petit-déjeuner au Press Club le 11 mai sur le thème "bienvenue dans la blogosphère", débat animé par Nicolas Arpagian. Je vous livre l'enregistrement audio que j'avais capturé avec mon iPod.

Ecouter l'enregistrement complet (1h11, 68MO, WAV).

Je vais tenter de chapitrer en reprenant par écrit les questions qu'on n'entend pas bien, merci pour votre patience. L'exercice est horriblement chronophage et je n'en suis pas vraiment adepte (ceci est mon second audioblog, je vous invite à écouter le premier et le débat sur les podcasts qu'il avait déclenché, si vous êtes tentés par l'aventure audio sur le web ;-)).

Si vous avez assisté au débat, ou avez écouté l'enregistrement, j'apprécierais beaucoup vos commentaires.

Blogs de salariés, espaces de liberté

Stéphane DREYFUS signe un papier dans La Croix intitulé Blogs de salariés, espaces de liberté, pour lequel j'ai été interviewé. Où l'on voit que les syndicats commencent enfin à faire autre chose que des tracts, que personne ne s'est encore fait virer à cause de son blog, qu'un patron regrette même que ses salariés s'auto-disciplinent trop, et que votre serviteur parle d'attentisme et de prudence.

Les blogs de salariés, internes et externes, peuvent être des éléments perturbateurs pour l’autorité hiérarchique, du moins lorsque celle-ci se pose en "entreprise du haut" qui ignore (ou refuse) le fonctionnement en réseau de "l'entreprise du bas". A ce sujet, j'ai été invité par la FING à participer à upFing'06 son université d'été du 8 au 9 juin à Aix-en-Provence, en particulier à la session intitulée sous l'organigramme, l'organisation informelle.

Et pour alimenter vos réflexions, je vous conseille de lire les discussions autour de blueKiwi (une solution de blogs proposée par le groupe Reflect et déployée en premier chez Dassault Systèmes). En particulier le billet de Bertrand Duperrin et l'article de Christophe Deschamps sur ZDNet.

Je dirais, en guise d'apéritif, que :
- les mêmes managers qui craignent ces problématiques de réseau et d'égo chez leurs subordonnés sont les premiers à fonctionner en réseau et pas les derniers en matière d'égo.
- internet bouleverse certains modèles en réduisant la valeur de certains intermédiaires, et c'est une constante de la compétition que de remettre en cause le rôle des intermédiaires. Curieusement, on se pose moins la question pour le management, et c'est bien dommage.

Petit-déjeuner débat Entrecom - Press Club, 11 mai 2006 : bienvenue dans la blogosphère

Pour la sortie de Blogueur d'entreprise, Xavier Cazard de l'agence Entrecom m'a fait l'honneur de m'inviter à un petit-déjeuner au Press Club le 11 mai sur le thème "bienvenue dans la blogosphère", que j'aurais le plaisir d'animer avec le journaliste Nicolas Arpagian. Si vous souhaitez y participer, merci de vous inscrire pour recevoir une invitation, et rendez-vous à partir de 8h30.

Comme j'ai confirmé au cours de la dernière décennie ma profonde allergie aux présentations formelles de type PowerPoint, et que j'ai envie d'apprendre autant que les participants à ce débat, je souhaite que nous puissions avoir un véritable échange. D'ailleurs, si vous avez des questions sur le sujet blogs et entreprises que vous aimeriez poser à des directeurs marketing/communication, ne vous privez pas de me laisser un commentaire ici !

Blog et commentaires, l'ouvrir et les fermer ?

Faut-il ouvrir ou fermer les commentaires sur son blog ? Les avis sont partagés.

Tristan Nitot, qui a depuis longtemps décidé de fermer les commentaires sur son blog, pointe le fait qu'Olivier Meunier (développeur du logiciel libre DotClear) a décidé de faire de même (ne serait-ce qu'un bref moment), pour asséner ceci :

Olivier a fermé les commentaires sur son blog, comme Daniel et moi. Marre de la minorité de crétins qui s'amuse à comprendre de travers pour troller ensuite. Ah, il vient de les rouvrir. Un jour, il les fermera pour de vrai, j'en suis sûr, comme le feront la plupart des blogueurs à forte audience (à moins de s'appeler Embruns.net et de faire que les commentaires sont l'essentiel du blog)

Je le lis un peu comme "Ouais, bienvenue au club Olivier ! Ah, tu ré-ouvres (j'suis déçu). Bah ! Tu reviendras à la raison un jour ou l'autre". [m-à-j : Tristan réagit, mais comme on ne peut toujours pas discuter chez lui, vous êtes les bienvenus pour poursuivre la conversation ici ;-).]

Laurent Gloaguen a un avis tout aussi tranché, mais contraire à celui de Tristan : "Mon axiome est simple, un blogue sans commentaires n’est pas un blogue."

Si je partage l'avis de Tristan et d'Olivier sur le fait qu'il suffit d'une minorité de crétins pour pourrir la vie des autres, c'est malheureusement une constante de tout groupe organisé et je n'irais pas pour autant en tirer la conclusion que le lot commun de tout blogueur à forte audience est de se retirer dans sa tour d'ivoire. A voir, en contre exemple, Jonathan Schwartz qui a pris la décision inverse d'ouvrir les commentaires sur son blog qui cumule forte audience et contenu à caractère souvent provocant. Quant à Olivier Meunier, qui n'a finalement fermé les commentaires que le temps d'un billet, mon petit doigt me dit que sa décision avait moins à voir avec sa capacité à contenir les trolleurs que le fait, en ce moment précis, d'avoir d'autres chats à fouetter et grand besoin de calme.

De même je trouve la position de Laurent trop manichéenne. Pour moi un blog sans commentaires reste un blog, tout comme un homme sans jambes reste un homme, mais c'est lui retirer un aspect primordial pour en faire un blog cul-de-jatte, en quelque sorte.

Et, encore une fois, je me dis qu'entre blanc et noir il y a bien des niveaux de gris, et que ce qui est bon pour tel individu ne l'est pas forcément pour un autre, ou encore que la situation d'un blogueur individuel n'est pas toujours transposable à un blog d'entreprise. Pour cette dernière, par exemple, les questions des risques juridiques et des ressources nécessaires à la gestion des commentaires seront abordées bien différemment que pour un particulier, et sûrement bien avant la question des inévitables trolls.

Votre avis m'intéresse, profitez-en pendant que les commentaires sont ouverts et avant que la prédiction de Tristan ne se réalise ici ;-).

Identité et marque personnelle vs professionnelle

Marc Traverson explique, sur le Journal du Coach, pourquoi les blogs sont fantastiques :

Le weblog est un journal à soi. On peut en faire un journal intime, ou un journal professionnel (mon propos concerne principalement cette utilisation). On peut aussi, comme beaucoup de bloggers, mêler les deux. C'est un des avantages de ce mode de publication, éminemment en phase avec l'air du temps qui valorise l'individualisation, l'expression intime, le "marketing personnel".

Pour le salarié, ce peut être un moyen de faire savoir urbi et orbi qu'il est différent, qu'il ne se fond pas dans la structure, qu'il reste critique et conserve son libre arbitre malgré les mots d'ordre. Pour un consultant, un dirigeant, c'est un moyen de valoriser ses projets, de faire savoir qu'il existe (besoin de notoriété, de différenciation) et qu'il intervient sur tel domaine particulier. Pour un chercheur d'emploi, c'est un CV dynamique, un moyen de court-circuiter le système lettre-de-motivation-cv-entretien en prenant l'initiative de se faire connaître autrement.

Le blog répond à ce besoin d'affichage, de promotion, de "mise en relief".

Dans Blogueur d'entreprise, j'ai placé le phénomène blog dans le cadre plus large de ce que j'appelle l'ère de la publication personnelle, un sujet qui me tient à coeur parce qu'il est l'un des produits attendus du développement d'internet et qu'il dépasse largement le cadre des blogs, et surtout de leurs utilisations professionnelles telles qu'on les aborde en général. Dans les tensions créées et les contrastes révélés par les blogs, se tient la question de notre identité personnelle versus professionnelle. J'avais effleuré le sujet en novembre dernier sur mon blog anglais, en pointant sur les conseils suivants :

  • Gardez votre identité et ne la mélangez pas avec celle de votre employeur. Sinon, vous risquez de "disparaître" en cas de démission ou de licenciement. [Allan Jenkin : Don't mix your identity with your employer's]
  • Créez un blog et établissez votre présence sur la place 1 [ibidem]
  • Soyez propriétaire de votre réseau professionnel, soyez maître de votre partie du jeu : "Si je devais revenir à la vie salariale, je dirais à mon employeur que a) j'ai un blog et j'ai l'intention de le garder, complet avec mon CV et mes coordonnées personnelles et b) mon profil sur les sites de réseaux sociaux continuera à indiquer que je suis à la recherche d'opportunités2" [ibidem]
  • Utilisez votre numéro de portable personnel, et ayez une adresse de courriel personnelle [ibidem]
  • Neville Hobson donne pratiquement les mêmes conseils, en parlant de l'importance de la continuité de la présence personnelle

Ceci amène naturellement à la question du développement de sa marque personnelle. Boris Mann a une présentation sur le sujet et pense que "un employé respecté, connu, ajoute au crédit de son employeur, tout comme le prestige d'une entreprise connue déteint favorablement sur ses employés. Les entreprises visionnaires devraient encourager et récompenser le développement de marque personnelle". Bien sûr ici, le terme anglo-saxon "brand" est à prendre au sens de notoriété, mais je vais garder le terme de marque car je m'intéresse ici à la comparaison avec la marque de l'entreprise.

Gunnar Langemark (dans un commentaire chez Allan Jenkin sus-cité) s'interroge sur cette tendance :

Quelle importance cela va-t-il prendre dans le futur, et à quel point cela fera partie du quotidien des employeurs, je ne sais pas. Je crois que les meilleurs talents auront plus de poids (influence), et seront capable d'être embauchés selon leurs propres termes. Ils vont aussi devenir de plus en plus inemployables — ou plutôt les employeurs ne seront plus en position de les attirer dans leurs entreprises. Il y aura un nouvel écosystème autour d'indépendants, de TPE, d'électrons libres, et la prestation comme travail deviendra plus attirante, comme cela devrait être. Et donc, être employé voudra de plus en dire être sa propre entreprise. Je me vante parfois d'en faire à ma guise. Je ne demande pas la permission. La pire chose qui puisse m'arriver est d'être viré, et alors ?

Cela me rappelle un ancien collègue qui disait de notre employeur commun à l'époque : "ma marque est plus grande que la vôtre". Il avait une plus grande présence dans le business que son employeur n'en avait.

J'avais écrit à l'époque que je ne pouvais dire à quel point tout ceci résonne chez moi (et c'est toujours d'actualité). J'aime prendre l'exemple du PageRank, c'est-à-dire de l'influence aux yeux de Google, de mon blog face à www.capgemini.com (le plus gros site de mon employeur), qui sont à 7/10 tous les deux pour leur page d'accueil. Je ne peux pas vous donner la comparaison en terme d'audience, mais elle devrait donner le vertige très sérieusement à réfléchir à n'importe quel responsable de marketing ou de communication qui se respecte, au moins quant à l'efficacité de la formule suivante sur le web : publier de l'information intéressante sous une forme simple, accessible et interactive (le blog étant, vous vous en doutez, un excellent véhicule pour ce faire). Je ne prétends pas avoir la même influence cependant (je ne touche pas exactement les mêmes cibles) mais je ne cesse de remarquer que le web doit être appréhendé comme un media à part entière avec sa propre dynamique. Un autre bon exemple est la communication autour du lancement du nouveau site de Capgemini. L'annonce que j'ai orchestrée sur ce blog de concert avec Jeffrey Zeldman et Douglas Bowman a amené plus de dix mille visiteurs uniques en 24 heures depuis nos trois sites, et généré la publication de dizaines de billets et de commentaires sur le web. Le communiqué de presse (validé cinq jours après la sortie du site !) n'a généré strictement aucune réaction dans la presse, pas même un seul appel de journaliste spécialisé. De l'importance, pour une entreprise, de bien comprendre le web, son potentiel et sa dynamique, comparés à la voie des "medias traditionnels".

Je pense ne faire là qu'effleurer la question, qui me paraît infiniment plus intéressante à explorer que le débat blogueurs vs journalistes (à mon humble avis, du moins dans sa forme "contre", éculée et archi-rebattue depuis des années déjà). Et le sujet est à creuser tant du côté individuel que du côté entreprise, salariés, patrons, indépendants, etc. Par exemple, quid de la notoriété de Scoble, son blog Scobleizer, son livre vs Microsoft ? Et que dire de Loic le Meur, son blog (pro ou perso ?), son livre, ses podcasts... vis-à-vis de Six Apart (ou LinkedIn, SocialText, Technorati, il faut suivre avec lui ;-)) ? Et moi, suis-je plus connu comme padawan, par/grâce à mon bouquin3 ou bien comme webmestre du groupe Capgemini ? Comment ces "marques" sont-elles liées, comment rejaillissent-elles les unes sur les autres, où sont aujourd'hui les frontières entre le professionnel et le personnel, entre l'individu et l'entreprise ?

J'espère arriver à structurer quelque chose d'intéressant d'ici à la prochaine conférence, et vous êtes très chaleureusement invités à enrichir cette note4. En attendant, je conseille vivement aux jeunes qui ont envie de se développer d'ouvrir un blog avant de signer leur CPE, ça pourrait bien leur permettre de rééquilibrer le rapport de force avec leur employeur, et le considérer lui aussi en période d'essai prolongée. Après tout, plus d'équilibre devrait conduire à moins de précarité !

Notes :

(1) Quoique je nuancerais un peu l'assertion de Jenkin que le fait de ne pas avoir un blog signifierait ipso-facto qu'on n'a rien à dire, ne serait-ce que parce que, a contrario, Skyblog et d'autres ont brillament démontré que ce n'est pas parce qu'on a un blog qu'on a des choses à dire ;-).
(2) On dit aussi à l'écoute du marché :-P.
(3) Et pourquoi écrivent-ils tous des bouquins ces blogueurs ?
(4) Les meilleurs blogs sont ceux où les lecteurs travaillent participent aussi un peu :-).

David Weinberger sur les blogs et les entreprises (atelier Edelman au Press Club le 27 février)

Grâce à Guillaume du Gardier de l'agence Edelman, j'ai eu la chance de rencontrer David Weinberger à un dîner dimanche et un atelier lundi sur les blogs et les entreprises. Nous avons eu d'intéressantes conversations sur l'écriture, la fin d'internet programmée par quelques grosses industries (en particulier les majors dont le monde est en train de s'effondrer) et des gouvernements complices, ainsi que le droit à l'oubli à l'ère où tout devient numérique, en ligne et indexé. Je suis content d'entendre David répondre à la traditionnelle question "que seront les blogs dans cinq ans ?" par un "je n'en sais rien !" puisque c'est également ma réponse (mais je prédits que les blogs de chats seront écrits par des chats, ou du moins avec leur participation active, merci monsieur Steve Wozniak et ses traqueurs GPS).

Voici mes notes "brut de fonderie" de la présentation de David sur "ce que les blogs ne sont pas" :

  • Il a donné un excellent exemple de gros ratage marketing avec le blog de Juicy Fruit (qui n'existe plus pour illustrer ce qu'il ne faut PAS faire)
  • la taille d'un sujet compte. L'Encyclopedia Britannica comprend 65 000 sujets en 32 volumes et, à cause des contraintes du papier, la taille d'un sujet montre son importance aux yeux de l'éditeur. Wikipedia n'a pas de contrainte d'espace et dans version anglaise approche le million de sujets. Wikipedia est aujourd'hui un bien meilleur indicateur de ce qui intéresse les gens que l'E.B. (qu'on soit d'accord ou pas)
  • les blogs ne sont pas à propos des chats (c'est le préjugé des médias américains, en France ils confondent blogs et Skyblog)
  • les blogs ne sont pas du journalisme. C'est la blogosphère contre la journosphère. Le rôle éditorial traditionnel des journaux a été capturé par la blogopshère ("Je lis les journaux via la blogosphère").
  • les blogs ne sont pas des médias de masse. Pensez personnalisation, mais le 1:1 n'en est pas un car l'une des parties n'est pas un être humain mais une (grosse) entreprise
  • la "longue queue" est une pelote (liens, réseaux sociaux individuels)
  • notre blog c'est nous dans l'espace public, notre corps dans le nouvel espace public
  • nous écrivons mal et c'est bien, ça nous dévoile un peu plus, nous avons le droit à l'erreur (et l'erreur est humaine, elle ajoute de l'intimité avec le lecteur)
  • le concept "c'est suffisamment bien" sur internet devrait s'appliquer plus à la gestion des connaissances (nous n'avons pas toujours besoin de chercher la perfection)
  • les journalistes pensent que les blogueurs sont narcissiques, mais sur le site de leur journal il n'y a jamais de liens vers d'autres sites sauf pour les publicités ! Au contraire, les blogueurs sont très généreux en termes de liens vers les autres (le web, ce sont les liens hypertextes)
  • marque (origine = marquer au fer rouge !) < réputation < relation
  • les blogs sont là pour durer, ils sont de la co-création, des échanges
  • "Prescription bloguesque : à usage interne de préférence" (commencez en interne). Ouvrez quelques uns de vos blogs internes à certains clients et partenaires
  • la blogosphère est un gigantesque group témoin ("focus group" ou plutôt "defocus group", défocalisé)
  • PR = Public Relationships (là j'ai du mal à faire passer la distinction en français entre relations et relationships ;-))
  • Que faire ? Ecouter, auditer, interagir, abandonner le contrôle (*) (*) avec une charte : 1. exprimez-vous comme un être humain 2. soyez humain 3. engagez la conversation, ne soyez pas sur la défensive 4, 5, 6, 7, 8, 9. soyez transparent 10. liez, liez, liez...
  • faites des erreurs : vos clients en savent plus que vous ! Prenez des risques, ne soyez pas ennuyeux
  • comment vendre les blogs au patron : "voulez-vous que les clients parlent de nous ?"

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Podcast et marketing

Le podcast est-il le renommage marketing du multimedia ? A voir la production actuelle, en particulier la transformation de Loic le Meur en Bloïc™ (marque déposée, on ne rigole pas dans le marketing) et son blog en linéaire de clips audiovisuels, on peut en effet se poser la question. Tout comme le blog a permis de découvrir qu'il est possible facilement de publier sur le web, le podcast vulgarise la publication de clips audio et vidéo en abaissant la barrière technologique. Au rayon des avantages, Pierre Méchentel relève que :

Le podcast a pour principal avantage actuellement de remuer le microcosme et de faire prendre conscience aux caciques de la télé et de la radio que des petits et tout petits acteurs pourraient se révéler intéressants et complémentaires.

(Un des autres avantages du podcast est que le blogueur a beaucoup moins d’effort à faire: pas de fautes d’orthographe à corriger ou sur lesquelles culpabiliser, moins d’organisation du discours à faire, les liens vers les notes sont moins puissants si il y a une bêtise ou une énormité de dite ..)

Je suis assez d'accord, hormis le fait que les caciques de la télévision et de la radio ont d'énormes avantages sur les podcasteurs amateurs : les moyens matériels, le professionnalisme et un savoir-faire audiovisuel qui ne datent pas d'hier. Alors que je pense qu'il sera beaucoup plus difficile aux professionnels de la communication et du marketing de s'approprier les blogs par l'écrit, je pressents qu'ils ne feront qu'une bouchée des podcasts parce qu'ils sont infiniment plus à l'aise sur le terrain du multimedia. Et pour preuve, les publicitaires de s'y mettre, très à l'aise, comme Lexus (chargez des pubs sur votre iPod pour les regarder dans le métro, ça vous changera des pubs dans le métro :-P) ou, tout simplement, comme Nicolas Sarkozy, André Santini, Christophe Girard (tous chez Bloic™ TV, et pas enregistrés en amateur avec un petit téléphone mobile du commerce).

J'ai déjà eu l'occasion de pointer les défauts de l'exercice dans ce manifeste de l'audioblogging ou dans touche pas à mon podcast. Je trouve qu'on n'a pas fait beaucoup de progrès depuis, par exemple au niveau des moteurs de recherche ou, plus facile, dans le chapitrage (qui m'aurait évité de me taper 46mn30s d'un podcast de Bloïc™ qui me cite dans les trente dernières secondes). Je suis conscient de mon peu d'affinité avec ce format, et je zappe systématiquement tous les podcasts qui tombent dans mon agrégateur. Seuls ceux qui me sont conseillés par des sources de confiance arrivent à mes oreilles, je laisse donc à d'autres la tache extrêmement chronophage de trouver et de filtrer le contenu audiovisuel intéressant. Je suis très dubitatif sur la façon dont tout cela va être récupéré par la pub et le marketing, qui sont déjà dans la place, alors que les outils pour le commun des mortels sont encore balbutiants et au niveau zéro de la publication audiovisuelle.

Il reste encore beaucoup de chemin à faire. Comme je l'ai écrit en introduction de Blogueur d'entreprise, la révolution en marche, du moins maintes fois annoncée, n'a pas encore balayé les dinosaures de la communication institutionnelle et du marketing, dans des lendemains qui chantent (et diffusés en podcasts). Au lendemain du coup médiatique de "Sarkozy @ Bloïc™ TV" mon éditeur m'a dit que cette phrase était prémonitoire. CQFD ?

P.S. j'ai failli titrer ce billet "Pour en finir avec le podcast", mais je crois que je vais attendre encore un peu :-P.

P.S. 2 : merci de ne pas encore une fois venir me dire que les moteurs de recherche audio et video sont là ou seront là la semaine prochaine, ce n'est pas vrai. Ni de me dire qu'on peut chapitrer les clips, ça c'est vrai mais personne ne le fait parce que c'est trop long et encore trop compliqué à faire avec les outils fournis au grand public (et même les professionnels ne s'embêtent pas à le faire).

P.S. 3 : et Pierre d'en remettre une couche avec Podcast ou renommage de la radio en différée ?

P.S. 4 : Thierry Klein trouve que la téléréalité est l'avenir du blog.

BE

be-1.jpg Le père Noël est encore passé ce matin.

Ca y est, je l'ai en mains.

C'était donc vrai, ils l'ont bien imprimé ! ;-)

Il est content, le blogueur d'entreprise :-).

P.S. et Jean-Christophe Courte (MacDigit et graphiste de livres), qui a réalisé la couverture de Blogueur d'entreprise, m'a gentiment offert l'ouvrage qu'il a co-écrit avec Lukino : Comment travailler... chez soi que je lirai avec grand plaisir.

Ouverture sur une couverture

Jean-Christophe Courte dévoile les coulisses de la création de la couverture de mon livre, Blogueur d'entreprise, qui sortira en libraire le 5 janvier. Vous y découvrirez au passage les deux titres auxquels vous avez échappé : De blog à oreille... (j'avais un faible pour celui-ci) et le premier titre choisi au démarrage du projet, Blog & Cie. J'y découvre, pour ma part, la technique et les typographies utilisées, ainsi que le déroulé d'une petite histoire extraordinaire que je ne connaissais pas, mis à part le brief de mon éditeur, Joël Séguin, que Jean-Christophe retranscrit très bien. Joël était en effet parti de l'idée d'une continuité avec Blog Story dont il est également l'éditeur, puis a évolué en lisant mon manuscript (que j'ai remis assez tard, fin octobre soit plus d'un an après notre premier rendez-vous).

frise

Je ne renierais certainement pas les adjectifs de classique et chic, et j'avoue, sans flagornerie aucune, que j'adore cette couverture. En fait elle ne se contente pas de bien présenter le livre, je trouve qu'elle symbolise parfaitement une belle aventure faite de collaboration avec les gens d'Eyrolles, Joël en tête qui m'a fait confiance, m'a conseillé et soutenu tout au long de l'écriture, même s'il a certainement dû avoir quelques doutes eu égard à mes multiples changements de sommaire, pannes d'inspiration et retards de livraison.

Bravo à Jean-Christophe pour cette création, et pour l'avoir si bien racontée. Les blogs et les blogueurs je les aime aussi pour ça, pour les coulisses et les petites aventures humaines qu'ils révèlent derrière les façades autrement froides des entreprises.

A noter que Jean-Christophe n'en est pas à sa première couverture de livre sur les blogs, puisqu'il a aussi réalisé celle de Blog Story de Cyril Fiévet et Emily Turrettini, ainsi que celle de Blogs pour les pros de Loic le Meur.

P.S. Jean-Christophe en parle aussi sur MacDigit, avec quelques petites infos en plus.

Blog d'auteur : promotion de l'auteur ou promotion du livre ?

A propos de la publication de l'adresse de mon blog directement sur la couverture de mon livre Blogueur d'entreprise, et non seulement en quatrième de couverture, Hubert Guillaud trouve que c'est osé et peut poser problème aux auteurs qui tiennent plusieurs blogs sur des thématiques différentes de celles de leurs livres. Il pose aussi une bonne question sur l'identité :

Ca pose surtout, me semble-t-il, avec plus d'acuité la question de l'identité. Sur le blog de Padawan, il y a des choses plus intimes, des propos parfois plus politiques... Tout cela dit des choses du même auteur, bien sûr, mais est-ce que cela concerne les mêmes lecteurs ? L'initiative pose également la question du pseudonymat et de la gestion de ses identités : surtout quand on est plus connu sous son pseudo que sous son véritable nom.

Comme je lui ai répondu en commentaire, c'est une grande question que je me pose depuis... trois ans ! sans avoir trouvé de réponse claire sinon, je crois, un équilibre par le style, le choix des sujets, le jeu des deux langues (mon blog en anglais ne traite généralement pas des mêmes sujets). Et une règle simple depuis le début : ce que j'écris, je suis capable de vous le dire face à face, c'est ma façon d'être authentique. Ce qui me fait dire que c'est moins une question d'identité que d'authenticité (mon identité est simple : je suis entier, d'où mon dilemme à séparer les choses, ME séparer, sur mon site personnel).

L'URL sur la couverture définitive pointera vers une section dédiée au livre, dans une certaine mesure cela permettra de focaliser sur le sujet. Et tout comme le "Du même auteur...", les lecteurs seront libres d'explorer plus avant le reste de mes blogs si l'envie leur en prend.

Sur la question du pseudonymat, qui est tout à fait valable, je ne me sens pas vraiment concerné ayant choisi dès le début de bloguer à visage découvert. Même si je dois reconnaître que la plupart des blogueurs et lecteurs que je rencontre me connaissent plutôt sous le pseudo Padawan que sous mon propre nom (d'ailleurs je viens de perdre la première place sur "padawan" dans Google, des avantages et des inconvénients d'avoir à gérer une marque :-P).

Enfin sur la question qui fait le titre du billet d'Hubert (et que j'ai recopiée sans vergogne), de savoir s'il s'agit de la promotion de l'auteur ou celle du livre, je dirais les deux mon général ! Ce blog est, ce n'est pas un mystère, un outil personnel de promotion, et c'est grâce à lui qu'Eyrolles m'a choisi pour écrire ce livre. C'est une sorte de cercle vertueux où les deux parties bénéficient de la promotion (et de la réputation) de l'autre, du moins c'est comme ça que je l'interprête. D'une manière générale, à condition d'avoir de la matière et de savoir la travailler, le blog est en soi un fantastique outil de promotion (sans oublier, avec un peu d'auto-dérision, l'ironie du blog de l'auteur du livre sur les blogs ;-)).

Blogueur d'entreprise

couverture.jpg

Mon livre, Blogueur d'entreprise, est en cours de finalisation et sortira aux Editions d'Organisation (groupe Eyrolles) le 5 janvier 2006. Au sommaire :


  • Première partie : Blog story

  • Deuxième partie : Petites expériences extraordinaires — Des communautés bloguent. Des influenceurs bloguent. Des salariés bloguent. Des dirigeants bloguent. Des professionnels du marketing et des RH bloguent. Des syndicats bloguent.

  • Troisième partie : Blogueur d’entreprise, en pratique

Ce livre aborde aussi bien le phénomène blog que l'outil blog, du point de vue des entreprises. Je l’ai écrit avec plusieurs partis pris. Le premier est qu’il n’y a pas de révolution des blogs, mais une évolution notable de la communication apportée par internet et dont les blogs sont l’un des derniers avatars. Le second est que l’outil n’est pas le message et que le blog ne fait pas le blogueur, c’est-à-dire qu’un blog ne rendra pas miraculeusement bonne une mauvaise communication. Le troisième est la conviction que les entreprises aujourd’hui ne doivent pas ignorer le phénomène des blogs, ni l’outil blog.

Quid de l’objectivité ? Ce livre est écrit par un blogueur qui est convaincu de l’intérêt des blogs pour une entreprise. Mais quelqu’un qui, dirigeant la communication en ligne d’une entreprise du CAC40 a la chance d’avoir à la fois le goût et la possibilité de pratiquer ce qu’il prêche in vivo. C’est cette expérience sur le terrain que j’espère y avoir fait passer, en évitant les raccourcis et les généralisations dont les évangélistes (et j'en suis un) ont souvent tendance à abuser. Cela n'a pas été un exercice facile que d'éviter les travers propres à l'enthousiasme des pionniers, à l'envie de briser le status quo (et d'aucuns savent que c'est l'un de mes sports favoris), au besoin de convaincre les autres de suivre la route qu'on a soi-même choisie, tout en restant pragmatique et conscient des réalités et des différences d'une entreprise à l'autre.

A posteriori, je sais que si j'avais pris une route plus facile (du genre "devenez riche et intelligent en ouvrant un blog sur MachinTruc.com" ;-)), je n'aurais certainement pas passé un an à l'écrire (et j'aurais blogué plus souvent). Que plusieurs blogueurs émérites, et peu connus pour leur complaisance, m'aient dit avoir appris des choses en relisant ce livre m'a particulièrement touché et rassuré sur le fait qu'il doit bien y avoir deux ou trois choses intéressantes, mais il appartiendra aux lecteurs d'en juger. Je suis impatient, et tout de même un peu anxieux, de voir l'accueil qui lui sera réservé.

Vous aurez peut-être remarqué que l'adresse de ce blog figure sous mon nom en couverture du livre. A l'heure actuelle, et en particulier sur un tel sujet, quel éditeur voudrait faire "le site du livre" alors que son auteur a un blog ? Je crois que cette tendance va se confirmer dans l'édition. La bonne nouvelle c'est que le "bi-media" me permettra de compléter le livre avec des fonctions très "bloguesques" (comme les commentaires) ou que le papier ne permet pas (comme cliquer sur les liens qui sont mentionnés -- c'est très web 2.0 ça, ce doit être l'un des premiers livres web 2.0 !). La mauvaise nouvelle c'est que vous allez subir un peu de promotion ici-même dans ces prochaines semaines :-P.

Ils parlent du livre

Livre d'or

Lecteur du blog de François depuis au moins un an et demi, j'ai retrouvé dans ce livre que je viens de terminer aujourd'hui les qualités de rédaction de son auteur : limpidité et bon sens. Un livre qui se lit facilement, sans concept fumeux ni langue de bois (de buzz). C'est l'expertise sans la grosse tête.
Blogueur d'Entreprise sera utile au spécialiste et au néophyte.

Par Fred le 27 mars 2006

bj,
bien votre bouquin, à croiser avec celui de Le Meur ;)
dans votre livre BE, p 232 vous écrivez : " publier gratuitement et sous trois .... LCEN " vous pourriez preciser, le contexte, dans quels cas ,... ?
merci

Par PPG le 14 mai 2006

@PPG : merci. Le passage en question est simplement le droit de réponse, que toute personne nommée ou désignée peut demander. Qu'est-ce qui n'est pas clair dans cet article de loi ?

Par François le 14 mai 2006

François > merci pour la précision, c'est clair.

Par PPG le 14 mai 2006

Livre géniale que je recommande vivement!!!!!J'ai fini de le lire donc si cela interesse quelqun je le vend!!!!prendre contact a cette adresse: a.firouz@yahoo.fr

Par vendeuse le 30 octobre 2007

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